Lundi 10 mai.
pour une série de raisons dont je n'ai guère la maîtrise, je suis amené à suspendre pour quelques jours ma chronique ; en attendant la reprise, et avant le retour du soleil de mai, à tous "Bon vent !"
lundi 10 mai 2010
dimanche 9 mai 2010
Au jour le jour/ Dimanche 9 mai/ Et moi, et moi, et moi !
Dimanche 9 mai : à Moscou on célébrait la victoire de 1945 ; ce fut le plus grand défilé militaire organisé en Russie depuis la chute de l’URSS ; les quatre pays de l’OTAN y participaient ; les médias ont diffusé à l’envi la photographie représentant Poutine, Merkel, Jintao, Medvedef ; Sarkosy annoncé s’était au dernier moment décommandé ; personne ne le représentait.
C’est qu’il avait deux bonnes raisons. Tout d’abord il tenait concurremment au sommet de Bruxelles, un sommet bis à l’Elysée, concernant la réponse européenne à la crise de l’euro ; à Bruxelles, c’étaient les ministres des finances, à l’Elysée, LE chef d’Etat. Ensuite, qui décemment sinon lui pouvait figurer sur la photo ? Fillon, Morin, Kouchner ? Vous plaisantez ! Pourquoi pas Rama Yade ?
Une troisième raison a été avancée par certains ; selon des sources bien informées, le souverain n’aurait pas eu l’autorisation de prononcer le discours que Gaino lui avait préparé, et au cours duquel il pensait exposer les idées d’Alain Minc sur l’eugénisme comme moyen d’éviter les guerres et de sauvegarder la paix.
Sur ce sujet le mystère reste entier, mais on pense qu’il se réserve d’affiner ses arguments pour le prochain G20 dont il doit assumer la présidence ; vis-à-vis de Chirac, le roi fainéant, blanchi sous le harnois, ce sera la flèche du Parthe.
C’est qu’il avait deux bonnes raisons. Tout d’abord il tenait concurremment au sommet de Bruxelles, un sommet bis à l’Elysée, concernant la réponse européenne à la crise de l’euro ; à Bruxelles, c’étaient les ministres des finances, à l’Elysée, LE chef d’Etat. Ensuite, qui décemment sinon lui pouvait figurer sur la photo ? Fillon, Morin, Kouchner ? Vous plaisantez ! Pourquoi pas Rama Yade ?
Une troisième raison a été avancée par certains ; selon des sources bien informées, le souverain n’aurait pas eu l’autorisation de prononcer le discours que Gaino lui avait préparé, et au cours duquel il pensait exposer les idées d’Alain Minc sur l’eugénisme comme moyen d’éviter les guerres et de sauvegarder la paix.
Sur ce sujet le mystère reste entier, mais on pense qu’il se réserve d’affiner ses arguments pour le prochain G20 dont il doit assumer la présidence ; vis-à-vis de Chirac, le roi fainéant, blanchi sous le harnois, ce sera la flèche du Parthe.
samedi 8 mai 2010
Au jour le jour/ Samedi 8 mai / Guerre et paix
Samedi 8 mai : pas beaucoup de flonflons pour le 65° anniversaire de la victoire en 1945 ; la presse préfère consacrer ses principaux titres à la Grèce ou au Royaume Uni, ou encore à l’Allemagne dans les efforts qu’elle consent pour aider un voisin. Bien sûr tout ça c’est l’Europe, pacifiée et exempte de bruits de sabre, mais en guerre avec elle-même dans les soubresauts dont les « marchés » perturbent la quiétude.
Le souverain quant à lui, s’est rendu en Alsace pour honorer les « malgré eux » enrôlés de force dans l’armée allemande, fustiger Pétain le traître, louer l’identité alsacienne. Chirac avait déjà condamné, en 2003, le régime de Vichy, à maintes reprises, tandis que le Général refusait de considérer la responsabilité de la France dans la collaboration ; Mitterrand avait choisi l’ambiguïté : bien sûr condamner Vichy, mais conserver des relations amicales avec Bousquet et déposer chaque année une gerbe sur la tombe du vainqueur de Verdun. Alors comment faire original ?
C’est Jospin qui lui a donné une idée ; on se souviendra que en juin 2007, le premier ministre avait réhabilité les mutins fusillés de la guerre de 14 ; c’est aux « malgré eux » de 40 que l’on s’est aujourd’hui intéressé ; ceux qui ne voulaient pas faire la guerre, ceux qui l’ont faite contre leur gré. Le sujet est trop grave pour qu’on en glose, mais cet anniversaire aurait certainement mérité, en ces temps incertains, une plus grande hauteur de vue.
Enfin, pour 2011, le thème est tout trouvé ; c’est l’ami conseiller Alain Minc qui vient de le découvrir ; dans un entretien à France info, il vient de déclarer que « les dépenses de santé des (très) vieux sont un luxe » ; l’eugénisme est de retour, les vieux au cercueil, la sécu sera sauvée ; et si on avait appliqué cette règle en 1940, Pétain qui avait déjà 84 ans n’aurait pas eu l’occasion de trahir la France. Guaino, vite un discours la dessus !
Le souverain quant à lui, s’est rendu en Alsace pour honorer les « malgré eux » enrôlés de force dans l’armée allemande, fustiger Pétain le traître, louer l’identité alsacienne. Chirac avait déjà condamné, en 2003, le régime de Vichy, à maintes reprises, tandis que le Général refusait de considérer la responsabilité de la France dans la collaboration ; Mitterrand avait choisi l’ambiguïté : bien sûr condamner Vichy, mais conserver des relations amicales avec Bousquet et déposer chaque année une gerbe sur la tombe du vainqueur de Verdun. Alors comment faire original ?
C’est Jospin qui lui a donné une idée ; on se souviendra que en juin 2007, le premier ministre avait réhabilité les mutins fusillés de la guerre de 14 ; c’est aux « malgré eux » de 40 que l’on s’est aujourd’hui intéressé ; ceux qui ne voulaient pas faire la guerre, ceux qui l’ont faite contre leur gré. Le sujet est trop grave pour qu’on en glose, mais cet anniversaire aurait certainement mérité, en ces temps incertains, une plus grande hauteur de vue.
Enfin, pour 2011, le thème est tout trouvé ; c’est l’ami conseiller Alain Minc qui vient de le découvrir ; dans un entretien à France info, il vient de déclarer que « les dépenses de santé des (très) vieux sont un luxe » ; l’eugénisme est de retour, les vieux au cercueil, la sécu sera sauvée ; et si on avait appliqué cette règle en 1940, Pétain qui avait déjà 84 ans n’aurait pas eu l’occasion de trahir la France. Guaino, vite un discours la dessus !
vendredi 7 mai 2010
Au jour le jour/ Vendredi 7mai / La France des valeurs
Vendredi 7 mai : austérité, austérité ! Ne confondons pas avec rigueur ! La rigueur c’est être rigoureux, se donner des règles et les appliquer. Il ne s’agit pas de ça ; l’austérité, c’est bien autre chose : supprimer des crédits à l’université, dans les hôpitaux ; ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux ; ne pas augmenter les impôts des plus riches …
Cette austérité, ça tombe bien ; ça nous permettra de ne pas faire comme les Grecs qui en sont réduits à supprimer les treizième et quatorzième mois et à bloquer les salaires ; chez nous on n’aura pas à interdire les doubles ou triples rémunérations des grands chefs, à rogner sur les déjà maigres salaires des députés, sénateurs, ministres, présidents de ceci et de cela, cumulards et vieux barbons ; et je ne parle pas de celui qui est au dessus de tout.
Et puis ça nous montrera le chemin de la raison ; finis le bling bling et les croisières à l’île de Malte ; on va fermer le Fouquet’s et le Zaman café ; on appliquera aux ministres la « conduite de Rachida » (suppression des voitures avec chauffeurs), et aux élus celle de Pasqua ( au trou pour concussion ) ; on chantera Mille Colombes et on fera Comme si de rien n’était.
On retrouvera les valeurs de l’humilité, chère à saint François d’Assise, et que si bien chanta Paul Verlaine : « La vie humble aux travaux ennuyeux et faciles est une œuvre de choix qui veut beaucoup d’amour ». Et le souverain, un matin en se rasant aura une idée géniale (en vérité soufflée par Carla, zélatrice du juge Di Pietro, l’homme de Mani Pulite) : on rebaptisera l’UMP ; ce sera désormais : La France des valeurs.
Cette austérité, ça tombe bien ; ça nous permettra de ne pas faire comme les Grecs qui en sont réduits à supprimer les treizième et quatorzième mois et à bloquer les salaires ; chez nous on n’aura pas à interdire les doubles ou triples rémunérations des grands chefs, à rogner sur les déjà maigres salaires des députés, sénateurs, ministres, présidents de ceci et de cela, cumulards et vieux barbons ; et je ne parle pas de celui qui est au dessus de tout.
Et puis ça nous montrera le chemin de la raison ; finis le bling bling et les croisières à l’île de Malte ; on va fermer le Fouquet’s et le Zaman café ; on appliquera aux ministres la « conduite de Rachida » (suppression des voitures avec chauffeurs), et aux élus celle de Pasqua ( au trou pour concussion ) ; on chantera Mille Colombes et on fera Comme si de rien n’était.
On retrouvera les valeurs de l’humilité, chère à saint François d’Assise, et que si bien chanta Paul Verlaine : « La vie humble aux travaux ennuyeux et faciles est une œuvre de choix qui veut beaucoup d’amour ». Et le souverain, un matin en se rasant aura une idée géniale (en vérité soufflée par Carla, zélatrice du juge Di Pietro, l’homme de Mani Pulite) : on rebaptisera l’UMP ; ce sera désormais : La France des valeurs.
jeudi 6 mai 2010
Au jour le jour/ Jeudi 6 mai / Le torchon brûle
Jeudi 6 mai : la carrière de Charles Pasqua ressemble à ces verres de Ricard dont il assurait la commercialisation avant de se lancer en politique : tout semble d’abord transparent et limpide, puis vous ajoutez de l’eau et le liquide se trouble et devient laiteux et opaque. Avec lui tout semble clair et finalement tout s’embrouille ; c’est que avec cet homme du sérail, il y a toujours anguille sous roche.
Les dernières péripéties de cet ancien premier flic de France, aujourd’hui sénateur octogénaire, ne manquent pas de saveur ; elles se troublent soudain, comme si quelqu’un s’amusait à brouiller le jeu.
Notre Pasqua donc est soupçonné d’avoir joué un peu trop avec l’argent des autres pour faciliter sa carrière politique (notons qu’il n’est pas le seul ; on parle beaucoup actuellement d’un certain Edouard et de son acolyte Nicolas) ; à ce titre il est traduit devant la Cour suprême de la République et deux ans de prison dont un ferme sont requis contre lui.
Mais les juges sont cléments, la classe politique est solidaire, et il n’écope que d’un an avec sursis. Notre homme une fois encore s’en tire pas trop mal ; mais voilà, quelqu’un a mis de l’eau dans le Ricard, et tout se trouble ; le ministère public (entendez le pouvoir souverain) vient ce soir de former un pourvoi en cassation (source, Le Monde.fr.)
Le torchon brûlerait-il entre des deux anciens ministres de l’intérieur, et qui plus est empereurs de Neuilly ? Joueraient-ils à qui mettra le plus d’huile sur le feu ? L’avenir dira qui des deux a le plus de cartes en main ; les paris sont ouverts.
Les dernières péripéties de cet ancien premier flic de France, aujourd’hui sénateur octogénaire, ne manquent pas de saveur ; elles se troublent soudain, comme si quelqu’un s’amusait à brouiller le jeu.
Notre Pasqua donc est soupçonné d’avoir joué un peu trop avec l’argent des autres pour faciliter sa carrière politique (notons qu’il n’est pas le seul ; on parle beaucoup actuellement d’un certain Edouard et de son acolyte Nicolas) ; à ce titre il est traduit devant la Cour suprême de la République et deux ans de prison dont un ferme sont requis contre lui.
Mais les juges sont cléments, la classe politique est solidaire, et il n’écope que d’un an avec sursis. Notre homme une fois encore s’en tire pas trop mal ; mais voilà, quelqu’un a mis de l’eau dans le Ricard, et tout se trouble ; le ministère public (entendez le pouvoir souverain) vient ce soir de former un pourvoi en cassation (source, Le Monde.fr.)
Le torchon brûlerait-il entre des deux anciens ministres de l’intérieur, et qui plus est empereurs de Neuilly ? Joueraient-ils à qui mettra le plus d’huile sur le feu ? L’avenir dira qui des deux a le plus de cartes en main ; les paris sont ouverts.
mercredi 5 mai 2010
Au jour le jour / Mercredi 5 mai / Souverain prestidigitateur
Mercredi 5 mai : il a tiré plusieurs lapins de son chapeau notre souverain prestidigitateur ; il réunissait aujourd’hui à l’Elysée quelque 300 inspecteurs d’académie et recteurs (tous fonctionnaires d’autorité nommés en conseil des ministres ) et il leur délivra la bonne parole : l’évangile selon saint Nicolas.
On luttera contre la violence scolaire ; pour cela on va créer des internats pour cancres (l’école pour les nuls) ; ça c’est une idée de Ségolène qui en 2007 avait annoncé des établissements « militarisés » pour les élèves rebelles ; et puis dans les zones sensibles, les professeurs seront choisis par les chefs d’établissement ; ça c’est le modèle anglo-saxon ; bien sûr on supprimera les allocs, etc., etc.
On souhaite du courage à Luc de l’Oréal , surtout pour la nomination des enseignants ; car pour les choisir, il faut qu’il y ait des candidats ; or actuellement on y nomme des néo-certifiés, qui y font leurs « classes » et qui déguerpissent au bout de deux ans ; les profs « chevronnés » comme on dit demandent plutôt des lycées tranquilles, au soleil si possible. A moins que de la besace il ne tire aussi d’importants stimulants matériels.
Il faut reconnaître que ça, il sait faire, du moins promettre ; l’affaire des sous-marins pakistanais, avec leur lot de commissions et rétro commissions, impliquée dans l’attentat de Karachi, et soupçonnée d’avoir contribué à financer la campagne d’Edouard dont il était le mentor, nous le rappelle.
Comment, me dira-t-on, as-tu oublié que à Bruxelles, le 19 juin 2009, le souverain lui-même démentit formellement qu’il y eût commissions et a fortiori rétro commissions ? D’ailleurs « tout se sait dans un monde où le secret d’Etat n’existe pas » affirma-t-il. Le problème c’est que aujourd’hui on commence à en savoir un peu plus. Pasqua aurait-il mouchardé ?
Enfin, pour en revenir à nos chers cancres, on voit que c’est toujours utile de faire des annonces qui ne manqueront pas de soulever un tollé ; quand il y a le feu à la maison, rien de tel qu’un écran de fumée pour cacher l’incendie.
On luttera contre la violence scolaire ; pour cela on va créer des internats pour cancres (l’école pour les nuls) ; ça c’est une idée de Ségolène qui en 2007 avait annoncé des établissements « militarisés » pour les élèves rebelles ; et puis dans les zones sensibles, les professeurs seront choisis par les chefs d’établissement ; ça c’est le modèle anglo-saxon ; bien sûr on supprimera les allocs, etc., etc.
On souhaite du courage à Luc de l’Oréal , surtout pour la nomination des enseignants ; car pour les choisir, il faut qu’il y ait des candidats ; or actuellement on y nomme des néo-certifiés, qui y font leurs « classes » et qui déguerpissent au bout de deux ans ; les profs « chevronnés » comme on dit demandent plutôt des lycées tranquilles, au soleil si possible. A moins que de la besace il ne tire aussi d’importants stimulants matériels.
Il faut reconnaître que ça, il sait faire, du moins promettre ; l’affaire des sous-marins pakistanais, avec leur lot de commissions et rétro commissions, impliquée dans l’attentat de Karachi, et soupçonnée d’avoir contribué à financer la campagne d’Edouard dont il était le mentor, nous le rappelle.
Comment, me dira-t-on, as-tu oublié que à Bruxelles, le 19 juin 2009, le souverain lui-même démentit formellement qu’il y eût commissions et a fortiori rétro commissions ? D’ailleurs « tout se sait dans un monde où le secret d’Etat n’existe pas » affirma-t-il. Le problème c’est que aujourd’hui on commence à en savoir un peu plus. Pasqua aurait-il mouchardé ?
Enfin, pour en revenir à nos chers cancres, on voit que c’est toujours utile de faire des annonces qui ne manqueront pas de soulever un tollé ; quand il y a le feu à la maison, rien de tel qu’un écran de fumée pour cacher l’incendie.
mardi 4 mai 2010
Au jour le jour/ Mardi 4 mai / Le malheur des uns ...
Mardi 4 mai : comment Angela qui, voici peu, envisageait de punir la Grèce et la menaçait d’exclusion de la zone €, voire de l’Europe, s’est-elle convertie à porter aux Hellènes l’aide la plus importante consentie par les pays européens ? Le débat qui s’est déroulé à l’Assemblée nationale est sur ce sujet particulièrement éclairant (source : Le Monde, 5 mai) ; pour aider la Grèce, les pays prêteurs empruntent eux-mêmes, à 1% ; mais ils consentent ce prêt à 5% ; gain net : 4% ; pour l’ensemble des pays prêteurs le gain sera de 700 millions d’€, dont 240 pour l’Allemagne et 160 pour la France. Le malheur des uns ...
Les craintes manifestées hier, que le contribuable paie les erreurs et le laxisme du voisin ne sont donc guère fondées, non plus que les discours pétris de morale solidaire et de générosité où se complait le souverain ; car demain le Grèce va non seulement devoir rétablir ses finances mais honorer sa dette et les intérêts afférents, et aussi affronter une très probable augmentation du chômage, car on ne supprime pas des milliers d’emplois en maintenant l’emploi.
L’euroscepticisme qui gagne peut être alimenté par de nouvelles « faillites » ; l’Espagne vient de demander l’aide du FMI, et souvenons-nous que François Fillon nous disait qu’il prenait en charge un pays en faillite ; mais hier comme aujourd’hui ce sujet est tabou.
Jacques Attali hier, à Complément d’enquête, prédisait que les trois prochains présidents de la République auraient pieds et points liés par la dette.
La « leçon de la Grèce », ce n’est pas seulement une cure d’austérité comme le dit Christine Lagarde, c’est un appel à un sursaut national dont la condition fondamentale est une mise à plat des inégalités ; ce à quoi le souverain se refuse. Après lui le déluge ?
lundi 3 mai 2010
Au jour le jour/ Lundi 3 mai / Le retour
Ce n’est pas très facile de retourner sur terre ; non que l’Italie ait eu comme un avant goût du paradis, non que l’insouciance connaturelle de toute atmosphère de vacances ait rangé au grenier les soucis de la vie quotidienne ; mais nous avions décidé de vivre une semaine sans internet, sans télévision, sans radio, sans journaux, juste un téléphone pour rester en contact, si nécessaire avec la famille.
Certes, les échanges que nous eûmes avec les amis milanais n’ont pas évité les sujets émergents : les impôts sur les classes moyennes plus élevés que chez nous, l’économie souterraine entre les mains de la mafia, les retraites moins bien assurées ; et cependant un peuple qui semble vivre pas trop mal, peut-être mieux que nous (grâce à des cellules familiales toujours très vives) ; des services commerciaux qui proposent toute sorte de produits en abondance et ce avec une hygiène et une propreté ignorée dans l’hexagone (il est vrai que nous sommes dans le Nord et près de la Suisse), mais de toute façon les Français ont la réputation d’être sales, et surtout, en Italie comme partout dans le monde, arrogants, méprisants et prétentieux.
Alors soudain, on traverse le tunnel du Fréjus (au tarif exorbitant de 35 € !),et hop, on retrouve la France, doux pays de notre enfance. Qu’y trouve-t-on ? Le scandale des bleus qui se payent comme cadeau d’anniversaire une cover girl siliconée (quel manque de goût ) à plus de mille € (un mois de SMIC) la passe ; la faillite de la Grèce, et le souverain qui vole à son secours après avoir convaincu Angela que c’était quand même une bonne affaire de renflouer le gouvernement hellène en lui prêtant à 5% de l’argent emprunté à 2% ; et la marée noire de la Louisiane qui nous indique de façon tragique comment avec le pétrole on joue avec le feu ; et l’aveuglement de l’un et aussi des autres sur le dossier des retraites …
On aurait bien besoin qu’un nouveau Turc débarquât en France, pour y dépeindre, comme le fit La Bruyère, les mœurs et caractères de notre temps.
Certes, les échanges que nous eûmes avec les amis milanais n’ont pas évité les sujets émergents : les impôts sur les classes moyennes plus élevés que chez nous, l’économie souterraine entre les mains de la mafia, les retraites moins bien assurées ; et cependant un peuple qui semble vivre pas trop mal, peut-être mieux que nous (grâce à des cellules familiales toujours très vives) ; des services commerciaux qui proposent toute sorte de produits en abondance et ce avec une hygiène et une propreté ignorée dans l’hexagone (il est vrai que nous sommes dans le Nord et près de la Suisse), mais de toute façon les Français ont la réputation d’être sales, et surtout, en Italie comme partout dans le monde, arrogants, méprisants et prétentieux.
Alors soudain, on traverse le tunnel du Fréjus (au tarif exorbitant de 35 € !),et hop, on retrouve la France, doux pays de notre enfance. Qu’y trouve-t-on ? Le scandale des bleus qui se payent comme cadeau d’anniversaire une cover girl siliconée (quel manque de goût ) à plus de mille € (un mois de SMIC) la passe ; la faillite de la Grèce, et le souverain qui vole à son secours après avoir convaincu Angela que c’était quand même une bonne affaire de renflouer le gouvernement hellène en lui prêtant à 5% de l’argent emprunté à 2% ; et la marée noire de la Louisiane qui nous indique de façon tragique comment avec le pétrole on joue avec le feu ; et l’aveuglement de l’un et aussi des autres sur le dossier des retraites …
On aurait bien besoin qu’un nouveau Turc débarquât en France, pour y dépeindre, comme le fit La Bruyère, les mœurs et caractères de notre temps.
dimanche 2 mai 2010
Dimanche 2 mai /Chronique vénitienne / Images
samedi 1 mai 2010
Samedi 1er mai / Chronique vénitienne / 3 - De Venise à Gargnano
Le lac de Garde, le Benacus des latins, entre Venise et Milan, entre Vérone et Brescia, ce fut pour nous l’étape lacustre naturelle entre le monde lagunaire de la Cité des Doges et le monde fluvial de la vallée du Pô ; un retour aussi, un revenir ; à Sirmione d’abord, chantée par Catulle qui avait choisi d’y installer sa résidence secondaire : « Sirmio, peninsularum insularumque ocellae » ( Sirmione perle des îles et des presqu’îles), aujourd’hui teutoniquement envahie, les grosses cylindrées d’abord, les accents germaniques ensuite, mais vite, pour les happy few, rendue à elle-même avec ses créneaux guelfes et gibelins témoins des luttes médiéviales pour s’emparer de ce joyau, ses familles paisibles de canards (le père, la mère, la cohorte de canetons) et cette atmosphère si particulière où le lac vient jouer avec les montagnes dans le bleuté de la « foschia » (la légère brume) printanière.
De Sirmione à Gargnano, sur la rive « bresciana » ( de Brescia), on traverse d’abord Salo’, siège, en octobre 1943, du gouvernement mussolinien fantoche, dit de la « Repubblica di Salo’ », puis Gardone Riviera, où Gabriele d’Annunzio avait édifié sa monumentale demeure qu’il avait lui-même baptisée « Il Vittoriale », et où a été transportée l’entière carène de la Nave Puglia, bateau sur lequel il s’empara de Fiume en septembre 1919, et où l’on peut voir aussi l’avion qu’il pilotait lors de cette folle, épique et héroïque entreprise des "terre irredente".
Enfin, passé Maderno, on entre dans Gargnano, apparemment plus modeste car la route en cet endroit s’écarte du rivage, mais bijou composé de trois perles inégalables, celle de Gargnano, celle de Villa et celle de Bogliaco ; trois petits ports sur le lac, où les barques de pêche côtoient les monocoques de plaisance, où la population locale jadis comme aujourd’hui composée de pêcheurs et de « citronniers », vit maintenant au rythme des saisons touristiques.
Gargnano est un village aussi chargé d’histoire ; il y a peu de temps encore on pouvait déguster une grappa au bar Lo Zuavo, dont le nom évoque l’épopée napoléonnienne que ponctuent aussi sur la carte les noms évocateurs de Rivoli et de Solferino ; plus tard Gargnano fut le siège réel du gouvernement de la Repubblica di Salo’ ; Mussolini y avait son bureau personnel dans le Palazzo Feltrinelli (aujourd’hui siège d’une succursale de l’Université de Milan) et sa résidence dans la somptueuse Villa Feltrinelli depuis peu réaménagée en hôtel de luxe.
En longeant le lac, vers le sud, sur une passerelle piétonne, on arrive à Bogliaco ; on passe devant le Palazzo Bettoni Cazzago, merveille de l’architecture baroque, dont les jardins ponctués de nymphées, d’esplanades et d’escaliers à double révolution, abritaient les 24 et 25 avril la X édition de la Mostra di piante e fiori degli antichi giardini del lago di Garda.
Ce fut un moment enchanteur de flânerie, parmi les couleurs, les parfums, les harmonies de l’orchestre abrité dans la grotte du parc ; de là nous rejoignîmes notre restaurant, sur sa terrasse dominant le lac ; là certes on se rend pour se restaurer, mais les saveurs qu’on y découvre sont autant celles d’une nourriture italienne typique, que celles du paysage de montagnes encore enneigées, des fleurs, des voiliers de l’école de voile de Bogliaco ; celle du bonheur de s’y retrouver, elle et moi, moi et elle ; et de nous y être promis de nouveaux rendez-vous.
De Sirmione à Gargnano, sur la rive « bresciana » ( de Brescia), on traverse d’abord Salo’, siège, en octobre 1943, du gouvernement mussolinien fantoche, dit de la « Repubblica di Salo’ », puis Gardone Riviera, où Gabriele d’Annunzio avait édifié sa monumentale demeure qu’il avait lui-même baptisée « Il Vittoriale », et où a été transportée l’entière carène de la Nave Puglia, bateau sur lequel il s’empara de Fiume en septembre 1919, et où l’on peut voir aussi l’avion qu’il pilotait lors de cette folle, épique et héroïque entreprise des "terre irredente".
Enfin, passé Maderno, on entre dans Gargnano, apparemment plus modeste car la route en cet endroit s’écarte du rivage, mais bijou composé de trois perles inégalables, celle de Gargnano, celle de Villa et celle de Bogliaco ; trois petits ports sur le lac, où les barques de pêche côtoient les monocoques de plaisance, où la population locale jadis comme aujourd’hui composée de pêcheurs et de « citronniers », vit maintenant au rythme des saisons touristiques.
Gargnano est un village aussi chargé d’histoire ; il y a peu de temps encore on pouvait déguster une grappa au bar Lo Zuavo, dont le nom évoque l’épopée napoléonnienne que ponctuent aussi sur la carte les noms évocateurs de Rivoli et de Solferino ; plus tard Gargnano fut le siège réel du gouvernement de la Repubblica di Salo’ ; Mussolini y avait son bureau personnel dans le Palazzo Feltrinelli (aujourd’hui siège d’une succursale de l’Université de Milan) et sa résidence dans la somptueuse Villa Feltrinelli depuis peu réaménagée en hôtel de luxe.
En longeant le lac, vers le sud, sur une passerelle piétonne, on arrive à Bogliaco ; on passe devant le Palazzo Bettoni Cazzago, merveille de l’architecture baroque, dont les jardins ponctués de nymphées, d’esplanades et d’escaliers à double révolution, abritaient les 24 et 25 avril la X édition de la Mostra di piante e fiori degli antichi giardini del lago di Garda.
Ce fut un moment enchanteur de flânerie, parmi les couleurs, les parfums, les harmonies de l’orchestre abrité dans la grotte du parc ; de là nous rejoignîmes notre restaurant, sur sa terrasse dominant le lac ; là certes on se rend pour se restaurer, mais les saveurs qu’on y découvre sont autant celles d’une nourriture italienne typique, que celles du paysage de montagnes encore enneigées, des fleurs, des voiliers de l’école de voile de Bogliaco ; celle du bonheur de s’y retrouver, elle et moi, moi et elle ; et de nous y être promis de nouveaux rendez-vous.
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