mardi 9 mars 2010

Au jour le jour/ Mardi 9 mars / Le divorce

Mardi 9 mars : il s’est créé un vrai divorce entre les Français et le souverain qui les gouverne ; les uns, selon François de Closets, disent « Toujours plus ! », l’autre répond « Toujours moins ! » ; les uns veulent une justice équitable et efficace, des enseignants bien formés devant les élèves et les étudiants, une médecine et des soins accessibles à tous ; l’autre répond : « Vive la réforme, et la réforme c’est moins ».

Et peu importe la logique des choses et l’exactitude des mots, un exemple : dans l’Education nationale ; on augmente, dit-on, la durée de formation des enseignants : faux, on la supprime, les jeunes profs seront nommés directement dès la réussite au concours, qui est lui, strictement disciplinaire ; on met en place un système de remplacement des enseignants : faux, on recherche des retraités et des étudiants ; on déclare que l’éducation est une priorité de la nation : faux, 16.000 postes d’enseignants supprimés cette année, et on a déjà supprimé les IUFM.

On pourrait en dire autant de la Justice, ce qui d’ailleurs a motivé aujourd’hui une ample manifestation intercatégorielle : on supprime des tribunaux, on supprime les juges d’instruction, on réduit considérablement les délais de prescription pour les délits financiers ; autant de la Santé : on dérembourse de plus en plus de médicaments, on diminue le nombre de médecins dans les hôpitaux, on augmente en revanche le forfait hospitalier.

Education, Santé, Justice : trois piliers fondamentaux de la démocratie, méprisés, démantelés, scandaleusement vilipendés. Toutes les réformes engagées sont mal pensées, mal engagées, méprisantes pour le peuple ; et peu importe la grogne et la déception, le souverain, après avoir dit le contraire déclare « Elections régionales, conséquences régionales », ce qui ne l’empêche pas d’envoyer son premier ministre tenir un meeting par jour et une cohorte de ses ministres se présenter aux régionales et faire campagne au lieu de s’occuper du travail pour lequel ils sont grassement payés.

Car pour les uns comme pour les autres, l’essentiel est de durer, car la place est bonne ; et de se faire des amis parmi ceux qui en réalité gouvernent la France : banquiers, financiers, industriels ; alors les profs, les juges, les médecins hospitaliers, « ça commence à bien faire ! »

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