mardi 4 mai 2010

Au jour le jour/ Mardi 4 mai / Le malheur des uns ...

Mardi 4 mai : comment Angela qui, voici peu, envisageait de punir la Grèce et la menaçait d’exclusion de la zone €, voire de l’Europe, s’est-elle convertie à porter aux Hellènes l’aide la plus importante consentie par les pays européens ? Le débat qui s’est déroulé à l’Assemblée nationale est sur ce sujet particulièrement éclairant (source : Le Monde, 5 mai) ; pour aider la Grèce, les pays prêteurs empruntent eux-mêmes, à 1% ; mais ils consentent ce prêt à 5% ; gain net : 4% ; pour l’ensemble des pays prêteurs le gain sera de 700 millions d’€, dont 240 pour l’Allemagne et 160 pour la France. Le malheur des uns ...

Les craintes manifestées hier, que le contribuable paie les erreurs et le laxisme du voisin ne sont donc guère fondées, non plus que les discours pétris de morale solidaire et de générosité où se complait le souverain ; car demain le Grèce va non seulement devoir rétablir ses finances mais honorer sa dette et les intérêts afférents, et aussi affronter une très probable augmentation du chômage, car on ne supprime pas des milliers d’emplois en maintenant l’emploi.

L’euroscepticisme qui gagne peut être alimenté par de nouvelles « faillites » ; l’Espagne vient de demander l’aide du FMI, et souvenons-nous que François Fillon nous disait qu’il prenait en charge un pays en faillite ; mais hier comme aujourd’hui ce sujet est tabou.

Jacques Attali hier, à Complément d’enquête, prédisait que les trois prochains présidents de la République auraient pieds et points liés par la dette.

La « leçon de la Grèce », ce n’est pas seulement une cure d’austérité comme le dit Christine Lagarde, c’est un appel à un sursaut national dont la condition fondamentale est une mise à plat des inégalités ; ce à quoi le souverain se refuse. Après lui le déluge ?

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