mercredi 31 mars 2010

Au jour le jour/ Mercredi 31 mars / Le style c'est l'homme

Mercredi 31 mars : « le style c’est l’homme » et là tout est dans le geste ; le geste est ample, tour à tour menaçant, familier, didactique, étonné, compatissant, mais toujours immodeste et souverain ; ici on félicite Obama pour l’assurance santé aux States, non sans faire remarquer que nous, on l’a fait il y a 50 ans (en réalité c’est plus de 60, mais passons, on le mettra au compte, malgré tout d’un zeste de modestie) ; certes on ne montre plus ses Rolex, mais on passe la main dans le dos de l’ami Barak et on se fait complaisamment filmer, Carla caressant le dos de Chouchou ; puis on condamne vivement les attentats en Russie (les islamistes kamikazes caucasiens seront bien avisés désormais de faire profil bas ; merci Sarko, dira Poutine) ; on tance XD, XB, Chantal et Rachida ; l’essentiel, geste à l’appui, est d’occuper le devant de la scène.

Rachida, ai-je dit ? Mais oui, il vient de la punir ; elle aurait tenu des propos déplaisants au premier soir des régionales ; alors au premier tour de manivelle la machine à rancœur a démarré : on lui a aussitôt supprimé la 607 de fonction dont elle disposait avec chauffeur et quatre gardes du corps ; il faut dire qu’elle bénéficiait d’un régime de faveur, ces avantages sont accordés pendant 6 mois aux ministres déchus et 6 mois ça fait fin décembre 2009 ; la pauvre elle va devoir se contenter de la Laguna que mettra à sa disposition la mairie du VII°. (Sources : Le Canard, Libé, Europe 1)

Car dans le geste souverain, le moteur premier est le caprice ; le plus souvent il se fait retoquer, par le Conseil constitutionnel, le Conseil d’Etat, ou même par les siens ; comme pour la taxe carbone, la burqa, les heures sup, le bouclier fiscal, ou même semble-t-il la suppression du juge d’instruction…

Peu importe, seul compte l’avenir, car c’est là que réside le destin de la France ; je vous le promets et je m’y engage, l’avenir est devant nous. Mais, en politique, les promesses, on le sait, n’engagent que ceux qui les gobent.

mardi 30 mars 2010

Au jour le jour/ Mardi 30 mars / Une épine sur la chaise

Mardi 30 mars : en politique les amis d’hier (y compris ceux de trente ans) peuvent aujourd’hui devenir vos ennemis ; lorsque c’est le cas, il vaut mieux se souvenir de cet axiome de Machiavel : « Si tu as un ennemi, tu peux lui couper la tête, ne mets surtout pas une épine sur sa chaise » ; le principe des chaises musicales en est une application ; le souverain semblait l’avoir bien compris en offrant à XD, ancien premier-ministrable, limogé sans égards et mis au chômage, des postes de prestige.

Mais il n’a pas été assez vigilant, et le stylet est venu armer une autre main, celle d’un autre Xavier, XB, humilié après la défaite. Anodinement il a craché son venin devant les députés UMP : le candidat pour 2012 devra être désigné par les militants ; des primaires à droite, pas de « candidat naturel » donc. (Source : Europe 1) Surtout lorsque celui qui y pense est si bas dans les sondages.

Alors, on a vu ceux qui veulent apparaître comme les fidèles des fidèles (on ne sait jamais si le souverain abdiquait …), c’est Copé qui aussitôt crie « Absurde » ; il y a ceux qui revendiquent la paternité de cette bonne idée, c’est Juppé : « Je suis très heureux que Copé ait repris mon idée » (Source : France info) ; il y a ceux qui font comme l’anguille sous roche, et Fillon le premier.

Dès lors tout change ; s’il n’y a plus de candidat naturel, on peut improviser et jeter aux orties les dogmes qui ont précipité la majorité dans les abîmes du désespoir : la fiscalité inégalitaire, le goût ostentatoire du bling-bling. Déjà des voix s’élèvent pour critiquer le bouclier fiscal (« Il n’est pas normal qu’en période difficile, les riches soient exemptés de l’effort solidaire. » ; et on vient de voir Joyandet qui s’était offert le luxe d’un jet privé à plus de 116.000 € pour aller en Haïti, faire amende honorable et dire qu’il ne recommencerait plus

Dès lors, que restera-t-il du sarkosysme, si on découvre les vertus de l’égalité, de la solidarité et celles de la modestie ? Si, la gesticulation ; mais la chanson de geste pourrait bien se terminer à Roncevaux.

lundi 29 mars 2010

Au jour le jour/ Lundi 29 mars / De la décadence à la déchéance

Lundi 29 mars : c’est la dégringolade, le souverain a atteint, selon un sondage paru aujourd’hui (Source : Le Point.fr) son taux le plus bas d’opinions favorables : 32 % soutiennent la conduite politique du Chef de l’Etat (7 points de moins qu’en février), 65 % émettent un avis négatif. Aussi bien certains estiment qu’une dissolution de l’Assemblée nationale s’impose ; si, en effet, les régionales ont une portée nationale, alors autant le confirmer (ou l’infirmer) par des législatives.

On a pu croire un moment que la majorité elle-même pouvait aller dans ce sens ; et c’est Copé qui en donna le signal avec son idée d’un « nouveau pacte majoritaire ». Raffarin embraya en réclamant un « débat de confiance ». On sait que cela déplut fortement et XB, qui avait vu sa gloire bien ternie, en profita pour jouer le bon élève et dégaina le premier : « Je ne sais pas ce que ça veut dire » ; Boutefeux, le fidèle, rappela que le véritable pacte est celui de 2007 ; et Besson, l’infidèle, tint le même discours. Alors Copé avala son chapeau et sortit la phrase d’apaisement : « Tous ensemble derrière Sarkosy ! »

Le Premier ministre quant à lui réunissait aujourd’hui les parlementaires à la Maison de la chimie pour haranguer les troupes, lesquelles vont être (re)prises en main mercredi par le souverain à son retour des States.

C’est qu’ils ont tous peur ; ils ont peur depuis ce lundi de mars où ils se sont réveillés hébétés par la défaite, attendue certes, mais maintenant réelle, ils ont peur de perdre. Tous ? Non ; certains, les Juppé, les Villepin, s’en frottent sournoisement les mains ; et on ne serait pas étonné que Copé lui-même … Car de la décadence à la déchéance, il n’y a pas, au milieu, la mer.

dimanche 28 mars 2010

Au jour le jour/ Dimanche 28 mars / "Faut que ce soit bandant"

Dimanche 28 mars : les régionales n’en finissent pas de faire des victimes collatérales ; certes le souverain a soufflé dans les bronches de ses troupiers et le fringant Copé, qui naguère ne dissimulait pas ses critiques, vient de déclarer sur Europe 1 : « Je suis à fond aux côtés de Nicolas Sarkosy pour sa réélection en 2012 », mais ça se fendille ailleurs ; et il n’y a pas que Villepin, un autre ex premier ministre, le maire de Bordeaux, vient de se positionner lui aussi pour 2012 : « Je n’exclus pas de me présenter à des primaires en vue des élections de 2012 » (Source BFMTV) . Mais enfin, là, tout ça était prévisible.

Prévisible aussi l’agonie du MODEM : défections, Bayrou contesté de l’intérieur, une tentative de raccommodage à huis clos qui ne réunit dans une annexe de l’Assemblée nationale, que la moitié des conseillers convoqués, leader devenu inaudible comme s’il se contentait de murmurer à l’oreille de ses chevaux ; bref, comme disait Raffarin, le pente est raide, sauf que là, elle ne monte pas, elle descend.

Mais là où on s’y attendait le moins, c’est chez les écolos. Une fois encore c’est Dany le rouge qui a mis le feu aux poudres ; il s’y entend en révolution ; et voici qu’il lance, après celui de 68, un nouvel appel du 22 mars, pour un mouvement de « coopération politique ». Les caciques y ont vu rouge, et Noël Mamère affirme aussitôt que « les verts ne sont pas biodégradables » ; Cécile, la nouvelle Jeanne d’Arc, qui se voyait déjà chasser Sarkosy de son trône, n’est pas du tout d’accord ; elle qui avait affirmé dans son vert langage, que « puisque nous sommes des féministes, faut que ce soit bandant », considère, sur I-Télé, que ce projet coopératif est plutôt mou et décadent.

Il faut dire que les verts restent les meilleurs spécialistes de la dissonance, ce qu’avait pressenti notre héraut franco-allemand de mai 68 ; on prétend d’ailleurs que, en a parte, reprenant son accent teuton, il aurait marmonné : « Ceux-là, ça commence à bien vaire… ».

samedi 27 mars 2010

Au jour le jour / Samedi 27 mars / Tolérance Zéro

Samedi 27 mars : janvier 1991, en pleine guerre du Golfe, Jean-Pierre Chevènement : « Un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne » ; il ne l’a pas fermée, il a démissionné. Avril 2009, Nadine Morano la vertueuse à Rama Yade l’effrontée : « Quand on est ministre on se tait ou on s’en va . » ; elle s’est tue et elle est restée. Mars 2010, Chantal Jouanno est « désespérée » et le clame, à la suite de l’abandon de la taxe carbone ; elle reste avec son désespoir et met un mouchoir par dessus ; le souverain lui fait remarquer publiquement qu’une ministre n’a pas à être désespérée mais à faire son boulot, elle le fera. Jean-Louis Borloo, lui, ne dit rien, il est fidèle à son poste de deuxième du gouvernement. Rocard et Juppé s’indignent, mais eux on s’en fout ; on les avait convoqués pour amuser la galerie ; alors …

Jean-Jacques Matelly, chef d’escadron de gendarmerie et chercheur associé au CNRS, dans une interview à MétroFrance dit son désaccord au sujet du rapprochement Police (dépendant du ministère de l’intérieur) et Gendarmerie (dépendant des armées) ; il fait l’objet, par décret du Président de la République, d’une mesure de suspension, pour « manquement au devoir de réserve » ; il se retrouve donc subitement sans emploi ni salaire. (Source : Le Post)

Les états d’âme, les opinions personnelles, ça commence à bien faire ; qu’une ministre dise son désaccord avec le souverain, passe encore ; mais un chef d’escadron, en désaccord avec Boutefeux, alors là, « Tolérance Zéro ! » ; le souverain vient d’ailleurs opportunément de le rappeler.

vendredi 26 mars 2010

Au jour le jour/Vendredi 26 mars / Retraite des riches ; retraites des pauvres

Vendredi 26 mars : c’est promis, un texte sur les retraites sera adopté avant six mois ; godillots, garde à vous, vous voterez ! Espérons que ce ne sera pas comme la taxe carbone pour laquelle on avait remué ciel et terre et qui avait été présentée comme une réforme aussi importante que l’abolition de la peine de mort.

Surtout que déjà François Chérèque rue dans les brancards ; il ne signerait pas le rapport du Conseil d’orientation des retraites sous la raison que l’un des scénarios proposés se fonde sur la retraite à 70 ans, quel que soit le nombre d’annuités de cotisation. Ce n’est qu’un cas de figure théorique lui répond-on ; et lui, il rétorque que ce scénario aurait été « suggéré » par l’Elysée pour faire peur et faire passer le scénario à 65 ans. Donc ça commence mal.

Tout cependant ne va pas mal pour tout le monde et il y en a qui n’ont pas à se faire de soucis. Tenez, Antoine Zaccharias, ex PDG de Vinci, il s’est débrouillé pour toucher plusieurs dizaines de millions d’€ avant son départ en 2006. D’accord, on l’a soupçonné et accusé d’abus de biens sociaux ; à ce titre il risquait une amende de 375.000 € ; ah, non ! Pas question ! Vous vous rendez compte, la somme que c’est ! Si bien que le tribunal correctionnel de Nanterre vient de le relaxer ; ouf ! Il a eu chaud. (Source Le Monde.fr)

Moi ça me donne une idée pour les retraites ; avec toutes ces dizaines de millions dont on voit qu’ici et là ils sont généreusement distribués (et il ne faut que 100 personnes à 10 millions pour faire un milliard) il y a de quoi largement renflouer les caisses de retraites. Comme ça les riches paieraient les retraites des pauvres, sans pour autant devenir pauvres, et tout le monde y gagnerait, les uns le paradis sur terre et les autres au ciel. Pourquoi diable le souverain n’y a-t-il pas pensé ?

jeudi 25 mars 2010

Au jour le jour/ Jeudi 25 mars / Les chants désespérés ...

Jeudi 25 mars : XD, le pauvre, condamné à prendre sa retraite, alors qu’il n’a que 63 ans ; ses retraites faudrait-il dire : retraite d’inspecteur général de l’éducation nationale, retraite d’élu local, retraite de député, retraite de ministre ; ça fait combien tout ça ? ¨Pas assez dit l’ex" ; et puis, mes secrétaires, mes voitures de fonction, la considération qu’on me porte, les invitations et les cadeaux, et tout le toutim, comment m’en passer ?

Alors la plainte d’XD est montée jusqu’au souverain ; preuve que Carla parle encore à son oreille ; on lui a proposé le poste d’ambassadeur à Rome. Ambassadeur ? On pense à cette réplique de Figaro dans Le mariage : « Il fallait un calculateur, ce fut un danseur qui l’obtint ». Et bien non, notre périgourdin fait la fine bouche ; après la rue de Grenelle, c’est Versailles qu’il lui faut ; et le plus époustouflant c’est qu’on la lui donne, cette prestigieuse et glorieuse présidence du Château de Versailles, où il pourra, somptueusement logé, recevoir les grands de ce monde, comme Kadhafi par exemple.

C’est que quand la soupe est bonne on a envie de s’en resservir ; tenez par exemple, Chantal la championne, hier elle se disait désespérée à cause du virage en épingle à cheveu sur la taxe carbone, et bien aujourd’hui, bouche cousue, elle ne s’en va plus, elle reste ; le souverain a dû lui redonner l’espérance ; quant à Borloo, lui, motus, il ne pipe pas mot ; le meilleur c’est Fillon, il avale toutes les couleuvres et affirme souverainement devant le Sénat que c’est très bon.

Ah, qu’il est bon le désespoir, celui que l’on chante dans les ministères ; ce désespoir qui inspira à Musset ces vers immortels : « Les chants désespérés sont les chants les plus beaux, j’en connais d’immortels qui sont de purs sanglots » ; et cependant qu’en haut on se console, le désespoir, le vrai, s’installe dans les chaumières.

mercredi 24 mars 2010

Au jour le jour/ Mercredi 24 mars / "Je vous ai compris"

Mercredi 24 mars : vous avez voté à gauche, vous avez fait le pari écolo, vous avez entendu des voix dans la « majorité » dénoncer le pouvoir absolu, l’injustice fiscale, le déni de partage des pouvoirs ; vous avez gagné les élections très largement ; les Fillon, Copé et Bertrand ont reconnu votre victoire, le souverain aussi ; vous avez donc cru que l’Elysée vous aurait écoutés ; vous aviez raison : le souverain vient de faire une déclaration solennelle, à l’issue du Conseil des ministres, il tire la leçon de ces élections, locales, certes, mais dit-il, significatives au plan national.

D’accord, il n’a pas fait la même lecture que vous et moi, de ce scrutin ; et son analyse n’est pas fausse, loin de là, à première vue du moins : s’il a perdu les élections, c’est que les électeurs de droite l’ont boudé parce qu’il avait viré à gauche : ouverture, RSA, environnement, Europe … Alors, retour aux fondamentaux : Europe, oui mais d’abord la nation ; environnement, oui mais pas avant les autres ; RSA, ça suffit, exeat Martin ; ouverture, toujours, mais vers la droite.

Le plus fort c’est que les godillots se mettent aussitôt au garde à vous, après avoir fait mine d’une salutaire bronca ; et Fillon, qui avait reçu de vifs applaudissements, et dont la côte éclipse celle de son maître, est prié de ne pas faire entendre sa voix, « Il n’y a que moi qui parle ! » ; selon LeFigaro.fr, il aurait été interdit de se rendre au RV pris ce soir à TF1 ; après tout Peillon avait déjà fait le coup à Arlette, il y a donc un précédent et la gauche n’aura rien à redire.

Mauvaise humeur donc ; levé du mauvais pied ; mais la colère est mauvaise conseillère. Les abstentionnistes n’ont voté ni droite ni gauche et à trop mépriser ceux qui ont exprimé leurs suffrages, il fait en réalité le jeu de ses adversaires. La gauche disait-il avait besoin d’un DRH (lui) ; la droite aujourd’hui a besoin d’un vrai pilote : pastor et nauta disaient les latins.

mardi 23 mars 2010

Au jour le jour/ Mardi 24 mars / Fragments d'un discours amoureux (Roland Barthes)

Mardi 23 mars : silence ! On détricote ; et croyez-moi, ça tourne. Les cendres de l’ancien credo encore chaudes, on déconstruit sans plus attendre ; exit la taxe carbone et la réforme de feu XD sur l’organisation de la semaine à l’école primaire, retoquée par Luc de l’Oréal. On attend la suite.

Pour l’école, l’ancien champion n’est plus au gouvernement, donc, comme les absents ont toujours tort, aucune voix n’exprimera la discorde : ce n’est pas toutefois le même scénario pour la taxe carbone, qui avait, à son de trompe, mobilisé deux anciens premiers ministres. D’abord la championne de karaté, pour l’instant reste auprès du souverain ; elle a cependant dit son dépit, et que de cette décision elle n’était pas solidaire (Tiens, tiens, Carla aurait-elle repris le dessus ? Ou bien : « Tu vires Darcos ? OK ! Mais alors, Chantal, fuori dei piedi ! Dehors !)

Car on ne va pas nous faire accroire tous les arguments mis en avant : qu’il faut, après la victoire de la gauche, donner des gages à la droite ; qu’il faut attendre une harmonisation européenne ; qu’il faut écouter le peuple. Après s’être préoccupé de tout cela comme d’une guigne, comment penser que ce sont là les motivations du souverain ?

Sur la taxe carbone, il faut cependant reconnaître qu’il nous y avait déjà préparés ; « ça commence à bien faire ! » avait-il dit au sujet de l’environnement, lors de sa visite au salon de l’agriculture. Le désamour d’avec le développement durable avait donc dès alors instillé son venin.

En réalité la politique qu’il conduit, c’est au saut du lit qu’elle se définit ; chaque matin il a une idée ; car la nuit, et l’oreiller, toujours portent conseil ; et la politique n’est qu’un « fragment d’un discours amoureux ». De l’amour du peuple, of course.

lundi 22 mars 2010

Au jour le jour/ Lundi 22 mars / Politique politicienne

Lundi 22 mars : le cow boy solitaire a encore une fois tiré plus vite que son ombre ; il fallait tenir compte du vote des Français ? Dès aujourdhui c’est fait : XD, naguère protégé de Carla ? Viré ! (Tiens, Carla aurait-elle perdu de son influence sur le souverain ?) ; Chirac est au Zenith dans les sondages, et rit sans (oui, sans) sa barbe ? On fait entrer un chiraquien ; Villepin veut créer son mouvement , Hop, un villepiniste au gouvernement ; l’ouverture à gauche, « ça commence à bien faire » ? ; et voilà un centriste qui entre. Et le tout, tout de suite ; car il écoute les Français notre souverain.

C’est pas comme les autres qui font de la politique politicienne ; la politique on le sait c’est l’art de gérer la société ( polis, en grec = la ville) ; relève du politicien ce qui concerne non pas la ville, mais les hommes qui en font commerce. Lui, ce qui l’intéresse c’est la vie des Français, et non pas celle de ceux qui n’ont qu’un souci, aller à la soupe.

Alors qu’ils fassent grève demain autant qu’il leur plaira, moi je travaille, je réforme, je légifère ( on délégifèrera en 2011) ; les hommes du gouvernement ? C’est quoi ça ? Sur mon échiquier une pièce est une pièce et c'est moi qui les tiens.

dimanche 21 mars 2010

Au jour le jour/ Dimanche 21 mars / Tout est relatif

Dimanche 21 mars : c’est vrai en politique comme ailleurs, tout est relatif, la victoire de la gauche comme la défaite de la droite ; mais relatif ne veut pas dire insignifiant. Si l’on accorde quelque crédit à l’expression électorale, et si l’on veut bien considérer que les suffrages exprimés comptent plus que les abstentions, alors il faut bien reconnaître que ce soir il y a un gagnant et un perdant.

Que l’expression populaire au sujet des élections régionales ait une portée nationale, cela n’a même pas besoin d’être débattu, tant il existe de faits et dispositifs qui le prouvent ; et puis cette confirmation qui vient d’un sondage post-électoral : 71% des Français souhaitent que le gouvernement infléchisse sa politique et son style, contre 25% d’une opinion inverse ; ce qui signifie également que une part non négligeable de ceux qui ont voté pour la droite pensent qu’il faut tenir compte du vote de gauche.

Mais c’est là que les choses se compliquent. On a vu les ténors sarkosiens rester dans le flou et la contradiction à ce sujet ; car si la volonté politique existe, c’est bien celle du souverain et de lui seul ; on attend donc demain matin ; et ce ne serait pas la première fois qu’il prendrait ses troupes à contre-pied.

Quant à la gauche « solidaire » la voici prise au piège : ou bien le gouvernement tient compte de sa victoire et de ses analyses, et alors elle perd sa force et sa vertu d’opposition puisque satisfaction lui aurait été donnée ; ou bien rien ne change et elle doit tenir en haleine ses électeurs jusqu’en 2012 pour leur offrir quelque chance que s’avère le changement attendu.

La défaite, certes, mais aussi la victoire est relative ; relative à ce que l’on peut en faire ; et semble-t-il la victoire sera plus difficile à gérer que la défaite ; il y faudra beaucoup de talent.

samedi 20 mars 2010

Au jour le jour/ Samedi 20 mars / L'ordre doit être respecté

Samedi 20 mars : mardi 9 mars : aux usines Schrader, équipementier automobile à Pontarlier, le souverain rencontre les employés ; la plupart peu désireux de le saluer prennent une journée de RTT ; l’une d’entre eux cependant, bravant la situation, reste au travail et quand passe le souverain, refuse de lui serrer la main ; elle est sanctionnée par le directeur pour … impolitesse. (Source : L’Est républicain)

Dimanche 14 mars au matin : c’est jour de marché dans ce petit chef lieu de canton du Quercy ; été comme hiver, le chaland se presse ; les places de parking sont rares ; de tout temps on se gare en bord de route ; mais ce jour là la maréchaussée a sorti ses carnets à souche et verbalise à qui mieux mieux ; l’ordre doit être respecté.

Vendredi 19 mars : après l’attentat attribué à l’ETA, qui a coûté la vie à un gendarme (notons que personne n’a relevé que si les gilets pare-balles étaient mieux conçus, cet homme serait toujours en vie …) on diffuse des images de vidéosurveillance enregistrées dans un hypermarché à Dammarie-les-lys en Seine et Marne ; on y voit cinq hommes faisant leurs courses ensemble ; la police y reconnaît formellement les auteurs de l’attentat ; ce n’étaient que des pompiers espagnols en vacances hexagonales.

Hier encore, Le Parisien aujourd’hui en France révèle qu’une note interne émanant de la préfecture de police de Paris, fixe des quotas à respecter pour les PV ; par exemple un quota de 17.000 PV pour stationnement gênant dans la capitale. Le syndicat Unité police précise également que cette frénésie répressive touche la plupart des villes du Grand Sud, au détriment de la prévention.

Voici quelque temps déjà que la machine répressive est lancée et qu’elle tourne à plein régime ; et les hommes sont tels, comme d’ailleurs le montrent ces détestables expériences sur la violence, à la télé, que rien ne semble pouvoir l’arrêter dans sa course infernale.

Mais quand on déjeune avec le diable, dit la sagesse populaire, il vaut mieux avoir une fourchette à long manche ; ce ne semble pas le cas ; et la sanction-répression pourrait bien demain tomber sur celui qui poussa les feux à la machine.

Au jour le jour/ saedi

vendredi 19 mars 2010

Au jour le jour/Vendredi 19 mars / ça déménage

Vendredi 19 mars : ça déménage : Corinne Le Page vient de quitter le MODEM et son prophète François Bayrou, pour rejoindre Europe écologie de Dany le rouge devenu vert ; de son côté Hervé de Charrette, l’un des fondateurs de l’UMP, ancien ministre d’Alain Juppé, qui avait quitté l’UMP en 2009 pour rejoindre le Nouveau centre, aujourd’hui plaide pour le schisme et se prononce pour un nouveau Nouveau centre, ( "A droite tout le mal vient du parti monocorde")projet dont il a d’ailleurs entretenu François Bayrou (Source : Le Monde, 20 mars)

Le « Nini » du Béarnais, ni droite, ni gauche, ça fait aussi penser à cette histoire racontée en roulant les R : « Le Centre : de Gauche à Droite, de Droite à Gauche, et droit au but ». Car au but, il y est allé, je veux dire au mur. Hervé, lui, dit : « De Droite au Centre ! » et à François : « Viens avec moi !». François n’ira pas, car il en vient.

Alors qu’y faire ? Hervé de Charrette ouvre une piste : « La gauche, dit-il, apporte une réponse audible à ses électeurs ». Entendons donc ainsi la nouvelle formule : « De Droite au Centre, du Centre à Gauche, et droit au but ». Déjà Eric le traître semblait de nouveau incliner à gauche ; et apparemment il y en aurait d’autres.

Je suggère à Martine d’ouvrir au sein du PS, un secteur de transfuges et immigrés, un lieu d’accueil en somme pour ces SPF (Sans Parti Fixe) qui ayant tout abandonné ont tout perdu ; ce serait sa façon de rendre au souverain la monnaie de son ouverture.

jeudi 18 mars 2010

Au jour le jour/ Jeudi 18 mars / Qui trop embrasse ...

Jeudi 18 mars : on n’avait jamais vu autant d’engagement national pour de régionales élections : Martine Aubry et François Fillon sillonnent la France ; XB roule à bride abattue sur les routes entre Pornic et Nantes, et cela d’ailleurs sans coup férir puisque son 144 km/h certifié par la maréchaussée n’a même pas été verbalisé (Source : JDD). On eût aimé savoir ce qu'il serait advenu si le contrevenant s’était appelé Soumaré.

Cela étant, de toute cette agitation le souverain manifestement se désintéresse. Loin de ce tohu-bohu il va près du peuple qui souffre. Aujourd’hui il va montrer sa compassion et son intérêt pour l’environnement en Vendée naufragée, demain il promet mille vengeances et sévérités envers ceux qui prennent les gendarmes pour cible ; le cœur d’un côté, le baston de l’autre. Message à peine crypté : écolos je vous aime ; lepenistes je porte le flambeau de vos amours. Cependant, électeurs faites vos jeux, ce n’est pas mon problème ; moi j’ai été élu pour cinq ans.

Dans cette tourmente que le souverain observe du haut de sa grandeur, François le petit, dans son désir de se hisser au niveau de son maître, commet la boulette du jour : il promet le baston à ceux qui ont tué un policier à Epernay et assure la famille de sa compassion. Le problème est qu’il n’y a pas de policer tué à Epernay.

Même le Front national s’en émeut et Marine dénonce le cynisme de nos dirigeants ; cependant que Martine juge le procédé "effrayant". On risque de tout perdre en voulant trop gagner, et qui trop embrasse ...

mercredi 17 mars 2010

Au jour le jour/ Mercredi 17 mars / Carla, elle aussi ?

Mercredi 17 mars : on vous l’avait dit dès avant-hier, et bien ça y est, ça pète au MP. C’est Claude Goasguen qui a commencé, il a souligné le ridicule de ceux (enfin celui) qui prétendent que les élections régionales ne concernent pas la France, mais seulement la Corse, l’Alsace ou Midi-Pyrénées … et que la mauvaise gestion des régions de gauche serait responsable de l’abstention.

Puis Juppé en a remis une couche « Il va falloir méditer sur la désaffection dont la majorité fait l’objet » ; et même « une réflexion désormais s’impose sur le rythme des réformes » mais aussi « sur la fiscalité. » Perben quant à lui réserve ses critiques sur la faiblesse de la stratégie électorale. Dallier, sénateur MP, martèle « qu’il faut vraiment être sourd pour seriner qu’il n’y a pas eu de vote sanction ». Domergue, député MP, estime que « par son style, le Chef de l’Etat a créé des doutes sur sa personne ». Et Rachida :"Il faut revenir aux fondamentaux" ; là, message crypté : le Fouquet's, Dior, le bling-bling et moi ? (Source : La Dépêche du Midi, 17 mars)

Et même François Fillon, grand maître des cérémonies de l’entre deux tours, se contente de stigmatiser « ceux qui formulent des critiques, car ils ne sont pas des caractères bien trempés », se gardant bien de désapprouver quant au fond. En voilà un qui s’applique déjà à ménager la chèvre et le chou, et qui en profite pour, mine de rien, en envoyer une à XB.

Mais le plus insidieux des messages critiques, c’est cette image, ce gros plan, paru dans un journal régional de ce jour, où l’on voit le souverain tête contre tête avec une championne de karaté qui prend un air de consolatrice mater dolorosa ; oui, Nicolas Sarkosy et Chantal Jouanno ; même Carla donc, elle aussi, suggère le journal.

mardi 16 mars 2010

Au jour le jour/ Mardi 16 mars / Chouans, haut les coeurs !

Mardi 16 mars : depuis dimanche, le MP est passé dans l’opposition ; la pause annoncée pour 2011 est là ; ça va de plus en plus vite. On souffle un peu, mais ça nous manque ; finalement non seulement on s’y était habitué mais c’était notre drogue quotidienne : « Quelle est la nouvelle lubie du souverain ? Quelle gaffe Boutefeux va sortir ? Quelle connerie XD va faire ? Quels arguments haineux Lefebvre va inventer, et Luc de l'Oréal quel discours fardé ? J’en passe.
Or les voici muets : ils ne font plus de réformes, ils en parlent ; ils sont devenus le parti de l’opposition : promesses, changement, alternance, tel est leur credo ; ils ne sont plus ministres, ils battent la campagne, et le premier d’entre eux en tête.

Quant au souverain, soudain souverainement dédaigneux, il regarde sans sourciller ce menu fretin s’agiter à ses pieds et se creuser le fossé de sa popularité avec celle de son premier collaborateur ; alors il court sur les terres de son nouvel allié vendéen, le cœur en bandoulière, plaindre les sinistrés et leur dire qu’il leur faudra déménager. Les régionales, lui dit-on ? En quoi ça me concerne répond-il ? Les régions, j’y suis, moi, vous voyez bien.

Il feint même de ne pas voir que son MP, lézardé par le doute et tiraillé par la crainte, lui a échappé, qu’il s’est transformé en PM, et qu’il commence à cracher des rafales en visant son style et son projet ; son mouvement est devenu un pistolet mitrailleur qui se retourne contre lui ; alors il ne lui reste plus qu’à rameuter les Chouans.

lundi 15 mars 2010

Au jour le jour / Lundi 15 mars / Ordre et désordre

Lundi 15 mars : hier, au soir des élections, Dany le vert résuma la situation « Je viens de participer à une émission à TF1 et je vous ramène la nouvelle : l’UMP a gagné et remporté 25 régions ». Et c’est bien vrai que de Fillon à XB en passant bien sûr par Copé et Lefebvre, c’est le discours qu’on entendit : les jeux ne sont pas faits ; nos réserves ce sont les abstentionnistes qui se mobiliseront au second tour ; le PS et les écolos, ça capotera ; personne ne veut des socialistes qui vont augmenter les impôts ; et nous unis dès le premier tour on rentre en campagne dès demain avec une longueur d’avance. « La victoire en chantant … » et « Allons enfants ! »

Ils connaissaient donc tous leur bréviaire, remis dès le matin même à l’Elysée, où chacun pouvait trouver les hymnes, psaumes et répons de leur discours du soir. Le problème est que n’y figurait pas ce qu’il ne fallait pas dire ; alors ça a un peu foiré. D’abord on a vu et entendu Rachida (mais que venait-elle donc faire dans cette galère ?) tenir un discours fort neutre voire bienveillant pour l’opposition et particulièrement pour Ségolène ; puis auprès de Copé, qui préféra rester en retrait et faire jouer un deuxième violon, ce député UMP qui s’en prit vivement au souverain, à l’hyper présidence, au déficit de démocratie ; enfin Eric le traître qui tel Janus tint des propos UMPiens et simultanément d’opposition, allant jusqu’à attribuer à Ségolène le mérite partagé de la forte participation à l’élection présidentielle. Il est vrai que tout hommage à Ségolène est épine pour Martine …

Bref, la dialectique chère à Paul Valéry, de l’ordre et du désordre, se vérifia pleinement. Que peut bien engendrer l’ordre, si ce n’est le désordre ? L’unité si ce n’est l’éclatement ? En revanche cela paraît un peu plus difficile de passer du désordre à l’ordre ; les forces centrifuges ont toujours plus de vigueur que les forces centripètes.

dimanche 14 mars 2010

Au jour le jour/ Dimanche 14 mars / Mauvais perdants

Dimanche 14 mars : « on » a donc voté et aussi « on » n’a pas voté et le « on » qui a voté est moins nombreux que celui qui n’a pas voté. Du moins en moyenne, car dans certaines campagnes, le pourcentage de votants dépasse les 60%, ce qui n’est pas satisfaisant, mais moins grave que les 46,5% de la moyenne nationale.

Cependant il y a des gagnants et des perdants ; et les perdants annoncent aux gagnants qu’ils vont perdre au second tour, pour une simple raison, c’est qu’ils sont mauvais et que les Français ne les aiment pas. La stratégie est simple, courte et surtout périlleuse ; car quelle réserve argumentaire si d’aventure la défaite était encore plus cinglante au second tour ?

Mais comme souvent on ne s’intéresse qu’à ceux qui ont joué la partie ; et combien instructif serait de savoir pourquoi ceux qui ne l’ont pas jouée ont pris cette décision ; nos instituts de sondage si performants pour prédire les résultats se distingueraient en s’intéressant aux abstentionnistes ; non pas pour leur demander pour qui ils auraient voté, mais qu’est-ce qui aurait pu les décider à voter.

On y découvrirait probablement des choses pleines d’instruction : pour nos élus et pour leur présence auprès des électeurs hors des moments de campagne ; pour les médias et la contribution qu’ils pourraient apporter à la formation politique ; pour l’école enfin (surtout) et la façon dont dans sa mission de former les citoyens, elle éduque au fait politique.

Mais quand on regarde la réalité, on se demande vraiment : « La démocratie ferait-elle peur ? Où ? A qui ? Pourquoi ? ... » ; voilà un sujet de grand débat national ; mais qui osera ?.

samedi 13 mars 2010

Au jour le jour/ Samedi 14 mars / Le match

Samedi 13 mars : demain on vote ; c’est un droit ; souvenons-nous qu’il ne s’agit pas d’un droit naturel (les femmes n’eurent ce droit qu’en 1944), mais d’une conquête culturelle liée à la démocratie ; le droit de vote est corrélé à l’organisation d’élections ; les élections constituent l’acte premier de la démocratie représentative : on délègue à des personnes qui nous représenteront de statuer et de décider pour nous.

Dans ces conditions, que signifie ne pas voter, quel est le sens de l’abstention ? Puisqu’il y a toujours le recours de voter blanc ou nul, aucune contrainte ne pèse sur le choix de tel ou tel représentant ; ce ne peut-être donc qu’un refus (ou un désintérêt) de la réalité démocratique. A moins que ce ne soit le choix de se comporter en spectateur, comme devant un match ou une joute, et de compter les points. Certains aspects de la campagne poussent d’ailleurs un peu dans ce sens ; c’est la mêlée : Darcos, Pécresse, au tapis ? Et Georges Frèche, fera-t-il la nique à Martine ? Renverra-t-on Le Maire planter les choux ? Comment va réagir le souverain ? Et Carla, on ne la voit plus sur la scène politique, quand naguère elle faisait la révérence avec la Reine d’outre manche, rivalisait d’élégance et de tour de taille avec Madame Zapatero ou Madame Obama.

Du spectacle ! Donnez-nous du spectacle ! Rien que pour ça il faut aller voter, car que signifierait un scrutin avec 100% d’abstention ? Oui mais cette fois il y a un couac : Patrick de Carolis, le patron de France Télévision, celui qui s’est rangé pieusement derrière le souverain après la (pseudo) bataille de la publicité et du financement, et bien il vient de bloquer les négociations avec la CGT, qui s’oppose au remplacement des 35 heures par le forfait et au non-remplacement des départs à la retraite. Résultat : préavis de grève illimitée : La 2, la 3, la 4, la 5, RFO : demain, muettes. Sauf si …

Alors mon voisin m’a dit : « Moi, je ne regarde pas TF1 et si je ne peux pas voir les résultats, c’est pas la peine que j’aille voter ! Et si en plus je ne peux pas regarder France-Italie !» Décidément mon voisin n’est pas un vrai démocrate ; mais ça m’a fait réfléchir ; et maintenant je me pose sérieusement cette question : « Avons-nous vraiment une culture de la démocratie ? »

vendredi 12 mars 2010

Au jour le jour/ Vendredi 12 mars / Mythe et réalité

Vendredi 12 mars : depuis que Carla a révélé à un journal britannique qu’elle vivait un conte de fées, la presse étrangère ne bruit que de cette confidence et de la "rumeur" qui s'y attache et qui impliquerait le chanteur Benjamin Biolay d'un côté, Chantal Jouanno de l'autre. Tout ça s'explique, un conte, comme un mythe, cela s’oppose à la réalité ; le sujet archiclassique de dissertation en classe de seconde : « La passion dans Phèdre (ou dans Le Cid) mythe ou réalité ? », ou encore « Le désir d’amour dans La Princesse de Clèves, mythe ou réalité ?» pourrait être sublimé en cette brève :« La passion selon N-C,/C-N, mythe ou réalité ? ».

Interrogé aujourd'hui en Grande Bretagne à ce sujet, le souverain a fermement répondu qu’il ne consacrerait pas une fraction de seconde à ces élucubrations. On le comprend ; déjà il avait rué dans les brancards quand un journaliste interrogeant Carla sur sa vie d’artiste, lui avait demandé ce qu’il pensait de Dominique de Villepin, le mari de son amie ; il faut que les journalistes posent les bonnes questions, par exemple sur Angela, ou sur Barack, ou sur Silvio, ou sur François, ou sur Eric, mais pas sur Rachida et surtout pas sur Carla.

C’est que cet homme, qui voudrait apparaître comme le commun des mortels, qui dit Casse-toi, ou qui fait du vélo et du footing, qui porte des talonnettes comme les femmes des talons, qui va passer ses vacances chez sa femme et se fait photographier en tenue de plage avec elle ; qui fait bling-bling quand ça lui chante et le modeste quand ça lui convient ; qui parle café du commerce et cependant tutoie les plus grands ; cet homme qui appelle les médias quand il faut ; cet homme là ne devrait pas être surpris qu’on s’intéresse à lui.

Car lui, qui est-ce ? Le souverain élu du peuple, ou le souverain au dessus du peuple ? Un homme à qui le suffrage a confié d’importantes responsabilités, ou un personnage, parfois pirandellien, qui n’est plus intéressé que par le soi-même qui le hante ?

A trop cultiver l’ambiguïté, on ne s’étonnera pas que quelqu’un un jour puisse demander : « Sarkosy, mythe ou réalité ? », ou mieux encore : « Sarkosy, mythe et réalité ? »

jeudi 11 mars 2010

Au jour le jour/ Jeudi 11 mars / "Je ne changerai pas ..."

Jeudi 11 mars : « Je ne changerai pas de premier ministre » dit le Général lors des journées de mai ; moi non plus dit le souverain à la veille de celles de mars. Mais je vous assure de deux choses, celles qui vous tiennent à cœur, vous tous qui trouvez que je ne suis pas celui que vous attendiez : concertation, concertation, puis pause ; soufflons un peu ! Et de toute façon je ne me mêle en rien des élections régionales, c’est l’affaire de mes ministres, les Pécresse, XD et les autres.

Vous êtes rassurés ? Alors soyez gentils, vous pouvez voter pour eux sans crainte. De toute façon, que sont-ils ? Des collaborateurs, je vous l’avais dit ; et pas toujours très bons ; ils obéissent aveuglément et dès qu’il y a un changement de pied, ils sont paumés ; l'ouverture, ils ne comprennent rien ; mes discours non plus ...

Et à ceux qui néanmoins attendraient que je bouleverse les membres du gouvernement, ou même que je joue une partition de chaises musicales, je dis : " Soyez cohérents ; vous n’avez de cesse de dénoncer l’hyperprésidence, le fait du prince, l’autocratie, la monarchie même ; alors vous le voyez bien, ces ministres que j’ai envoyés au casse-pipe, ces minables qui ne sont pas capables de s’imposer aux régionales, que voulez-vous que j’en fasse au plan national ? Des godillots, des marionnettes, et vous savez bien que c’est moi qui tire les ficelles. "

Et puis soyons sérieux,ce à quoi il faut penser maintenant, c’est 2012 ; et ça j’y pense tous les jours en me rasant.

mercredi 10 mars 2010

Au jour le jour/ Mercredi 10 mars / Le "droit aux cours"


Mercredi 10 mars : Luc de l’Oréal, c’est parce qu’il le veut bien qu’il est ministre de l’Education nationale, mais le pauvre, succéder à XD, ce n’est vraiment pas un cadeau. XD actuellement sur ses terres aquitaines, où il fit un début de carrière mémorable, chasse comme un condamné sur les possessions d’Alain Rousset et sous l’œil narquois de Juppé qui n’hésite pas à dire qu’il rencontre des gens qui ont voté Sarko mais ne le feraient pas aujourd’hui, mais personne qui ne l’ayant pas fait aujourd’hui le ferait (La Dépêche du Midi, 10 mars) ; XD doit apprécier, pour sa campagne c’est excellent.

Cependant Luc garde la grande maison de la rue de Grenelle ; et cette maison est pleine de placards dans lesquels on ne trouve pas que sujets de satisfaction. L’un d’entre eux est le remplacement des profs absents ; ça a toujours été difficile, d’accord, mais aujourd’hui les parents attaquent le ministère en justice pour « atteinte au droit aux cours ». (Le Monde 11 mars)

Que s’est-il donc passé ? Laissons de côté les accusations naguère portées par Claude Allègre, l’imposteur climatique, d’absentéisme des enseignants ; une étude publiée en 2009 (Laurence Janot, Le stress des enseignants, Armand Colin), montre au contraire que les enseignants font preuve de « présentéisme ». Alors pourquoi la situation s’est-elle aggravée ? La réponse est complexe mais simple à formuler.

Le souverain a dit : il faut supprimer des profs ; XD a dit : justement il y a longtemps que je veux tordre le cou à la pédagogie, je supprime les IUFM et l’année de formation professionnelle des nouveaux profs ; il faut en supprimer davantage ? Allons-y, ceux qui restent n’auront qu’à faire de heures sup ! J’en faisais bien moi !

C’est ça l’héritage dont bénéficie Luc de l’Oréal ; or la règle des remplacements est claire : en deçà de 15 jours, ce sont les établissements qui gèrent les remplacements ; alors automatiquement, comme ils n’ont plus de « réserve » d’heures sup, car les profs en font déjà trop, en cas d’absence d’un prof. (Maladie, mission, stage …) plus de cours assurés.

Je m’en lave les mains, dit le souverain ; moi aussi dit celui qui le veut bien ; on va recruter des retraités disent les recteurs ; et nous, les parents, on aimerait bien recruter des dirigeants un peu plus compétents, lungimiranti comme disent les Italiens (long-voyants), et non les yeux rivés sur une calculette. Mars n’est pas mai, certes, et le printemps a un peu de retard, mais le climat pourrait bien dans les semaines qui viennent se réchauffer.

mardi 9 mars 2010

Au jour le jour/ Mardi 9 mars / Le divorce

Mardi 9 mars : il s’est créé un vrai divorce entre les Français et le souverain qui les gouverne ; les uns, selon François de Closets, disent « Toujours plus ! », l’autre répond « Toujours moins ! » ; les uns veulent une justice équitable et efficace, des enseignants bien formés devant les élèves et les étudiants, une médecine et des soins accessibles à tous ; l’autre répond : « Vive la réforme, et la réforme c’est moins ».

Et peu importe la logique des choses et l’exactitude des mots, un exemple : dans l’Education nationale ; on augmente, dit-on, la durée de formation des enseignants : faux, on la supprime, les jeunes profs seront nommés directement dès la réussite au concours, qui est lui, strictement disciplinaire ; on met en place un système de remplacement des enseignants : faux, on recherche des retraités et des étudiants ; on déclare que l’éducation est une priorité de la nation : faux, 16.000 postes d’enseignants supprimés cette année, et on a déjà supprimé les IUFM.

On pourrait en dire autant de la Justice, ce qui d’ailleurs a motivé aujourd’hui une ample manifestation intercatégorielle : on supprime des tribunaux, on supprime les juges d’instruction, on réduit considérablement les délais de prescription pour les délits financiers ; autant de la Santé : on dérembourse de plus en plus de médicaments, on diminue le nombre de médecins dans les hôpitaux, on augmente en revanche le forfait hospitalier.

Education, Santé, Justice : trois piliers fondamentaux de la démocratie, méprisés, démantelés, scandaleusement vilipendés. Toutes les réformes engagées sont mal pensées, mal engagées, méprisantes pour le peuple ; et peu importe la grogne et la déception, le souverain, après avoir dit le contraire déclare « Elections régionales, conséquences régionales », ce qui ne l’empêche pas d’envoyer son premier ministre tenir un meeting par jour et une cohorte de ses ministres se présenter aux régionales et faire campagne au lieu de s’occuper du travail pour lequel ils sont grassement payés.

Car pour les uns comme pour les autres, l’essentiel est de durer, car la place est bonne ; et de se faire des amis parmi ceux qui en réalité gouvernent la France : banquiers, financiers, industriels ; alors les profs, les juges, les médecins hospitaliers, « ça commence à bien faire ! »

lundi 8 mars 2010

Au jour le jour/ Lundi 8 mars / Souveraine magnanimité

Lundi 8 mars : la presse classe l’affaire comme un fait divers ; il s’agit donc de cette jeune lycéenne de famille marocaine, Najlae ; elle a fui le Maroc pour échapper, à 14 ans, à un mariage forcé ; elle se réfugie en France chez son frère, 19 ans, qui la bat ; elle va porter plainte à la police dans le Loiret ; on vérifie son identité : pas de papiers ; elle est placée en garde-à-vue puis reconduite aussitôt au Maroc ; le frère est laissé tranquille.

En France cette expulsion suscite une véritable émotion et de nombreuses manifestations expriment leur réprobation. Aujourd’hui, journée mondiale de la femme, le souverain décide le rapatriement de la jeune marocaine. Il faut assurément s’en réjouir.

Mais revenons un peu sur l’affaire ; il est vraiment difficile de la classer dans les « faits divers », sauf à banaliser et naturaliser cette honteuse injure faite aux femmes, dont le corps appartient aux parents puis au frère ou au mari, lesquels peuvent en disposer comme d’une marchandise, la vendre, la battre à plate couture, et ce dans l’indifférence de notre police qui préfère appliquer les lois d’expulsion du ministre de l’intérieur que traiter un cas de violence discriminatoire envers une femme.

Fait divers aussi la clémence princière ? Il est vrai que nous y sommes maintenant habitués ; le système en est fort simple : le souverain édicte des principes catégoriques de répression ; il charge le ministre concerné de les mettre en œuvre ; lequel transmet des consignes draconiennes aux préfets ; eux-mêmes donnent des instructions sévères à la police ; qui n’a pas besoin de se le faire dire deux fois.

Et le souverain ? Il tance les vils serviteurs qui n’ont aucune pitié, qui ne savent pas mettre la loi morale au-dessus de la loi de Boutefeux ; et il décide, lui, tout seul, d’annuler toutes les mesures prises envers Najlae ; et comble de sa magnanimité, le jour même où les femmes dans le monde sont honorées.

Il ne lui reste plus que quatre choses à faire (celles que conseille Machiavel) : sanctionner les policiers coupables d’excès de zèle et de manque de discernement, rétrograder le préfet afin de punir le coupable sur la place publique, enfin aller accueillir lui-même Najlae à l’aéroport. Ah, j’oubliais, en privé féliciter Boutefeux d’avoir su monter intelligemment cette affaire qui lui permet d’apparaître dans sa magnificence, sa magnanimité et sa grandeur.

dimanche 7 mars 2010

Au jour le jour/ Dimanche 7 mars / Femmes ! Femmes !

Dimanche 7 mars : ou bien le Général avait raison, ou bien il avait tort ; ou bien il disait vrai lorsqu’il prétendait qu’il ne fallait pas confier de responsabilités politiques aux femmes car elles se laissent emporter par des raisonnements affectifs et sentimentaux, ou bien il se trompait. Notons que cette attitude ne l’a pas empêché de donner le droit de vote aux femmes, ce que les III° et IV° Républiques n’avaient osé faire et que pourtant Boccace, dès le XIV° siècle, dans son œuvre majeure, Le Décaméron, réclamait.

Il faut donner du temps au temps, disait Raymond Barre ; notons que notre souverain, avant son élection triomphale, avait promis un gouvernement restreint et la parité ; pour l’un et l’autre de ces deux critères, il faudra encore attendre. Certes on a beaucoup montré Rama et Rachida, un peu moins Famela, ; c’était coup double : femmes et diverses ; mais le succès ne fut pas au rendez-vous ; Rama est toujours là, elle est belle à voir dit-on, et comme elle ne fait rien, elle a une côte d’enfer, c’est le syndrome Chirac.

Rachida pour sa part a su montrer ce que femme pouvait et savait faire ; elle vient donc d’assister en qualité d’observateur aux élections en Irak ; et pendant qu’on s’entretuait, elle s’adonnait à son devoir people en effectuant, hier au soleil couchant, une promenade médiatisée dans un parc au bord du Tigre. C’est là qu’on voit que De gaulle avait tort, des femmes qui savent garder la tête froide, il n’en manque pas.

C’est cependant du côté de l’Elysée que ça cloche un peu ; parmi les cinq grands conseillers du souverain (les Guaino, Guéant, Lévitte …) une seule femme ; mieux que rien direz-vous. Mais alors que l’association Ni putes ni soumises manifestant dans la capitale avait recouvert, place de la République, la statue éponyme d’une burqua noire, bien vite furent dépêchées les forces de l’ordre pour la dévoiler ; car comme le souverain a dit lors de sa visite au Salon, au sujet de l’environnement : « ça commence à bien faire ! ». En parler ça va, en faire ça ne va plus.

samedi 6 mars 2010

Au jour le jour/ Samedi 6 mars/ Visibilium et invisibilium

Samedi 6 mars : c’est un rêve vieux comme l’humanité : comment voir sans être vu ? Adam par exemple aurait pu croquer la pomme sans que personne ne le voie, et la face du monde sans nul doute en eût été changée. H.G. Wells n’aurait pas eu à écrire L’homme invisible, Marcel Aymé Le passe muraille, Harry Potter n’aurait pas eu besoin de mettre sa cape invisible.

Or qu’apprends-je ? Des scientifiques ont réussi à créer un matériau capable d’annuler les propriétés de la lumière, rendant ainsi invisibles les objets ; (Source Bulletin électronique – Techno.science)

On imagine aisément les usages politiques et sociaux d’une telle découverte ; quel monde ! L’ère du « Pas vu pas pris » connaîtra un développement incommensurable ; les religions y trouveront enfin la preuve (puisque la cause) de l’invisibilité de Dieu ( Credo in unum Deum, factorem coeli et terrae, visibilium et invisibilium …) ; les journalistes pourront aller fureter sans se faire kidnapper ; les femmes n’auront pas besoin de porter une burqua ; les souverains visiteront le Salon de l’agriculture sans craindre de se faire siffler …

« L’abbé, ta noirceur se dévoile », comme si justement écrivit Paul Verlaine … et tu t’égares ; jamais les savants n’ont pensé à ça. D’ailleurs pour l’instant, l’invisibilité ne concernerait que des objets d’une taille maximale de 4 millimètres. Or nos hommes politiques ne sont pas des Lilliputiens, voir De gaulle.

Oui, je m’égare, car de toute façon, Salon de l’agriculture ou pas, l’objectif pour un homme politique c’est d’être vu, et celui des médias de le faire voir ; d’ailleurs, au salon, ce matin, on l’a vu, notre souverain est bien allé se faire voir …

vendredi 5 mars 2010

Au jour le jour/ Vendredi 5 mars / Ouverture, fermeture

Vendredi 5 mars : problème de succession, Louis Schweitzer, ancien PDG de Renault, actuellement président de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations (la HALDE), arrive en fin de mandat. Qui lui succèdera ? Les candidats se pressent déjà, mais certains, pressentis, demandent quelques garanties. C’est que la HALDE, créée en 2004, avec le statut d’autorité administrative indépendante (comme la CNIL ou le CSA), risque fort de voir son indépendance mise sous le boisseau.

Le souverain en effet aurait toussé à plusieurs reprises au sujet des interventions de son président, lesquelles auraient contrarié l’autonomie suprême, celle du premier magistrat de la République ; ledit Schweitzer ne serait pas dans les bons papiers à l’Elysée ; et comme on n’ose pas critiquer ouvertement la Haute Autorité qui a conquis une réputation d’objectivité et d’équité auprès de tous les partenaires sociaux, on s’en prend régulièrement à l’ancien président de Renault pour ses fonctions antérieures ; les flèches sont adressées ad hominem.

C’est que depuis 2004, il s’en est passé des choses ; il y a d’abord eu en 2008 la création du délégué à la diversité et à l’égalité des chances, poste attribué à l’ami Yazid Sabeg ; et puis la réforme de la Constitution et la définition de la fonction de Défenseur des droits, sur la suggestion de Jack Lang, d’ailleurs déjà candidat à ce poste dès qu’il sera créé ; alors ça fait beaucoup de monde sur le même créneau, dont le président de la HALDE fonctionnerait comme électron libre.

Rien ne va plus ; les grandes manœuvres sont déclanchées ; consignes discrètes voire secrètes sont données au Palais du Luxembourg (pour le Palais Bourbon, pas la peine, les godillots sont au garde-à-vous) ; objectif, intégrer la HALDE sous l’autorité du Défenseur des droits, c'est-à-dire sous le contrôle de l’Elysée. (Source : Le Monde, 6 mars)

On met des socialistes à la tête de la Cour des comptes et de la Commission des finances ; on place sous le boisseau des responsables de structures apparemment moins importantes, mais plus populaires, comme France Télévision ou la HALDE ; ouverture d’un côté, fermeture de l’autre ; l’essentiel est de contrôler tout ce qui parle au peuple ; démocratie oblige !


jeudi 4 mars 2010

Au jour le jour/ Jeudi 4 mars / Moi et la crise

Jeudi 4 mars : avant la crise : 1 %, 2% ? C’est 3% de croissance que je veux ; j’irai la chercher avec les dents. Ainsi parlait le souverain, disciple inattendu de Colbert, confiant dans l’exercice de sa volonté, dans le retour du politique, dans l’intervention de l’Etat. On sait ce qu’il en est advenu ; on ne saura jamais ce qui se serait passé si la crise n’était pas intervenue.

Pendant la crise : la France a résisté mieux que ses voisins européens ; grâce à son tissu industriel et à la politique fiscale instaurée dès le début du quinquennat. Avec 10% de chômage en 2009, l’augmentation de la pauvreté, la réduction des services publics, c’est vrai qu’on est dans une plus enviable situation que la Grèce ou l’Irlande, ou l’Espagne ; et surtout on se réjouit de ce mieux et on frémit à l’idée de ce que cela aurait pu être si nous avions été Allemands ou Italiens.

Aujourd’hui, veille de sortie de crise : nous sommes les plus mauvais de toute l’Europe, même les Italiens font mieux (lesdits apprécieront le « même ») ; notre industrie fournit 16% du PIB, contre 25 en Italie et 30 en Allemagne ; nous sommes résolument désindustrialisés, et ça dure depuis des décennies. Bon, je viens de m’en rendre compte maintenant, mais vous allez voir, ça va changer, je m’en occupe.

C’est pas la faute aux copains, Bolloré, Lagardère, Bouygues, et tous ceux du Fouquet’s … ; c’est la faute à Chirac, à Mitterrand, à Giscard, à Pompidou et même à De Gaulle. Moi j’ai sauvé Mittal, Heuliez, l’industrie automobile, les banques, la pêche, l’agriculture ; j’ai sacqué la fonction publique ; je suis le meilleur ; et si vous me sacquez en mars, c’est vraiment que, comme disait le Général, vous êtes tous des veaux.

mercredi 3 mars 2010

Au jour le jour/ Mercredi 3 mars / Robin des Bois

Mercredi 3 mars : Robin des Bois est de retour ; ce bandit au grand cœur qui dérobait les riches pour distribuer aux pauvres. Non, ne vous méprenez pas, je ne parle pas de cette forme d’Etat providence qui consiste à considérer que l’argent des riches provient souvent du travail des pauvres et que donc une partie leur en revient. ; je me réfère à des initiatives singulières et privées dont la ville rose vient de nous donner quelques beaux exemples.

A Toulouse, donc, un beau matin de cet hiver qui perdure, un SDF de 23 ans, au lieu dit La Croix Falgarde, distribue des coupures de 20, 50 ou 100 € aux automobilistes ; volées peu avant dans une discothèque : « Prenez cet argent, il n’est pas à moi ». Quelque temps auparavant, un couple de SDF avec une fillette de deux ans squatte dans un immeuble appartenant au Secours catholique ; sans électricité ; un agent d’ERDF au grand cœur rétablit en douce le courant. (Source : La Dépêche du Midi)

Et la suite ? Le gentil distributeur de petites coupures, arrêté dans son élan par un fêtard qui prévient la police, s’en sort fort honorablement : relaxé, il sera cependant convoqué en correctionnelle, mais sans grand risque car le patron de la discothèque n’a même pas porté plainte tant il a trouvé l’affaire rocambolesque ; il en va différemment pour l’agent d’ERDF qui est mis à pied et le couple bénéficiaire qui est inculpé pour « consommation illégale » ; penser que R était Redistribution et non Réseau, c’est effectivement impardonnable.

Le Général eut le génie des grands concepts rassembleurs ; l’Autodétermination lors de la guerre d’Algérie, la Participation lors des mouvements de 68. Je suggère au souverain, actuellement en mal d’initiatives populaires, de s’inspirer des expériences toulousaines et de lancer un grand appel à la Redistribution ; les traders, les banquiers, les navigateurs de l’Ile de Malte, et les Zidane, Smet ou Dujardin, se précipiteront pour jouer leur Robin des Bois .

mardi 2 mars 2010

Au jour le jour/ Mardi 2 mars / Un rapport dans les dix jours !

Mardi 2 mars : on l’a vu, le front plissé, le regard tendu, la bouche serrée ; il survolait en hélicoptère les terres de Vendée, le désastre infligé par les eaux, les vents, les marées, où trop d’hommes et de femmes ont perdu la vie, où les dégâts matériels sont considérables. Puis on l’a vu, à terre cette fois, avec son fidèle Borloo au second plan, annoncer sa compassion, une aide immédiate, une enquête sur les responsabilités : un rapport devra lui être remis dans les dix jours. Le souverain est dans son rôle et chacun ne peut qu’approuver sa démarche ; c’est une catastrophe nationale, l’Etat devait tout normalement s’emparer du dossier.

Sauf que … sauf que le rapport demandé existe déjà, mais que personne ne l’a lu, ou du moins l’a aussitôt refermé. Ce rapport aujourd’hui dérange ; il a été établi par un fonctionnaire de la DDE, Pascal Raison. Ce rapport indique avec précision l’état du littoral et sa vulnérabilité et il décrit comme scénario possible, avec force détails, exactement ce qui vient de se passer. (Source Le Monde, 3 mars)

Alors ? Alors, les paris sont ouverts ; moi je gage que la solution qui a toujours très bien marché jusqu’à présent, sera renouvelée : on va faire une loi ; c’est la méthode : chacun sait que sur tel ou tel sujet, il va y avoir des problèmes, avec la violence à l’école ou dans les banlieues, avec les prisons et les récidivistes, avec les accidents de la route, avec … Alors le souverain s’en émeut, déclare qu’on n’a rien fait jusqu’à lui, et il fait une loi ; bâclée le plus souvent, inapplicable ; et ça recommence.

C’est pas comme sous le règne des rois fainéants ; maintenant au moins ça bouge, ça s’agite même, ça réagit ; mais comme le dit si bien la fable, « Rien ne sert de courir … ». Mais on le sait, le souverain, il aime ça.

lundi 1 mars 2010

Au jour le jour/ Lundi 1er mars / Prendre le Pirée pour un homme

Lundi 1er mars : comme dans la fable de La Fontaine, Le singe et le dauphin, il a pris le Pirée pour un homme ; erreur grossière naguère considérée comme marque suprême de l’inculture et de la forfanterie ; il a donc cité « Wester, Tech … » comme deux scientifiques spécialistes du climat et des ouragans ; lesquels n’existent pas, quand il existe bien une institution créée par M. Webster (et non Wester) : Georgia Institute of Technology, dite aussi TECH ; « il », c’est, on l’aura reconnu, notre spécialiste anti-climatique, Claude Allègre.

Dans son dernier ouvrage, L’imposture climatique, l’ancien ministre de l’Education, se paie, selon Le Monde de ce jour, « un cent-fautes » ; erreurs de noms, fausses citations, confusions entre scientifiques et présentateurs télé, liste imaginaire de cautions scientifiques, bref une copie que le Prof. Allègre aurait certainement jugée déshonorante. On croyait que de telles pratiques étaient réservées à certains lettrés, comme ceux qui prennent Botul pour un philosophe néo kantien (notre AJLJ du 15 février), mais non, tout le monde s’y met, y compris les scientifiques qui pourtant revendiquent cette rigueur qu’ignoreraient leurs collègues des sciences humaines : il suffit d’avoir un nom pour pouvoir dire n’importe quoi dans la plus totale impunité. Ah, Descartes, reviens !

Les politiques il est vrai, par leurs comportements, cautionnent ouvertement cette pratique ; l’un annonce du haut de son pouvoir souverain que le chômage baissera en février ; une autre, qui fut en 2007 sa rivale, qualifie la controverse sur le botulisme de BHL de « polémique mesquine » dont l’antisémitisme n’est pas absent ; il est vrai que BHL est un ardent supporter de Ségolène, et qu’il faut à chacun rendre la monnaie de sa pièce. ( Le Monde, 1er mars)

Si donc les philosophes, les scientifiques, les politiques peuvent ainsi construire et vendre leurs discours en négation du moindre respect de l’exactitude, à qui donc se fier désormais ? On savait que sur la toile peuvent circuler avec des accents d’autorité absolue, les rumeurs, les ragots, les mensonges, enfin tout ce qui constitue un déni du principe de réalité. Mais l’édition classique jusqu’ici semblait échapper à cette perversion. Que se passe-t-il donc ?

Car tout éditeur qui se respecte, et Plon comme Grasset en font partie, soumet les textes qu’on lui propose à un directeur de collection, lequel est contractuellement responsable de la scientificité et de l’exactitude des propos. Dans un cas comme dans l’autre on aurait renvoyé la copie en demandant des rectifications. Aucun auteur mineur n’aurait échappé à cette règle ; il faut croire que certains sont considérés comme au dessus des lois ; dès lors L’imposture climatique, c’est l’imposture de l’auteur, du botulisme à la sauce des sciences dures.
Ni l’édition, ni l’université n’en sortent grandis. Mais c’est l’honneur de la presse, si souvent vilipendée, d’avoir su repérer et dénoncer de tels manquements à la probité.