Jeudi 4 mars : avant la crise : 1 %, 2% ? C’est 3% de croissance que je veux ; j’irai la chercher avec les dents. Ainsi parlait le souverain, disciple inattendu de Colbert, confiant dans l’exercice de sa volonté, dans le retour du politique, dans l’intervention de l’Etat. On sait ce qu’il en est advenu ; on ne saura jamais ce qui se serait passé si la crise n’était pas intervenue.
Pendant la crise : la France a résisté mieux que ses voisins européens ; grâce à son tissu industriel et à la politique fiscale instaurée dès le début du quinquennat. Avec 10% de chômage en 2009, l’augmentation de la pauvreté, la réduction des services publics, c’est vrai qu’on est dans une plus enviable situation que la Grèce ou l’Irlande, ou l’Espagne ; et surtout on se réjouit de ce mieux et on frémit à l’idée de ce que cela aurait pu être si nous avions été Allemands ou Italiens.
Aujourd’hui, veille de sortie de crise : nous sommes les plus mauvais de toute l’Europe, même les Italiens font mieux (lesdits apprécieront le « même ») ; notre industrie fournit 16% du PIB, contre 25 en Italie et 30 en Allemagne ; nous sommes résolument désindustrialisés, et ça dure depuis des décennies. Bon, je viens de m’en rendre compte maintenant, mais vous allez voir, ça va changer, je m’en occupe.
C’est pas la faute aux copains, Bolloré, Lagardère, Bouygues, et tous ceux du Fouquet’s … ; c’est la faute à Chirac, à Mitterrand, à Giscard, à Pompidou et même à De Gaulle. Moi j’ai sauvé Mittal, Heuliez, l’industrie automobile, les banques, la pêche, l’agriculture ; j’ai sacqué la fonction publique ; je suis le meilleur ; et si vous me sacquez en mars, c’est vraiment que, comme disait le Général, vous êtes tous des veaux.
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