Lundi 10 mai.
pour une série de raisons dont je n'ai guère la maîtrise, je suis amené à suspendre pour quelques jours ma chronique ; en attendant la reprise, et avant le retour du soleil de mai, à tous "Bon vent !"
lundi 10 mai 2010
dimanche 9 mai 2010
Au jour le jour/ Dimanche 9 mai/ Et moi, et moi, et moi !
Dimanche 9 mai : à Moscou on célébrait la victoire de 1945 ; ce fut le plus grand défilé militaire organisé en Russie depuis la chute de l’URSS ; les quatre pays de l’OTAN y participaient ; les médias ont diffusé à l’envi la photographie représentant Poutine, Merkel, Jintao, Medvedef ; Sarkosy annoncé s’était au dernier moment décommandé ; personne ne le représentait.
C’est qu’il avait deux bonnes raisons. Tout d’abord il tenait concurremment au sommet de Bruxelles, un sommet bis à l’Elysée, concernant la réponse européenne à la crise de l’euro ; à Bruxelles, c’étaient les ministres des finances, à l’Elysée, LE chef d’Etat. Ensuite, qui décemment sinon lui pouvait figurer sur la photo ? Fillon, Morin, Kouchner ? Vous plaisantez ! Pourquoi pas Rama Yade ?
Une troisième raison a été avancée par certains ; selon des sources bien informées, le souverain n’aurait pas eu l’autorisation de prononcer le discours que Gaino lui avait préparé, et au cours duquel il pensait exposer les idées d’Alain Minc sur l’eugénisme comme moyen d’éviter les guerres et de sauvegarder la paix.
Sur ce sujet le mystère reste entier, mais on pense qu’il se réserve d’affiner ses arguments pour le prochain G20 dont il doit assumer la présidence ; vis-à-vis de Chirac, le roi fainéant, blanchi sous le harnois, ce sera la flèche du Parthe.
C’est qu’il avait deux bonnes raisons. Tout d’abord il tenait concurremment au sommet de Bruxelles, un sommet bis à l’Elysée, concernant la réponse européenne à la crise de l’euro ; à Bruxelles, c’étaient les ministres des finances, à l’Elysée, LE chef d’Etat. Ensuite, qui décemment sinon lui pouvait figurer sur la photo ? Fillon, Morin, Kouchner ? Vous plaisantez ! Pourquoi pas Rama Yade ?
Une troisième raison a été avancée par certains ; selon des sources bien informées, le souverain n’aurait pas eu l’autorisation de prononcer le discours que Gaino lui avait préparé, et au cours duquel il pensait exposer les idées d’Alain Minc sur l’eugénisme comme moyen d’éviter les guerres et de sauvegarder la paix.
Sur ce sujet le mystère reste entier, mais on pense qu’il se réserve d’affiner ses arguments pour le prochain G20 dont il doit assumer la présidence ; vis-à-vis de Chirac, le roi fainéant, blanchi sous le harnois, ce sera la flèche du Parthe.
samedi 8 mai 2010
Au jour le jour/ Samedi 8 mai / Guerre et paix
Samedi 8 mai : pas beaucoup de flonflons pour le 65° anniversaire de la victoire en 1945 ; la presse préfère consacrer ses principaux titres à la Grèce ou au Royaume Uni, ou encore à l’Allemagne dans les efforts qu’elle consent pour aider un voisin. Bien sûr tout ça c’est l’Europe, pacifiée et exempte de bruits de sabre, mais en guerre avec elle-même dans les soubresauts dont les « marchés » perturbent la quiétude.
Le souverain quant à lui, s’est rendu en Alsace pour honorer les « malgré eux » enrôlés de force dans l’armée allemande, fustiger Pétain le traître, louer l’identité alsacienne. Chirac avait déjà condamné, en 2003, le régime de Vichy, à maintes reprises, tandis que le Général refusait de considérer la responsabilité de la France dans la collaboration ; Mitterrand avait choisi l’ambiguïté : bien sûr condamner Vichy, mais conserver des relations amicales avec Bousquet et déposer chaque année une gerbe sur la tombe du vainqueur de Verdun. Alors comment faire original ?
C’est Jospin qui lui a donné une idée ; on se souviendra que en juin 2007, le premier ministre avait réhabilité les mutins fusillés de la guerre de 14 ; c’est aux « malgré eux » de 40 que l’on s’est aujourd’hui intéressé ; ceux qui ne voulaient pas faire la guerre, ceux qui l’ont faite contre leur gré. Le sujet est trop grave pour qu’on en glose, mais cet anniversaire aurait certainement mérité, en ces temps incertains, une plus grande hauteur de vue.
Enfin, pour 2011, le thème est tout trouvé ; c’est l’ami conseiller Alain Minc qui vient de le découvrir ; dans un entretien à France info, il vient de déclarer que « les dépenses de santé des (très) vieux sont un luxe » ; l’eugénisme est de retour, les vieux au cercueil, la sécu sera sauvée ; et si on avait appliqué cette règle en 1940, Pétain qui avait déjà 84 ans n’aurait pas eu l’occasion de trahir la France. Guaino, vite un discours la dessus !
Le souverain quant à lui, s’est rendu en Alsace pour honorer les « malgré eux » enrôlés de force dans l’armée allemande, fustiger Pétain le traître, louer l’identité alsacienne. Chirac avait déjà condamné, en 2003, le régime de Vichy, à maintes reprises, tandis que le Général refusait de considérer la responsabilité de la France dans la collaboration ; Mitterrand avait choisi l’ambiguïté : bien sûr condamner Vichy, mais conserver des relations amicales avec Bousquet et déposer chaque année une gerbe sur la tombe du vainqueur de Verdun. Alors comment faire original ?
C’est Jospin qui lui a donné une idée ; on se souviendra que en juin 2007, le premier ministre avait réhabilité les mutins fusillés de la guerre de 14 ; c’est aux « malgré eux » de 40 que l’on s’est aujourd’hui intéressé ; ceux qui ne voulaient pas faire la guerre, ceux qui l’ont faite contre leur gré. Le sujet est trop grave pour qu’on en glose, mais cet anniversaire aurait certainement mérité, en ces temps incertains, une plus grande hauteur de vue.
Enfin, pour 2011, le thème est tout trouvé ; c’est l’ami conseiller Alain Minc qui vient de le découvrir ; dans un entretien à France info, il vient de déclarer que « les dépenses de santé des (très) vieux sont un luxe » ; l’eugénisme est de retour, les vieux au cercueil, la sécu sera sauvée ; et si on avait appliqué cette règle en 1940, Pétain qui avait déjà 84 ans n’aurait pas eu l’occasion de trahir la France. Guaino, vite un discours la dessus !
vendredi 7 mai 2010
Au jour le jour/ Vendredi 7mai / La France des valeurs
Vendredi 7 mai : austérité, austérité ! Ne confondons pas avec rigueur ! La rigueur c’est être rigoureux, se donner des règles et les appliquer. Il ne s’agit pas de ça ; l’austérité, c’est bien autre chose : supprimer des crédits à l’université, dans les hôpitaux ; ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux ; ne pas augmenter les impôts des plus riches …
Cette austérité, ça tombe bien ; ça nous permettra de ne pas faire comme les Grecs qui en sont réduits à supprimer les treizième et quatorzième mois et à bloquer les salaires ; chez nous on n’aura pas à interdire les doubles ou triples rémunérations des grands chefs, à rogner sur les déjà maigres salaires des députés, sénateurs, ministres, présidents de ceci et de cela, cumulards et vieux barbons ; et je ne parle pas de celui qui est au dessus de tout.
Et puis ça nous montrera le chemin de la raison ; finis le bling bling et les croisières à l’île de Malte ; on va fermer le Fouquet’s et le Zaman café ; on appliquera aux ministres la « conduite de Rachida » (suppression des voitures avec chauffeurs), et aux élus celle de Pasqua ( au trou pour concussion ) ; on chantera Mille Colombes et on fera Comme si de rien n’était.
On retrouvera les valeurs de l’humilité, chère à saint François d’Assise, et que si bien chanta Paul Verlaine : « La vie humble aux travaux ennuyeux et faciles est une œuvre de choix qui veut beaucoup d’amour ». Et le souverain, un matin en se rasant aura une idée géniale (en vérité soufflée par Carla, zélatrice du juge Di Pietro, l’homme de Mani Pulite) : on rebaptisera l’UMP ; ce sera désormais : La France des valeurs.
Cette austérité, ça tombe bien ; ça nous permettra de ne pas faire comme les Grecs qui en sont réduits à supprimer les treizième et quatorzième mois et à bloquer les salaires ; chez nous on n’aura pas à interdire les doubles ou triples rémunérations des grands chefs, à rogner sur les déjà maigres salaires des députés, sénateurs, ministres, présidents de ceci et de cela, cumulards et vieux barbons ; et je ne parle pas de celui qui est au dessus de tout.
Et puis ça nous montrera le chemin de la raison ; finis le bling bling et les croisières à l’île de Malte ; on va fermer le Fouquet’s et le Zaman café ; on appliquera aux ministres la « conduite de Rachida » (suppression des voitures avec chauffeurs), et aux élus celle de Pasqua ( au trou pour concussion ) ; on chantera Mille Colombes et on fera Comme si de rien n’était.
On retrouvera les valeurs de l’humilité, chère à saint François d’Assise, et que si bien chanta Paul Verlaine : « La vie humble aux travaux ennuyeux et faciles est une œuvre de choix qui veut beaucoup d’amour ». Et le souverain, un matin en se rasant aura une idée géniale (en vérité soufflée par Carla, zélatrice du juge Di Pietro, l’homme de Mani Pulite) : on rebaptisera l’UMP ; ce sera désormais : La France des valeurs.
jeudi 6 mai 2010
Au jour le jour/ Jeudi 6 mai / Le torchon brûle
Jeudi 6 mai : la carrière de Charles Pasqua ressemble à ces verres de Ricard dont il assurait la commercialisation avant de se lancer en politique : tout semble d’abord transparent et limpide, puis vous ajoutez de l’eau et le liquide se trouble et devient laiteux et opaque. Avec lui tout semble clair et finalement tout s’embrouille ; c’est que avec cet homme du sérail, il y a toujours anguille sous roche.
Les dernières péripéties de cet ancien premier flic de France, aujourd’hui sénateur octogénaire, ne manquent pas de saveur ; elles se troublent soudain, comme si quelqu’un s’amusait à brouiller le jeu.
Notre Pasqua donc est soupçonné d’avoir joué un peu trop avec l’argent des autres pour faciliter sa carrière politique (notons qu’il n’est pas le seul ; on parle beaucoup actuellement d’un certain Edouard et de son acolyte Nicolas) ; à ce titre il est traduit devant la Cour suprême de la République et deux ans de prison dont un ferme sont requis contre lui.
Mais les juges sont cléments, la classe politique est solidaire, et il n’écope que d’un an avec sursis. Notre homme une fois encore s’en tire pas trop mal ; mais voilà, quelqu’un a mis de l’eau dans le Ricard, et tout se trouble ; le ministère public (entendez le pouvoir souverain) vient ce soir de former un pourvoi en cassation (source, Le Monde.fr.)
Le torchon brûlerait-il entre des deux anciens ministres de l’intérieur, et qui plus est empereurs de Neuilly ? Joueraient-ils à qui mettra le plus d’huile sur le feu ? L’avenir dira qui des deux a le plus de cartes en main ; les paris sont ouverts.
Les dernières péripéties de cet ancien premier flic de France, aujourd’hui sénateur octogénaire, ne manquent pas de saveur ; elles se troublent soudain, comme si quelqu’un s’amusait à brouiller le jeu.
Notre Pasqua donc est soupçonné d’avoir joué un peu trop avec l’argent des autres pour faciliter sa carrière politique (notons qu’il n’est pas le seul ; on parle beaucoup actuellement d’un certain Edouard et de son acolyte Nicolas) ; à ce titre il est traduit devant la Cour suprême de la République et deux ans de prison dont un ferme sont requis contre lui.
Mais les juges sont cléments, la classe politique est solidaire, et il n’écope que d’un an avec sursis. Notre homme une fois encore s’en tire pas trop mal ; mais voilà, quelqu’un a mis de l’eau dans le Ricard, et tout se trouble ; le ministère public (entendez le pouvoir souverain) vient ce soir de former un pourvoi en cassation (source, Le Monde.fr.)
Le torchon brûlerait-il entre des deux anciens ministres de l’intérieur, et qui plus est empereurs de Neuilly ? Joueraient-ils à qui mettra le plus d’huile sur le feu ? L’avenir dira qui des deux a le plus de cartes en main ; les paris sont ouverts.
mercredi 5 mai 2010
Au jour le jour / Mercredi 5 mai / Souverain prestidigitateur
Mercredi 5 mai : il a tiré plusieurs lapins de son chapeau notre souverain prestidigitateur ; il réunissait aujourd’hui à l’Elysée quelque 300 inspecteurs d’académie et recteurs (tous fonctionnaires d’autorité nommés en conseil des ministres ) et il leur délivra la bonne parole : l’évangile selon saint Nicolas.
On luttera contre la violence scolaire ; pour cela on va créer des internats pour cancres (l’école pour les nuls) ; ça c’est une idée de Ségolène qui en 2007 avait annoncé des établissements « militarisés » pour les élèves rebelles ; et puis dans les zones sensibles, les professeurs seront choisis par les chefs d’établissement ; ça c’est le modèle anglo-saxon ; bien sûr on supprimera les allocs, etc., etc.
On souhaite du courage à Luc de l’Oréal , surtout pour la nomination des enseignants ; car pour les choisir, il faut qu’il y ait des candidats ; or actuellement on y nomme des néo-certifiés, qui y font leurs « classes » et qui déguerpissent au bout de deux ans ; les profs « chevronnés » comme on dit demandent plutôt des lycées tranquilles, au soleil si possible. A moins que de la besace il ne tire aussi d’importants stimulants matériels.
Il faut reconnaître que ça, il sait faire, du moins promettre ; l’affaire des sous-marins pakistanais, avec leur lot de commissions et rétro commissions, impliquée dans l’attentat de Karachi, et soupçonnée d’avoir contribué à financer la campagne d’Edouard dont il était le mentor, nous le rappelle.
Comment, me dira-t-on, as-tu oublié que à Bruxelles, le 19 juin 2009, le souverain lui-même démentit formellement qu’il y eût commissions et a fortiori rétro commissions ? D’ailleurs « tout se sait dans un monde où le secret d’Etat n’existe pas » affirma-t-il. Le problème c’est que aujourd’hui on commence à en savoir un peu plus. Pasqua aurait-il mouchardé ?
Enfin, pour en revenir à nos chers cancres, on voit que c’est toujours utile de faire des annonces qui ne manqueront pas de soulever un tollé ; quand il y a le feu à la maison, rien de tel qu’un écran de fumée pour cacher l’incendie.
On luttera contre la violence scolaire ; pour cela on va créer des internats pour cancres (l’école pour les nuls) ; ça c’est une idée de Ségolène qui en 2007 avait annoncé des établissements « militarisés » pour les élèves rebelles ; et puis dans les zones sensibles, les professeurs seront choisis par les chefs d’établissement ; ça c’est le modèle anglo-saxon ; bien sûr on supprimera les allocs, etc., etc.
On souhaite du courage à Luc de l’Oréal , surtout pour la nomination des enseignants ; car pour les choisir, il faut qu’il y ait des candidats ; or actuellement on y nomme des néo-certifiés, qui y font leurs « classes » et qui déguerpissent au bout de deux ans ; les profs « chevronnés » comme on dit demandent plutôt des lycées tranquilles, au soleil si possible. A moins que de la besace il ne tire aussi d’importants stimulants matériels.
Il faut reconnaître que ça, il sait faire, du moins promettre ; l’affaire des sous-marins pakistanais, avec leur lot de commissions et rétro commissions, impliquée dans l’attentat de Karachi, et soupçonnée d’avoir contribué à financer la campagne d’Edouard dont il était le mentor, nous le rappelle.
Comment, me dira-t-on, as-tu oublié que à Bruxelles, le 19 juin 2009, le souverain lui-même démentit formellement qu’il y eût commissions et a fortiori rétro commissions ? D’ailleurs « tout se sait dans un monde où le secret d’Etat n’existe pas » affirma-t-il. Le problème c’est que aujourd’hui on commence à en savoir un peu plus. Pasqua aurait-il mouchardé ?
Enfin, pour en revenir à nos chers cancres, on voit que c’est toujours utile de faire des annonces qui ne manqueront pas de soulever un tollé ; quand il y a le feu à la maison, rien de tel qu’un écran de fumée pour cacher l’incendie.
mardi 4 mai 2010
Au jour le jour/ Mardi 4 mai / Le malheur des uns ...
Mardi 4 mai : comment Angela qui, voici peu, envisageait de punir la Grèce et la menaçait d’exclusion de la zone €, voire de l’Europe, s’est-elle convertie à porter aux Hellènes l’aide la plus importante consentie par les pays européens ? Le débat qui s’est déroulé à l’Assemblée nationale est sur ce sujet particulièrement éclairant (source : Le Monde, 5 mai) ; pour aider la Grèce, les pays prêteurs empruntent eux-mêmes, à 1% ; mais ils consentent ce prêt à 5% ; gain net : 4% ; pour l’ensemble des pays prêteurs le gain sera de 700 millions d’€, dont 240 pour l’Allemagne et 160 pour la France. Le malheur des uns ...
Les craintes manifestées hier, que le contribuable paie les erreurs et le laxisme du voisin ne sont donc guère fondées, non plus que les discours pétris de morale solidaire et de générosité où se complait le souverain ; car demain le Grèce va non seulement devoir rétablir ses finances mais honorer sa dette et les intérêts afférents, et aussi affronter une très probable augmentation du chômage, car on ne supprime pas des milliers d’emplois en maintenant l’emploi.
L’euroscepticisme qui gagne peut être alimenté par de nouvelles « faillites » ; l’Espagne vient de demander l’aide du FMI, et souvenons-nous que François Fillon nous disait qu’il prenait en charge un pays en faillite ; mais hier comme aujourd’hui ce sujet est tabou.
Jacques Attali hier, à Complément d’enquête, prédisait que les trois prochains présidents de la République auraient pieds et points liés par la dette.
La « leçon de la Grèce », ce n’est pas seulement une cure d’austérité comme le dit Christine Lagarde, c’est un appel à un sursaut national dont la condition fondamentale est une mise à plat des inégalités ; ce à quoi le souverain se refuse. Après lui le déluge ?
lundi 3 mai 2010
Au jour le jour/ Lundi 3 mai / Le retour
Ce n’est pas très facile de retourner sur terre ; non que l’Italie ait eu comme un avant goût du paradis, non que l’insouciance connaturelle de toute atmosphère de vacances ait rangé au grenier les soucis de la vie quotidienne ; mais nous avions décidé de vivre une semaine sans internet, sans télévision, sans radio, sans journaux, juste un téléphone pour rester en contact, si nécessaire avec la famille.
Certes, les échanges que nous eûmes avec les amis milanais n’ont pas évité les sujets émergents : les impôts sur les classes moyennes plus élevés que chez nous, l’économie souterraine entre les mains de la mafia, les retraites moins bien assurées ; et cependant un peuple qui semble vivre pas trop mal, peut-être mieux que nous (grâce à des cellules familiales toujours très vives) ; des services commerciaux qui proposent toute sorte de produits en abondance et ce avec une hygiène et une propreté ignorée dans l’hexagone (il est vrai que nous sommes dans le Nord et près de la Suisse), mais de toute façon les Français ont la réputation d’être sales, et surtout, en Italie comme partout dans le monde, arrogants, méprisants et prétentieux.
Alors soudain, on traverse le tunnel du Fréjus (au tarif exorbitant de 35 € !),et hop, on retrouve la France, doux pays de notre enfance. Qu’y trouve-t-on ? Le scandale des bleus qui se payent comme cadeau d’anniversaire une cover girl siliconée (quel manque de goût ) à plus de mille € (un mois de SMIC) la passe ; la faillite de la Grèce, et le souverain qui vole à son secours après avoir convaincu Angela que c’était quand même une bonne affaire de renflouer le gouvernement hellène en lui prêtant à 5% de l’argent emprunté à 2% ; et la marée noire de la Louisiane qui nous indique de façon tragique comment avec le pétrole on joue avec le feu ; et l’aveuglement de l’un et aussi des autres sur le dossier des retraites …
On aurait bien besoin qu’un nouveau Turc débarquât en France, pour y dépeindre, comme le fit La Bruyère, les mœurs et caractères de notre temps.
Certes, les échanges que nous eûmes avec les amis milanais n’ont pas évité les sujets émergents : les impôts sur les classes moyennes plus élevés que chez nous, l’économie souterraine entre les mains de la mafia, les retraites moins bien assurées ; et cependant un peuple qui semble vivre pas trop mal, peut-être mieux que nous (grâce à des cellules familiales toujours très vives) ; des services commerciaux qui proposent toute sorte de produits en abondance et ce avec une hygiène et une propreté ignorée dans l’hexagone (il est vrai que nous sommes dans le Nord et près de la Suisse), mais de toute façon les Français ont la réputation d’être sales, et surtout, en Italie comme partout dans le monde, arrogants, méprisants et prétentieux.
Alors soudain, on traverse le tunnel du Fréjus (au tarif exorbitant de 35 € !),et hop, on retrouve la France, doux pays de notre enfance. Qu’y trouve-t-on ? Le scandale des bleus qui se payent comme cadeau d’anniversaire une cover girl siliconée (quel manque de goût ) à plus de mille € (un mois de SMIC) la passe ; la faillite de la Grèce, et le souverain qui vole à son secours après avoir convaincu Angela que c’était quand même une bonne affaire de renflouer le gouvernement hellène en lui prêtant à 5% de l’argent emprunté à 2% ; et la marée noire de la Louisiane qui nous indique de façon tragique comment avec le pétrole on joue avec le feu ; et l’aveuglement de l’un et aussi des autres sur le dossier des retraites …
On aurait bien besoin qu’un nouveau Turc débarquât en France, pour y dépeindre, comme le fit La Bruyère, les mœurs et caractères de notre temps.
dimanche 2 mai 2010
Dimanche 2 mai /Chronique vénitienne / Images
samedi 1 mai 2010
Samedi 1er mai / Chronique vénitienne / 3 - De Venise à Gargnano
Le lac de Garde, le Benacus des latins, entre Venise et Milan, entre Vérone et Brescia, ce fut pour nous l’étape lacustre naturelle entre le monde lagunaire de la Cité des Doges et le monde fluvial de la vallée du Pô ; un retour aussi, un revenir ; à Sirmione d’abord, chantée par Catulle qui avait choisi d’y installer sa résidence secondaire : « Sirmio, peninsularum insularumque ocellae » ( Sirmione perle des îles et des presqu’îles), aujourd’hui teutoniquement envahie, les grosses cylindrées d’abord, les accents germaniques ensuite, mais vite, pour les happy few, rendue à elle-même avec ses créneaux guelfes et gibelins témoins des luttes médiéviales pour s’emparer de ce joyau, ses familles paisibles de canards (le père, la mère, la cohorte de canetons) et cette atmosphère si particulière où le lac vient jouer avec les montagnes dans le bleuté de la « foschia » (la légère brume) printanière.
De Sirmione à Gargnano, sur la rive « bresciana » ( de Brescia), on traverse d’abord Salo’, siège, en octobre 1943, du gouvernement mussolinien fantoche, dit de la « Repubblica di Salo’ », puis Gardone Riviera, où Gabriele d’Annunzio avait édifié sa monumentale demeure qu’il avait lui-même baptisée « Il Vittoriale », et où a été transportée l’entière carène de la Nave Puglia, bateau sur lequel il s’empara de Fiume en septembre 1919, et où l’on peut voir aussi l’avion qu’il pilotait lors de cette folle, épique et héroïque entreprise des "terre irredente".
Enfin, passé Maderno, on entre dans Gargnano, apparemment plus modeste car la route en cet endroit s’écarte du rivage, mais bijou composé de trois perles inégalables, celle de Gargnano, celle de Villa et celle de Bogliaco ; trois petits ports sur le lac, où les barques de pêche côtoient les monocoques de plaisance, où la population locale jadis comme aujourd’hui composée de pêcheurs et de « citronniers », vit maintenant au rythme des saisons touristiques.
Gargnano est un village aussi chargé d’histoire ; il y a peu de temps encore on pouvait déguster une grappa au bar Lo Zuavo, dont le nom évoque l’épopée napoléonnienne que ponctuent aussi sur la carte les noms évocateurs de Rivoli et de Solferino ; plus tard Gargnano fut le siège réel du gouvernement de la Repubblica di Salo’ ; Mussolini y avait son bureau personnel dans le Palazzo Feltrinelli (aujourd’hui siège d’une succursale de l’Université de Milan) et sa résidence dans la somptueuse Villa Feltrinelli depuis peu réaménagée en hôtel de luxe.
En longeant le lac, vers le sud, sur une passerelle piétonne, on arrive à Bogliaco ; on passe devant le Palazzo Bettoni Cazzago, merveille de l’architecture baroque, dont les jardins ponctués de nymphées, d’esplanades et d’escaliers à double révolution, abritaient les 24 et 25 avril la X édition de la Mostra di piante e fiori degli antichi giardini del lago di Garda.
Ce fut un moment enchanteur de flânerie, parmi les couleurs, les parfums, les harmonies de l’orchestre abrité dans la grotte du parc ; de là nous rejoignîmes notre restaurant, sur sa terrasse dominant le lac ; là certes on se rend pour se restaurer, mais les saveurs qu’on y découvre sont autant celles d’une nourriture italienne typique, que celles du paysage de montagnes encore enneigées, des fleurs, des voiliers de l’école de voile de Bogliaco ; celle du bonheur de s’y retrouver, elle et moi, moi et elle ; et de nous y être promis de nouveaux rendez-vous.
De Sirmione à Gargnano, sur la rive « bresciana » ( de Brescia), on traverse d’abord Salo’, siège, en octobre 1943, du gouvernement mussolinien fantoche, dit de la « Repubblica di Salo’ », puis Gardone Riviera, où Gabriele d’Annunzio avait édifié sa monumentale demeure qu’il avait lui-même baptisée « Il Vittoriale », et où a été transportée l’entière carène de la Nave Puglia, bateau sur lequel il s’empara de Fiume en septembre 1919, et où l’on peut voir aussi l’avion qu’il pilotait lors de cette folle, épique et héroïque entreprise des "terre irredente".
Enfin, passé Maderno, on entre dans Gargnano, apparemment plus modeste car la route en cet endroit s’écarte du rivage, mais bijou composé de trois perles inégalables, celle de Gargnano, celle de Villa et celle de Bogliaco ; trois petits ports sur le lac, où les barques de pêche côtoient les monocoques de plaisance, où la population locale jadis comme aujourd’hui composée de pêcheurs et de « citronniers », vit maintenant au rythme des saisons touristiques.
Gargnano est un village aussi chargé d’histoire ; il y a peu de temps encore on pouvait déguster une grappa au bar Lo Zuavo, dont le nom évoque l’épopée napoléonnienne que ponctuent aussi sur la carte les noms évocateurs de Rivoli et de Solferino ; plus tard Gargnano fut le siège réel du gouvernement de la Repubblica di Salo’ ; Mussolini y avait son bureau personnel dans le Palazzo Feltrinelli (aujourd’hui siège d’une succursale de l’Université de Milan) et sa résidence dans la somptueuse Villa Feltrinelli depuis peu réaménagée en hôtel de luxe.
En longeant le lac, vers le sud, sur une passerelle piétonne, on arrive à Bogliaco ; on passe devant le Palazzo Bettoni Cazzago, merveille de l’architecture baroque, dont les jardins ponctués de nymphées, d’esplanades et d’escaliers à double révolution, abritaient les 24 et 25 avril la X édition de la Mostra di piante e fiori degli antichi giardini del lago di Garda.
Ce fut un moment enchanteur de flânerie, parmi les couleurs, les parfums, les harmonies de l’orchestre abrité dans la grotte du parc ; de là nous rejoignîmes notre restaurant, sur sa terrasse dominant le lac ; là certes on se rend pour se restaurer, mais les saveurs qu’on y découvre sont autant celles d’une nourriture italienne typique, que celles du paysage de montagnes encore enneigées, des fleurs, des voiliers de l’école de voile de Bogliaco ; celle du bonheur de s’y retrouver, elle et moi, moi et elle ; et de nous y être promis de nouveaux rendez-vous.
vendredi 30 avril 2010
Vendredi 30 avril / Chronique vénitienne / 2 – à la Dogana
Finalement si, le concert pour orgue de Vivaldi à la Salute, nous arrivâmes alors qu’il était commencé, mais assez tôt pour se sentir enveloppés par les sons graves, flûtés, roulés ou plaintifs dont harmonieusement jouait l’organiste ; enveloppés sous la voûte, envoûtés en quelque sorte, de cet ancien temple octogonal dont la lunule capitale de la coupole rappelle celle du Panthéon à Rome ; tout comme le pavement polychrome dont la géométrie associe les courbes et les angles dans un enchevêtrement vasarélyen, en forme de conque pour recevoir l’eau de pluie, bienfaisante et baptismale qui s’écoulait jadis par l’ouverture de l’oculus. Oui, envoûtés aussi par cet ensemble iconographique de peintures, de sculptures, de vitraux, de pilastres, de stalles, que la nef en bateau inversé enserre.
S’étonnera-t-on que certains y voient la raison et la preuve de leur ferveur mystique ? Il faut se tenir sur ses gardes pour ne pas se laisser enlever et emporter dans ce mirage où tout se conjugue pour créer une représentation ordonnée du monde, non par l’esprit mais l’esprit saint, et qui se réalise par la diffuse adoration de la divinité et l’abstraction du corps.
Sortis de la Salute, à quelques pas nous allons vers la Punta della Dogana où est présentée l’exhibition Mapping the studio dans ce nouvel espace culturel de la fondation Pinault.
Merveille inégalable d’architecture et de muséographie, de technique et d’art, de modernisme et de tradition dans un ancien soigneusement réhabilité. La rigueur vigoureuse de la charpente, épine dorsale de cette vaste proue de la Douane de mer s’accorde avec les panneaux du béton lisse comme le marbre, qui structurent l’espace et ses agencements.
On peut ne pas être branché sur l’art contemporain, mais on ne traverse pas Mapping the sudio sans ressentir, au-delà de la diversité des thèmes, des formes et des techniques, quelque chose qui relève d’une idée de l’existence : le corps, la chair, la matière, la violence, la douleur, l’immanent et finalement le désordre.
Ici aussi une vision du monde, cohérente, puissante, envoûtante, avec ses règles, ses principes, ses contraintes et ses constantes, ses formes obligées ; cependant que à la Salute tout converge vers Dieu et vient de lui, ici le discours, en un retour hérité de l’existentialisme sartrien, c’est comme un triangle décapité qui serait incapable de se régir sur sa base ; humanisme à la recherche de sa transcendance ; un discours de souffrance, sans espoir, comme ce cheval cabré dont la tête s’enfonce dans un mur, comme cette terrassante représentation du nazisme en allégorie de la mortelle comédie humaine ; un monde dont ce discours voudrait établir le plan (mapping) dans l’espace (studio) où il se représente : Mapping the studio.
A la Salute comme à la Dogana, Venise pense et nous invite à penser ; le monde, l’éthique, l’esthétique, l’existentiel et l’essentiel ; la nostalgie du passé, l’angoisse du futur ; la beauté du présent.
Venezia !
jeudi 29 avril 2010
Jeudi 29 avril / Chronique vénitienne / 1- à la Giudecca
A la Giudecca, Venise n’est plus dans Venise ; elle n’est plus ici, elle est là ; devant nous, autour de nous entre Lido et Zattere. Les éclats de voix et les accents y sont italiens, le calendrier du restaurant où nous déjeunons est rédigé en langue vénitienne ; plane encore en ces lieux l’esprit de Cagliostro qui y exerça ses talents, et de Mamugnà, l’alchimiste cypriote qui transformait l’argent en or.
L’autre Venise, celle d’en face, est celle des Giacomo Casanova, John Ruskin, André Suarés, et des Scapigliati (la Bohème), dont on rencontre encore la mémoire, sur les Zattere, dans la Pensione La Calcina, où ils aimaient s’arrêter et écrire.
C’est là, dans cette autre Venise, la plus proche de la Giudecca dont seulement la sépare le canal éponyme, que nous avons choisi de séjourner. Aujourd’hui cependant, Ruskin oblige, les salons et les escaliers résonnent d’accents anglo-saxons. C’était depuis longtemps notre désir, lié probablement à la rencontre avec le Suarès du Voyage du Condottiere. La vue sur la Giudecca qui se dessine comme une toile en forme de bande dessinée, y est imprenable, mais les agencements sont décevants,notamment au regard du prix plus proche de ceux du Cipriani ou du Danieli que de celui de la modeste pension de famille que naguère elle fut.
Mais que vaut, sinon tout, cette vue d’infini apaisement de ce bras de lagune au vert émeraude, sillonné de vaporetti, de barques de pêcheurs et de temps à autre de quelque paquebot dont la masse insolite et barrant l’horizon rappelle celle fantastique du REX dans Amarcord de Fellini.
Bien sûr nous sommes allés rituéliquement prendre un vermuth (17 €) au café Florian, face aux Procuraties, à l’horloge des Maures, à la Basilique Saint Marc et tout près, omniprésent dans notre imagination même si caché à nos yeux, du Palais des Doges, rayonnant des splendeurs de la Sérénissime, et qui aussi abrita sous les Piombi le prisonnier Casanova qui s’en évada de façon rocambolesque, et plus tard Silvio Pellico qui relata ses tourments dans Le mie prigioni.
Aussi, à la pointe de la Giudecca, juste en deça de la Douane de mer, là où Tintoret représenta l’Esprit saint rayonnant sur les apôtres ; et à l’église des Gesuati où Tiepolo peignit les scènes du rosaire si justement analysées dans Le rose Tiepolo de Roberto Carasso.
Et puis encore au Musée d’art contemporain, qui après le Palazzo Grassi du mécène François Pinault, établi sur la Dogana del mar, sous la sphère dorée du monde, censée encourager et guider les marchands vénitiens sur les routes de l’Orient, aujourd’hui annoncé par un adolescent nu de pierre blanche, comme le David de Donatello, tenant dans sa main droite, à hauteur du regard, non la fronde qui permit de vaincre Goliath, mais un batracien pêché dans la lagune ; près de lui, nuit et jour, un vigile de noir vêtu, veille.
L’essentiel à Venise c’est de flaner, dans cette ville sans touriste ou presque, en cette fin d’avril, encore fraîche, où la brûme enveloppe de la même lumière tamisée, l’eau, la terre et le ciel. Flaner sans autre but, comme font les pigeons et les mouettes donr le vol zèbre régulièrement et irrégulièrement l'espace.
Bien sûr, de ce fait ne plus avoir le temps d'aller écouter l'orgue Vivaldien des vêpres à La Salute, ni de voir la nouvelle collection Gugghenheim, le regretter mais faire de ce regret un désir pour une autre aventure.
Cependant savoir s'arrêter pour déguster une coppa , chez Nico, à quatre pas du pont de l'Aacadémie, au bord du canal de la Giudecca ; là retrouver la saveur du parfum de citron ; parfum découvert, alors insolite, naguère à Sirmione. N'a guère ? C'était en 1955 , mais c'était hier ; le mage Mamugnà n'a peut-être pas transformé l'argent en or, mais il a condensé la durée dans l'instant.
mercredi 28 avril 2010
Mardi 28 avril / Ben tornati da Venezia
Ben tornati, dunque da Venezia ; un po' stanchi, ma felici.
Domani, per voi amici, la Cronaca di Venezia, molto più interessante della quotidiana cronaca sarkosiana ; purtropppo, bisogna vivere anche nel quotidiano.
PS / La cronaca sarà in francese ...
Domani, per voi amici, la Cronaca di Venezia, molto più interessante della quotidiana cronaca sarkosiana ; purtropppo, bisogna vivere anche nel quotidiano.
PS / La cronaca sarà in francese ...
mardi 20 avril 2010
Au jour le jour/ Mardi 20 avril /
Mardi 20 avril : il est des soirs où on se sent inutile et vainement impliqué dans les choses de notre monde – les petites certes, mais l’infiniment petit aussi est un infini - ; car tout échappe à la raison ; tout se perd dans les nuages crachés par le volcan médiatique, et comme les aéronefs, l’esprit reste figé sur les langueurs du terre-à-terre.
C’est le souverain qui annonce avec Boutefeux des décisions concernant l’école, laissant Luc de l’Oréal sur le carreau. A moins que ledit n’ait tenu à briller par son absence, après le flon-flon du rapport et du colloque scientifique sur la violence et les sanctions à l’école ; ou encore que là haut on ait voulu montrer qu’à la droite du père tout-puissant siège l’esprit saint de l’intérieur ; le fils a été déjà sacrifié et pour l’heure on attend sa résurrection.
Le Pontife quant à lui verse des larmes sur les victimes des prêtres pédophiles, quand une saine colère, des semaines de repentir, des processions invocatrices, des lamentations publiques, des cantiques en latin « ab omni malo, libera nos domine », des autodafé, des immolations publiques, le retour de l’inquisition et celui des Cathares, tenants des deux principes … eussent été plus dignes de notre religion universelle, sainte, apostolique et romaine.
Et puis les bleus ; ils se sont fait prendre comme des bizuths ; spécialistes de la passe, fréquentant assidûment l’établissement bling-bling des Champs Elysées, le Zaman Café où semble-t-il on dispose de toutes sortes de consommations, les voici impliqués dans une affaire de proxénétisme, il est vrai moins triomphale que celle où Ronaldo fêtant quelque victoire organisa une orgie qui aurait fait rougir eux-mêmes les Borgia, où il « invita » quelque 300 prostituées de luxe. Comme m’a dit ce matin mon épouse : « Ils n’ont qu’ à baiser tranquilles à la maison ! » Ah, le sport ! Désintéressé, modèle de vaillance et d’esprit solidaire, repère pour notre jeunesse !
Alors, trop, et à la fois, c’est trop. Le souverain, le Pontife, les dieux du stade, tout s’effondre, tout périt, tout périclite.
Alors amis lecteurs, je sais que vous serez frustrés, mais lassé de dénoncer en vain cupidités, turpitudes, hypocrisies, indigence d’esprit, je vais m’octroyer une cure de silence ; et dès demain matin aller vers quelques horizons où la lumière reste à la fois pure et discrète, où la nature et la culture entretiennent de suaves embrassements ; en un mot « nous » filons vers les lacs et la lagune d’Italie.
Mais rassurez-vous et réjouissez-vous, vous pourrez lire ici-même, dès avant la fin d’avril, la chronique vénitienne d’une vie dilettante ; le « dilettante », celui qui aime le « diletto », le plaisir.
C’est le souverain qui annonce avec Boutefeux des décisions concernant l’école, laissant Luc de l’Oréal sur le carreau. A moins que ledit n’ait tenu à briller par son absence, après le flon-flon du rapport et du colloque scientifique sur la violence et les sanctions à l’école ; ou encore que là haut on ait voulu montrer qu’à la droite du père tout-puissant siège l’esprit saint de l’intérieur ; le fils a été déjà sacrifié et pour l’heure on attend sa résurrection.
Le Pontife quant à lui verse des larmes sur les victimes des prêtres pédophiles, quand une saine colère, des semaines de repentir, des processions invocatrices, des lamentations publiques, des cantiques en latin « ab omni malo, libera nos domine », des autodafé, des immolations publiques, le retour de l’inquisition et celui des Cathares, tenants des deux principes … eussent été plus dignes de notre religion universelle, sainte, apostolique et romaine.
Et puis les bleus ; ils se sont fait prendre comme des bizuths ; spécialistes de la passe, fréquentant assidûment l’établissement bling-bling des Champs Elysées, le Zaman Café où semble-t-il on dispose de toutes sortes de consommations, les voici impliqués dans une affaire de proxénétisme, il est vrai moins triomphale que celle où Ronaldo fêtant quelque victoire organisa une orgie qui aurait fait rougir eux-mêmes les Borgia, où il « invita » quelque 300 prostituées de luxe. Comme m’a dit ce matin mon épouse : « Ils n’ont qu’ à baiser tranquilles à la maison ! » Ah, le sport ! Désintéressé, modèle de vaillance et d’esprit solidaire, repère pour notre jeunesse !
Alors, trop, et à la fois, c’est trop. Le souverain, le Pontife, les dieux du stade, tout s’effondre, tout périt, tout périclite.
Alors amis lecteurs, je sais que vous serez frustrés, mais lassé de dénoncer en vain cupidités, turpitudes, hypocrisies, indigence d’esprit, je vais m’octroyer une cure de silence ; et dès demain matin aller vers quelques horizons où la lumière reste à la fois pure et discrète, où la nature et la culture entretiennent de suaves embrassements ; en un mot « nous » filons vers les lacs et la lagune d’Italie.
Mais rassurez-vous et réjouissez-vous, vous pourrez lire ici-même, dès avant la fin d’avril, la chronique vénitienne d’une vie dilettante ; le « dilettante », celui qui aime le « diletto », le plaisir.
lundi 19 avril 2010
Au jour le jour/ Lundi 19 avril / Double langage
Lundi 19 avril : difficile de refaire surface après un naufrage ; le souverain cependant avait tenu compte du résultat des régionales ; son analyse était que ses électeurs avaient fait défaut lors du scrutin et que donc il fallait donner un coup de barre à droite ; résultat deux points de moins dans les sondages. Mais on ne peut pas passer son temps à se dédire, et le zig zag idéologique ne peut pas servir de programme. Alors il dépêche ses lieutenants ; il sera temps de proclamer ensuite, si les affaires reprennent, que là était sa pensée vraie.
De cette stratégie, Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’emploi, donne un exemple limpide, lors de l’interview donnée au Monde et publiée demain 20 avril. Qu’on en juge :
De cette stratégie, Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’emploi, donne un exemple limpide, lors de l’interview donnée au Monde et publiée demain 20 avril. Qu’on en juge :
*La défense des classes moyennes et des petits est un des fondamentaux du sarkosysme.
*Ceux qui se sont vus s’appauvrir ce sont les classes moyennes.
*Il faut travailler sur la fiscalité.
*La première justice c’est de s’assurer que celui qui a de très gros revenus paie un minimum d’impôts.
*Il faut avec XB au sein de l’UMP relancer la machine à réfléchir.
*Le déversoir actuel d’ambitions et de rivalités personnelles a quelque chose d’indécent.
Bref, Martine peut rester en Inde où elle est bloquée pour cause de volcan islandais ; la gauche a un nouveau leader, Sarkosy, et un nouveau chantre, Wauquiez. Certes il ne sera pas difficile de savoir qui tire les ficelles de la marionnette ; mais aussi on s’amusera de savoir que les très gros revenus devront payer un minimum (là, Martine aurait plutôt dit : un maximum), que la machine à réfléchir était en panne et que XB va la relancer ; bonne chance !
Cependant Eric Woerth, le patron de Laurent Wauquiez, dans ses négociations avec les syndicats montre le vrai visage du sarkosysme : l’argent des riches, pas touche ! Ce qui fait dire à Bernard Thibault (JDD du 18 avril) : « Double langage » et « Dialogue faussé ». Homme blanc a la langue fourchue !
dimanche 18 avril 2010
Au jour le jour/ Dimanche 18 avril / Sturm und Drang
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Dimanche 18 avril : hormis les quelque 100.000 Français bloqués à l’étranger, les chefs d’Etat privés de funérailles nationales en Pologne ( une chance pour Barak qui avait dit que peut-être il n’irait pas), les marchands de fruits exotiques (encore que sur les étals des marchés on trouve comme avant des bananes antillaises), qui vraiment souffre de cette privation de transports aériens ?. A l’heure de la communication virtuelle, les hommes d’affaire échangeront et décideront par vidéo-conférence ; les vacanciers réapprendront la subtile beauté du temps de voyager, comme naguère avec le Sud-Express, l’Orient-Express, ou la diligence ; Casanova mettait une semaine pour se rendre de Venise à Paris, sa vie n’en était ni moins riche ni plus morne ; les habitants des plaines de Roissy ou d’Orly retrouveront le charme oublié des jardins silencieux ; les gaz à effet de serre seront moins denses dans l’atmosphère ; les clandestins pourront séjourner un peu plus longtemps dans leur pays d’adoption ; le souverain économisera son avion tout neuf et Carla n’ira pas faire semblant de jouer avec Drucker sur les pistes d’envol de la patrouille de France ; et surtout le risque d’un nouveau 11 septembre s’évanouit ; et puis sans avion il n’y aurait eu ni Hiroshima ni Nagasaki ...
Certains y voient la main de Dieu qui vient punir les hommes de leur excessive prétention ; déjà Savonarole, au XV° siècle, annonçait le glaive de Dieu : "Ecce gladium domini super terram cito et velociter" ; d’autres rappellent que la veille de la Pâque, le ciel s’assombrit et le voile du temple se déchira ; les romantiques chantaient le Sturm und Drang et Vigny dans La mort du loup déclamait: « Les nuages couraient sur la lune enflammée comme sur l’incendie on voit fuir la fumée ; déjà quelques lustres plus tôt Chateaubriand concluait son René par cette apostrophe « Levez vous orages désirés qui devez emporter René dans les espaces d’une autre vie ».
Bref finalement, tout compte fait, la majorité des citoyens du monde s’en porte même un peu mieux. Ah, si le souverain pouvait apprendre les vertus de la lenteur ! Mais le nuage se disperse, les particules perdent de leur nocivité ; et cette vie, selon Verlaine « humble et tranquille », celle aussi que chantait François d’Assise, ce n’était qu’un mirage.
Dimanche 18 avril : hormis les quelque 100.000 Français bloqués à l’étranger, les chefs d’Etat privés de funérailles nationales en Pologne ( une chance pour Barak qui avait dit que peut-être il n’irait pas), les marchands de fruits exotiques (encore que sur les étals des marchés on trouve comme avant des bananes antillaises), qui vraiment souffre de cette privation de transports aériens ?. A l’heure de la communication virtuelle, les hommes d’affaire échangeront et décideront par vidéo-conférence ; les vacanciers réapprendront la subtile beauté du temps de voyager, comme naguère avec le Sud-Express, l’Orient-Express, ou la diligence ; Casanova mettait une semaine pour se rendre de Venise à Paris, sa vie n’en était ni moins riche ni plus morne ; les habitants des plaines de Roissy ou d’Orly retrouveront le charme oublié des jardins silencieux ; les gaz à effet de serre seront moins denses dans l’atmosphère ; les clandestins pourront séjourner un peu plus longtemps dans leur pays d’adoption ; le souverain économisera son avion tout neuf et Carla n’ira pas faire semblant de jouer avec Drucker sur les pistes d’envol de la patrouille de France ; et surtout le risque d’un nouveau 11 septembre s’évanouit ; et puis sans avion il n’y aurait eu ni Hiroshima ni Nagasaki ...
Certains y voient la main de Dieu qui vient punir les hommes de leur excessive prétention ; déjà Savonarole, au XV° siècle, annonçait le glaive de Dieu : "Ecce gladium domini super terram cito et velociter" ; d’autres rappellent que la veille de la Pâque, le ciel s’assombrit et le voile du temple se déchira ; les romantiques chantaient le Sturm und Drang et Vigny dans La mort du loup déclamait: « Les nuages couraient sur la lune enflammée comme sur l’incendie on voit fuir la fumée ; déjà quelques lustres plus tôt Chateaubriand concluait son René par cette apostrophe « Levez vous orages désirés qui devez emporter René dans les espaces d’une autre vie ».
Bref finalement, tout compte fait, la majorité des citoyens du monde s’en porte même un peu mieux. Ah, si le souverain pouvait apprendre les vertus de la lenteur ! Mais le nuage se disperse, les particules perdent de leur nocivité ; et cette vie, selon Verlaine « humble et tranquille », celle aussi que chantait François d’Assise, ce n’était qu’un mirage.
samedi 17 avril 2010
Au jour le jour/ Samedi 17 avril / Tolérance zéro
Samedi 17 avril : on se souvient des propos jugés outrageants pour les Français issus de l’immigration, du genre « Un ça va ; au delà bonjour les dégâts » tenus par Boutefeux devant François Copé ; et de la défense emberlificotée qui fut la sienne : c’était des Auvergnats, comme il l’est, qu’il parlait. Enfin il fut cité en justice pour propos racistes. En fait, notre cher ministre n’a rien à craindre, le procureur vient de demander un non lieu : certes les propos sont critiquables, mais il ne savait pas qu’il était filmé, et c’est dans une déclaration privée. Comme quoi un ministre ami du souverain peut dire n’importe quoi. Tolérance zéro ?
Les magistrats de la cour de cassation viennent de manifester leur hostilité à la réforme en cours de la procédure pénale (Source Le Monde 18/19 janvier); ils avancent deux raisons majeures. La première concerne la suppression du juge d’instruction ; on se souviendra qu’en janvier 2009, Rachida étant ministre et encore en couches, le souverain, lors de la rentrée solennelle de la cour de cassation, avait sorti cette idée de son chapeau ; les magistrats lui renvoient donc solennellement leur réponse : cette réforme rompt l’équilibre de la justice en donnant trop de pouvoir d’appréciation au parquet, lequel est soumis au pouvoir politique (voir ci-dessus par exemple). Tolérance zéro ?
La deuxième raison se rapporte aux délais de prescription pour les crimes et délits ; ces délais courraient de la date où ils ont été commis, non de celle où ils ont été constatés ; or la jurisprudence de la cour de cassation, en matière de faits dissimulés (abus de bien sociaux notamment), consiste à faire courir le délai de la date où ils ont été constatés. Les magistrats aujourd’hui estiment que la nouvelle règle permettra d’étouffer les affaires les plus sensibles. Tolérance zéro ?
On le savait, et nous l’avons rabâché devant nos instituteurs « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous feront noir ou blanc ». Désabusés nous en tolérions la pratique, mais quand cela devient la règle, on a vraiment envie de dire : Tolérance zéro !
Les magistrats de la cour de cassation viennent de manifester leur hostilité à la réforme en cours de la procédure pénale (Source Le Monde 18/19 janvier); ils avancent deux raisons majeures. La première concerne la suppression du juge d’instruction ; on se souviendra qu’en janvier 2009, Rachida étant ministre et encore en couches, le souverain, lors de la rentrée solennelle de la cour de cassation, avait sorti cette idée de son chapeau ; les magistrats lui renvoient donc solennellement leur réponse : cette réforme rompt l’équilibre de la justice en donnant trop de pouvoir d’appréciation au parquet, lequel est soumis au pouvoir politique (voir ci-dessus par exemple). Tolérance zéro ?
La deuxième raison se rapporte aux délais de prescription pour les crimes et délits ; ces délais courraient de la date où ils ont été commis, non de celle où ils ont été constatés ; or la jurisprudence de la cour de cassation, en matière de faits dissimulés (abus de bien sociaux notamment), consiste à faire courir le délai de la date où ils ont été constatés. Les magistrats aujourd’hui estiment que la nouvelle règle permettra d’étouffer les affaires les plus sensibles. Tolérance zéro ?
On le savait, et nous l’avons rabâché devant nos instituteurs « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous feront noir ou blanc ». Désabusés nous en tolérions la pratique, mais quand cela devient la règle, on a vraiment envie de dire : Tolérance zéro !
vendredi 16 avril 2010
Au jour le jour/ Vendredi 16 avril / Vive la sécu !
Vendredi 16 avril : qui, en France, fixe le tarif de la consultation chez un médecin généraliste ? Le souverain soi même. Après avis de ministère de la santé ? Vous plaisantez ? Après prise en compte du budget de la sécu ? C’est pour rire ? Non, il est assez grand pour décider tout seul. D’ailleurs les généralistes le réclamaient cet € de plus tous les ¼ d’heure, alors pourquoi le leur refuser ? Ils votent, non ? C’est pas comme les profs, des fonctionnaires grassement payés, avec plein de vacances, de la mauvaise graisse comme disait Juppé, et en plus qui votent à gauche.
Loin de moi l’idée de diminuer le mérite des médecins ; j’en connais plusieurs, à qui je suis profondément redevable, et dont je ne peux que louer la compétence et le dévouement. Mais enfin, ce sont, sous couvert de profession libérale, des fonctionnaires comme les autres ; leur salaire, en cette époque de couverture sociale généralisée, c’est la sécu qui le paie ; la sécu dont le budget voit le déficit s’accroître vertigineusement. Pas de sécu, assurément pauvres médecins ! Or une augmentation de 1 € par consultation, cela correspond en moyenne à un minimum de 600 € par mois ; et 23 € le quart d’heure, c’est 92 € de l’heure ; par comparaison, un prof agrégé (bac + 6 minimum) est payé moins de 30 € ; et je ne parle pas des salaires moyens des Français …
Ce disant, je ne souhaite ni remettre en cause ni la hiérarchie existante des salaires, ni faire montre d’une quelconque acrimonie, ni diminuer les mérites de quiconque ; mais je sais maintenant deux choses : l’eau va toujours à la rivière, et il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade ; une troisième aussi, le souverain part déjà à la pêche aux voix ; ah si, une quatrième, c’est le moment de réclamer, au diable le déficit.
Loin de moi l’idée de diminuer le mérite des médecins ; j’en connais plusieurs, à qui je suis profondément redevable, et dont je ne peux que louer la compétence et le dévouement. Mais enfin, ce sont, sous couvert de profession libérale, des fonctionnaires comme les autres ; leur salaire, en cette époque de couverture sociale généralisée, c’est la sécu qui le paie ; la sécu dont le budget voit le déficit s’accroître vertigineusement. Pas de sécu, assurément pauvres médecins ! Or une augmentation de 1 € par consultation, cela correspond en moyenne à un minimum de 600 € par mois ; et 23 € le quart d’heure, c’est 92 € de l’heure ; par comparaison, un prof agrégé (bac + 6 minimum) est payé moins de 30 € ; et je ne parle pas des salaires moyens des Français …
Ce disant, je ne souhaite ni remettre en cause ni la hiérarchie existante des salaires, ni faire montre d’une quelconque acrimonie, ni diminuer les mérites de quiconque ; mais je sais maintenant deux choses : l’eau va toujours à la rivière, et il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade ; une troisième aussi, le souverain part déjà à la pêche aux voix ; ah si, une quatrième, c’est le moment de réclamer, au diable le déficit.
jeudi 15 avril 2010
Au jour le jour/ Jeudi 15 avril / Le théâtre de l'absurde
Jeudi 15 avril : rien ne va plus, les jeux seraient-ils faits ? Hier Boutefeux annonçait le doublement des protections de police pour les bus ; aujourd’hui malgré cela, à Tremblay, encore un bus caillassé. Hier le préfet, représentant de l’Etat, à Boyardville, au sujet de la zone noire, tenait la ligne dure, celle annoncée par le souverain et son premier ministre, et ce à la grande déception des populations au point qu’il dut être raccompagné par les CRS ; aujourd’hui en Vendée débarque Borloo accompagné de Chantal pour dire, sans le dire, que le préfet s’est trompé, que c’est un malentendu, que chaque propriétaire concerné par la zone noire pourra négocier, bref que rien n’est ni décidé ni décidable. Hier le souverain affirmait « Quand il y a une grève à la SNCF, on ne s’en aperçoit même plus », aujourd’hui, je ne sais pas si le souvarain prend souvent le train, mais les usagers, eux, s’en rendent compte. Hier la cour accusait Rachida d’avoir semé la tempête et le bon Cardinal de Guéant d’affirmer que le souverain ne voulait plus la voir ; aujourd’hui Carla affirme que non bien sûr, Rachida est toujours l’amie du couple présidentiel (intéressant quand, selon Le Nouvel Obs, Carla ne supporterait pas cette beurette qui fut bien proche du souverain).
Mais une fois encore c’est le Cardinal qui eut le mot juste : « La vérité d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui ». Cela malheureusement se vérifie dans tous les domaines, et pas seulement dans celui de la vie privée du couple de l’Elysée.
La conséquence en est plus grave qu’on ne pourrait le penser : si en toutes choses peut arriver le contraire de ce qui est dit ; si manifestement ce qui est dit n’exprime qu’une posture déclaratoire ; si donc rien n’est vrai ni faux ; si la politique n’est qu’une comédie à la façon de Beckett, Pirandello ou Ionesco dans ce qu’on a appelé le « théâtre de l’absurde » ; si en plus le Vatican s’empêtre dans des histoires d’abus sexuels fondamentalement contraires à sa doctrine : « L’œuvre de chair ne désireras qu’en mariage seulement », alors que le souverain affirmait devant le pontife qu’en matière de morale le curé valait plus que l’instituteur ; alors pourquoi s’étonner que nombre de nos concitoyens ne distinguent plus l’espoir et le désespoir, le bien et le mal, le juste et l’injuste, le privé et le public, le laïque et le confessionnel, en somme la vérité et le mensonge ?
Ce n’est pas la crise économique, ce n’est pas la crise politique, qui structurent nos lendemains ; c’est une crise sociale, grave et profonde, la crise de la confiance en l’humanité et ses valeurs historiques ; l’apprenti sorcier joue aux dés. Alea jacta est ? A moins que l’on ne pense comme Mallarmé, que « Un coup de dés jamais n’abolira le hasard. »
mercredi 14 avril 2010
Au jour le jour/ Mercredi 14 avril / Verte est la pomme
Mercredi 14 avril : c’est à l’aune de la cohésion qu’on mesure la victoire ; et donc aussi la défaite. Dans le parti du souverain c’est chose manifeste ; non seulement on se déchire, mais on met en cause le leader naturel, jusque là incontesté, approuvé dans ses pompes et ses œuvres, précédé par une cour avide et cupide, adulé. La défaite a accompli son oeuvre délétère ; il n’est pas sûr que le temps préélectoral suffise à effacer « l’in-cohésion » et partant l’incohérence.
En face, du côté triomphal, que se passe-t-il ? Tout devrait « baigner ». Pas si sûr. Dès fin mars, quelques divergences sont apparues entre Cécile et Daniel, entre les Verts et Europe écologie ; dès maintenant la divergence a muté en conflit, le torchon brûle et Cécile voit rouge. Quelle est la matière ? Simple : les Verts sont constitués en parti politique, Europe écologie n’est qu’un label de circonstance, fédérant des courants et appartenances multiples, dans lequel les Verts ont une position dominante ; alors Daniel revendique la création d’une « coopérative politique » tandis que Cécile veut conserver son identité ; c’est le clash ; on en est venu aux mots ; Noël est réapparu pour calmer le jeu ; il n’est pas sûr que ce soit suffisant ; le démon des verts c’est leur goût immodéré pour la pomme de discorde.
Du côté de chez Martine, ça semble aller un peu mieux ; il y a certes des personnalités qui font retentir leur son de cloche, mais la nouvelle chef d’orchestre semble capable d’harmoniser correctement violons, trombones et contrebasses. Oui mais voilà, vient la question des retraites, et là, on commence à entendre des couacs ; entre Aubry, Valls et Hollande d’un côté, Hamon et Peillon de l’autre, l’accord ne semble pas parfait.
C’est là que l’on voit la suprême habileté tactique du souverain ; évidemment la réforme des retraites, c’est bien la grande affaire du quinquennat ; non point que la question soit pour lui socialement et économiquement d’importance, mais parce qu’elle va permettre de diviser la gauche et de fédérer la droite.
En politique rien n’est définitif, ni fissures ni fractures, ni collures ; les scientifiques le savent bien, rien ne périt, tout se transforme, et tout est relatif ; les victoires comme les défaites.
En face, du côté triomphal, que se passe-t-il ? Tout devrait « baigner ». Pas si sûr. Dès fin mars, quelques divergences sont apparues entre Cécile et Daniel, entre les Verts et Europe écologie ; dès maintenant la divergence a muté en conflit, le torchon brûle et Cécile voit rouge. Quelle est la matière ? Simple : les Verts sont constitués en parti politique, Europe écologie n’est qu’un label de circonstance, fédérant des courants et appartenances multiples, dans lequel les Verts ont une position dominante ; alors Daniel revendique la création d’une « coopérative politique » tandis que Cécile veut conserver son identité ; c’est le clash ; on en est venu aux mots ; Noël est réapparu pour calmer le jeu ; il n’est pas sûr que ce soit suffisant ; le démon des verts c’est leur goût immodéré pour la pomme de discorde.
Du côté de chez Martine, ça semble aller un peu mieux ; il y a certes des personnalités qui font retentir leur son de cloche, mais la nouvelle chef d’orchestre semble capable d’harmoniser correctement violons, trombones et contrebasses. Oui mais voilà, vient la question des retraites, et là, on commence à entendre des couacs ; entre Aubry, Valls et Hollande d’un côté, Hamon et Peillon de l’autre, l’accord ne semble pas parfait.
C’est là que l’on voit la suprême habileté tactique du souverain ; évidemment la réforme des retraites, c’est bien la grande affaire du quinquennat ; non point que la question soit pour lui socialement et économiquement d’importance, mais parce qu’elle va permettre de diviser la gauche et de fédérer la droite.
En politique rien n’est définitif, ni fissures ni fractures, ni collures ; les scientifiques le savent bien, rien ne périt, tout se transforme, et tout est relatif ; les victoires comme les défaites.
mardi 13 avril 2010
Au jour le jour/ Mardi 13 avril / La France est sa paroisse, le monde est son diocèse
Mardi 13 avril : de Washington le souverain universel vous parle ; de retour dans son pays, à peine l’avion posé et lui ayant pris pied sur le tarmac, il se précipite dans les studios de CBS, pour informer sa lointaine servitude européenne, de sa présence sur le sol de sa prédilection. Car ici il est chez lui ; ici il règne, parmi 47 chefs d’Etat, ailleurs il ne fait que présider.
Car de la capitale du pays le plus puissant du monde, c’est bien aux Français qu’il s’adresse ; une tribune enfin à sa hauteur ; d’ailleurs il ne manque pas de faire remontrance à son vassal Barak : Ne rêvons pas ! Un monde sans arme nucléaire ? En tout cas, moi régnant, jamais ! Et puis, se souvenant probablement de Bill offrant à son peuple le récit de ses amours illégitimes, il s’étend sur ceux qu’il entretient avec Carla, et sur la rumeur dont il disait naguère qu’elle ne méritait même pas la moindre seconde de son attention : qu’elle est insignifiante, signe des temps modernes, en tout cas infondée. (Sources : CBS.com, Europe 1, Libération …)
Se présentera-t-il aux élections en 2012 ? Il répond volontiers ; il le fera savoir au cours de l’été ou au début de l’automne 2011 ; en attendant il a bien d’autres chats à fouetter, et d’abord celui de la sécurité du monde ; voyez l’Iran, vous ne pensez pas que c’est un peu comme l’écologie, que ça commence à bien faire ?
La presse, toujours malintentionnée, fait remarquer que Chirac comme Mitterrand, et mieux encore le Général, n’évoquaient jamais les questions de politique intérieure et moins encore de vie privée, lors d’un déplacement à l’étranger. Mais quelle erreur d’interprétation ! N’est-il pas évident que si la France est sa paroisse, le monde est son diocèse ?
Car de la capitale du pays le plus puissant du monde, c’est bien aux Français qu’il s’adresse ; une tribune enfin à sa hauteur ; d’ailleurs il ne manque pas de faire remontrance à son vassal Barak : Ne rêvons pas ! Un monde sans arme nucléaire ? En tout cas, moi régnant, jamais ! Et puis, se souvenant probablement de Bill offrant à son peuple le récit de ses amours illégitimes, il s’étend sur ceux qu’il entretient avec Carla, et sur la rumeur dont il disait naguère qu’elle ne méritait même pas la moindre seconde de son attention : qu’elle est insignifiante, signe des temps modernes, en tout cas infondée. (Sources : CBS.com, Europe 1, Libération …)
Se présentera-t-il aux élections en 2012 ? Il répond volontiers ; il le fera savoir au cours de l’été ou au début de l’automne 2011 ; en attendant il a bien d’autres chats à fouetter, et d’abord celui de la sécurité du monde ; voyez l’Iran, vous ne pensez pas que c’est un peu comme l’écologie, que ça commence à bien faire ?
La presse, toujours malintentionnée, fait remarquer que Chirac comme Mitterrand, et mieux encore le Général, n’évoquaient jamais les questions de politique intérieure et moins encore de vie privée, lors d’un déplacement à l’étranger. Mais quelle erreur d’interprétation ! N’est-il pas évident que si la France est sa paroisse, le monde est son diocèse ?
lundi 12 avril 2010
Au jour le jour/ Lundi 12 avril / La force qui va
Lundi 12 avril : le souverain semble n’avoir qu’un mot à la bouche : « Vite, vite ! » ; il lui faut des résultats tout de suite. Alors autour de lui on s’empresse, on se presse, on se hâte, on galope. Parfois ça marche, parfois ça ne marche pas ; avec Carla ce fut le coup de foudre et la conclusion ne se fit pas attendre ; avec Jean le fils ; il fallut rétropédaler ; avec la taxe carbone itou ; avec la burqa, tiens on n’en parle plus ; avec les superbonus des superbanquiers, pareil. Mais comme une annonce s’enchaîne avec la précédente, quitte à se rouler dans la contradiction, le bon peuple se focalise sur la dernière trouvaille du matin, et on oublie les précédentes.
Il n’a peut-être pas lu La Princesse de Clèves, mais il trouve ailleurs son inspiration, à son insu peut-être, mais son mérite n’en serait que plus grand. C’est le Victor Hugo de la Légende des siècles : « Quand on est jeune on a des matins triomphants » ; et aussi d’Hernani : « Intelligent qui court droit au but qu’il rêva. / Détrompe-toi, je suis une force qui va » ; tout en instinct, l’homme ; il est jeune, il est du matin, il se veut triomphant, il ne réfléchit pas, il fonce.
Alors ses gens s’évertuent et s’essoufflent à l’imiter ; c’est Charon qui s’empresse à désigner Rachida comme responsable de la rumeur ; c’est Guéant qui emboîte le pas mais le lendemain se rétracte : « La vérité d’aujourd’hui n’est pas nécessairement celle d’hier » ; c’est Boutefeux qui s’enflamme après le drame de Grenoble, rend visite au blessé, désigne les responsables (on a chez les sarkosyens la manie du coupable) avant toute enquête, promet le châtiment et bien sûr une nouvelle loi !
Et puis aujourd’hui, rebelote ; on ouvre les négociations sur les retraites ; le Conseil d’orientation des retraites ne remettra son rapport que dans quelques jours, mais qu’est-ce qu’on en a à f… ; l’essentiel c’est la concertation ; mais il faut surtout faire vite, en deux mois tout doit être plié ; alors Eric la finance dit le calendrier, dit les enjeux, dit les hypothèses. Alors à quoi pouvait-il s’attendre, si ce n’est que les syndicats (sauf le Medef) disent unanimement « Niet » ? Bref, ça commence bien.
Oublions Raymond Barre : « Il faut donner du temps au temps » ; négligeons la sagesse populaire : « Doucement, doucement, je suis pressé » ; et surtout ne consultons pas Carla, car elle le sait bien : « Chi va piano va sano, e va lontano » ; et puis, tant qu’à faire, chantons l’Internationale : « Du passé faisons table rase ».
Il n’a peut-être pas lu La Princesse de Clèves, mais il trouve ailleurs son inspiration, à son insu peut-être, mais son mérite n’en serait que plus grand. C’est le Victor Hugo de la Légende des siècles : « Quand on est jeune on a des matins triomphants » ; et aussi d’Hernani : « Intelligent qui court droit au but qu’il rêva. / Détrompe-toi, je suis une force qui va » ; tout en instinct, l’homme ; il est jeune, il est du matin, il se veut triomphant, il ne réfléchit pas, il fonce.
Alors ses gens s’évertuent et s’essoufflent à l’imiter ; c’est Charon qui s’empresse à désigner Rachida comme responsable de la rumeur ; c’est Guéant qui emboîte le pas mais le lendemain se rétracte : « La vérité d’aujourd’hui n’est pas nécessairement celle d’hier » ; c’est Boutefeux qui s’enflamme après le drame de Grenoble, rend visite au blessé, désigne les responsables (on a chez les sarkosyens la manie du coupable) avant toute enquête, promet le châtiment et bien sûr une nouvelle loi !
Et puis aujourd’hui, rebelote ; on ouvre les négociations sur les retraites ; le Conseil d’orientation des retraites ne remettra son rapport que dans quelques jours, mais qu’est-ce qu’on en a à f… ; l’essentiel c’est la concertation ; mais il faut surtout faire vite, en deux mois tout doit être plié ; alors Eric la finance dit le calendrier, dit les enjeux, dit les hypothèses. Alors à quoi pouvait-il s’attendre, si ce n’est que les syndicats (sauf le Medef) disent unanimement « Niet » ? Bref, ça commence bien.
Oublions Raymond Barre : « Il faut donner du temps au temps » ; négligeons la sagesse populaire : « Doucement, doucement, je suis pressé » ; et surtout ne consultons pas Carla, car elle le sait bien : « Chi va piano va sano, e va lontano » ; et puis, tant qu’à faire, chantons l’Internationale : « Du passé faisons table rase ».
dimanche 11 avril 2010
Au jour le jour/ Dimanche 11 avril / Tant va la cruche à l'eau ...
Dimanche 11 avril : pour la première fois ils ont dévissé tous les deux, roulés dans l’avalanche, abîmés par un nouveau cyclone, tels les damnés dans l’Enfer de Dante, emportés par une tempête tourbillonnante qui jamais ne s’arrête : lui à 31% au plus bas de sa côte, et son premier collaborateur, qui habituellement caracolait insolemment autour de 50 %, chu à 39 (Sondage Opinion Way).
C’est vrai, ce qui était anormal, c’était l’écart ; on est revenu à une situation plus compréhensible ; mais on aurait pu penser que l’alignement se serait fait vers le haut. Car nombreuses sont les raisons qui auraient dû pousser à ce retour d’opinions favorables. Et d’abord, cette rumeur qui l’accable ; quel scandale, quel acharnement médiatique, quel manque de respect pour la vie privée ! C’est vraiment faire preuve de peu de discernement que de l’en rendre responsable. Et puis il en a fait des gestes d’apaisement : sur la taxe carbone, maintenant sur la fiscalité, sur les réformes même puisqu’il a annoncé une pause, rendant injustes et injustifiées les critiques du Duc d’Aquitaine.
Et tous ces actes de violence, à l’école, dans la rue, dans les stades, dans les prisons ; lui au moins il s’est dévoué corps et âme à les contenir, au karcher, aux lois à la mitraillette, aux menaces de sévérité accrue ; car qui a dit « Tolérance zéro ! » ? C’est bien lui et pas Le Pen.
Oui, mais le peuple est ingrat ; il préfère accorder ses faveurs à ses ennemis et ses détracteurs ; à moins que pour une fois il n’ait plus la mémoire courte ; et comme le dit la sagesse proverbiale : Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise.
C’est vrai, ce qui était anormal, c’était l’écart ; on est revenu à une situation plus compréhensible ; mais on aurait pu penser que l’alignement se serait fait vers le haut. Car nombreuses sont les raisons qui auraient dû pousser à ce retour d’opinions favorables. Et d’abord, cette rumeur qui l’accable ; quel scandale, quel acharnement médiatique, quel manque de respect pour la vie privée ! C’est vraiment faire preuve de peu de discernement que de l’en rendre responsable. Et puis il en a fait des gestes d’apaisement : sur la taxe carbone, maintenant sur la fiscalité, sur les réformes même puisqu’il a annoncé une pause, rendant injustes et injustifiées les critiques du Duc d’Aquitaine.
Et tous ces actes de violence, à l’école, dans la rue, dans les stades, dans les prisons ; lui au moins il s’est dévoué corps et âme à les contenir, au karcher, aux lois à la mitraillette, aux menaces de sévérité accrue ; car qui a dit « Tolérance zéro ! » ? C’est bien lui et pas Le Pen.
Oui, mais le peuple est ingrat ; il préfère accorder ses faveurs à ses ennemis et ses détracteurs ; à moins que pour une fois il n’ait plus la mémoire courte ; et comme le dit la sagesse proverbiale : Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise.
samedi 10 avril 2010
Au jour le jour/ Samedi 10 avril / "Si", "Sauf si", "Même si"
Samedi 10 avril : Devinette : un loup et un renard sont sortis du bois ; qui sont-ils ? Ils sont venus parler de 2012 ; l’un a dit « sauf si », l’autre a dit « si » ; le loup a dit qu’il ne se représenterait pas en 2012, « sauf si » il y avait des élections anticipées ; of course, si elles sont anticipées ce ne sera pas en 2012. Vous l’avez reconnu c’est JMLP. L’autre a dit qu’il se présenterait en 2012 « si » l’actuel souverain ne se représentait pas, pas comme Villepin qui se présentera, « même si ». Gagné, c’est bien AJ, toujours droit dans ses bottes, et comme il le dit (Le Monde 11/12 avril) pas mou dans ses basketts.
On se croirait revenu à l’époque giscardienne des « oui mais », « oui si », et des cactus. Car du cactus il y en a, dans l’interview accordée par AJ au journal Le Monde ; sur le ton persifleur : « On est passé de la sarkofolie à la sarkophobie », et « C’est une question de style » (façon de dire que lui, agrégé de lettres, a lu Les pensées de Pascal et qu’il sait qui a dit : « Le style c’est l’homme » ; sur le ton agacé : « La rupture je n’y ai jamais cru », façon aussi de suggérer qu’il n’a jamais cru au rupteur ; sur le ton magistral : il faut réformer la réforme, fiscalité, partage des richesses, fiscalité verte, lutte contre la pauvreté, retraites, collectivités, il dit ce qu’il fera(it) et vraiment c’est pas pareil qu’en sarkosye. Cet ancien premier ministre ne dit pas un mot de l’actuel qu’il considère donc comme le pion négligeable.
Et puis surprise, à une question sur sa fréquentation de Rocard lors de la préparation du rapport sur la fiscalité verte : « Si je ne suis pas de gauche, c’est que du temps de ma jeunesse universitaire, je ne supportais pas l’arrogance des intellectuels de gauche ». Comprenne qui voudra …
Car l’arrogance a changé de camp, elle a envahi la droite ; et on ne peut pas dire qu’elle soit le fait des intellectuels ; il suffit d’écouter la creuse phraséologie des porte-parole du MP et du gouvernement ; « Vanitas vanitatum » dit L’Ecclésiaste et aimait à répéter Bossuet.
On se croirait revenu à l’époque giscardienne des « oui mais », « oui si », et des cactus. Car du cactus il y en a, dans l’interview accordée par AJ au journal Le Monde ; sur le ton persifleur : « On est passé de la sarkofolie à la sarkophobie », et « C’est une question de style » (façon de dire que lui, agrégé de lettres, a lu Les pensées de Pascal et qu’il sait qui a dit : « Le style c’est l’homme » ; sur le ton agacé : « La rupture je n’y ai jamais cru », façon aussi de suggérer qu’il n’a jamais cru au rupteur ; sur le ton magistral : il faut réformer la réforme, fiscalité, partage des richesses, fiscalité verte, lutte contre la pauvreté, retraites, collectivités, il dit ce qu’il fera(it) et vraiment c’est pas pareil qu’en sarkosye. Cet ancien premier ministre ne dit pas un mot de l’actuel qu’il considère donc comme le pion négligeable.
Et puis surprise, à une question sur sa fréquentation de Rocard lors de la préparation du rapport sur la fiscalité verte : « Si je ne suis pas de gauche, c’est que du temps de ma jeunesse universitaire, je ne supportais pas l’arrogance des intellectuels de gauche ». Comprenne qui voudra …
Car l’arrogance a changé de camp, elle a envahi la droite ; et on ne peut pas dire qu’elle soit le fait des intellectuels ; il suffit d’écouter la creuse phraséologie des porte-parole du MP et du gouvernement ; « Vanitas vanitatum » dit L’Ecclésiaste et aimait à répéter Bossuet.
vendredi 9 avril 2010
Au jour le jour / Vendredi 9 avril / La clef du songe
Vendredi 9 avril : « je ne me représenterai devant les Français en 2012 que si je peux leur offrir un nouveau rêve » aurait dit à Noël le souverain ( Le Monde, samedi 10 avril) ; on ne convoquera pas Sigmund Freud pour l’interprétation du rêve, non plus Martin Luther King pour apprécier ce rival dans l’histoire ; simplement on va tenter de percer quelques possibles significations de cette phrase sibylline.
Elémentairement d’abord : si c’est un nouveau c’est qu’il y a eu un ancien, et que ce n’est pas le même ; l’ancien, on peut le supposer, c’est « du travail, des sous, pas d’impôt, du merveilleux, vous allez voir » ; moi, quand en 2007 mon voisin Umpiste me disait : « ça c’est un beau projet », je lui répondais « Mais tu rêves ! » ; finalement j’étais sarkosyste malgré moi.
Ensuite : il est bien vrai que selon Calderon La vie est un songe, mais quand ce songe se transforme en cauchemar, on a bientôt envie de retomber les pieds sur terre, passer de l’état de sommeil à celui de veille, et pouvoir dire à ce maître de Morphée « Tu nous endors » et « Faut pas rêver ». Alors du rêve à la Sarko, merci, on a reçu …
Mais ne fais-je pas fausse route ? Ce rêve ne serait-ce pas le sien, celui qu’il caressait pas seulement en se rasant, mais dans ses sommes les plus fous ? « Proposer mon nouveau rêve » donc. Mais à quoi donc peut rêver un souverain, chu dans l’abîme des sondages, démenti par les faits, champion hors concours des fausses routes, rattrapé par la rumeur ?
Si j’étais lui, je laisserais à Martine, ou à François, ou à Alain, les clés des songes, je prendrais ma Carla sous le bras, et j’irais écarquiller mes doigts de pieds au soleil ; à moins que cela aussi ne soit qu’un songe, le songe shakespearien d’une nuit d’été.
Elémentairement d’abord : si c’est un nouveau c’est qu’il y a eu un ancien, et que ce n’est pas le même ; l’ancien, on peut le supposer, c’est « du travail, des sous, pas d’impôt, du merveilleux, vous allez voir » ; moi, quand en 2007 mon voisin Umpiste me disait : « ça c’est un beau projet », je lui répondais « Mais tu rêves ! » ; finalement j’étais sarkosyste malgré moi.
Ensuite : il est bien vrai que selon Calderon La vie est un songe, mais quand ce songe se transforme en cauchemar, on a bientôt envie de retomber les pieds sur terre, passer de l’état de sommeil à celui de veille, et pouvoir dire à ce maître de Morphée « Tu nous endors » et « Faut pas rêver ». Alors du rêve à la Sarko, merci, on a reçu …
Mais ne fais-je pas fausse route ? Ce rêve ne serait-ce pas le sien, celui qu’il caressait pas seulement en se rasant, mais dans ses sommes les plus fous ? « Proposer mon nouveau rêve » donc. Mais à quoi donc peut rêver un souverain, chu dans l’abîme des sondages, démenti par les faits, champion hors concours des fausses routes, rattrapé par la rumeur ?
Si j’étais lui, je laisserais à Martine, ou à François, ou à Alain, les clés des songes, je prendrais ma Carla sous le bras, et j’irais écarquiller mes doigts de pieds au soleil ; à moins que cela aussi ne soit qu’un songe, le songe shakespearien d’une nuit d’été.
jeudi 8 avril 2010
Au jour le jour/ Jeudi 8 avril / Eloge de la réforme
Jeudi 8 avril : jamais contents les parents d’élèves ; le ministre de l’éducation nationale vient de faire connaître les décisions qu’il compte prendre pour conjurer la violence à l’école ; avec une rapidité de décision extraordinaire ; les Etats Généraux sur la violence en milieu scolaire venaient à peine de se terminer qu’il savait déjà ce qu’il fallait et ce qu’il allait faire ; et eux ils ne sont pas contents ils disent que la montagne vient d’accoucher d’une souris.
On ne comprend pas : le ministre considère ce problème comme fondamental ; il sait que nombre de mesures prises par ses prédécesseurs sont restées sans effet ; il convoque les meilleurs spécialistes de la question et les réunit en Etats Généraux ; il confie la présidence du Conseil scientifique à un universitaire bordelais, président de l’observatoire international de la violence scolaire ; il écoute les scientifiques et sur les propositions émises, il en retient une poignée ; de quoi se plaint-on ? Peut-on imaginer une démarche plus rigoureuse ?
C’est que les choses sont moins simples, et les dés étaient parfaitement pipés ; Luc de l’Oréal avait par lettre de mission du 19 novembre 2009, demandé à Alain Bauer, Président du Conseil d’orientation de l’Observatoire national de la délinquance, un rapport sur le sujet ; lequel rapport lui a été remis en mars 2010 ; cette lettre de mission restreignit l’étude au rôle des parents et aux sanctions. (On pourra lire la lettre de mission, ainsi que le rapport dans leparisien.fr)
C’est aussi que s’agissant de la violence en milieu scolaire, les scientifiques ont admis que tout ou presque avait été essayé et que rien ou presque n’avait marché ; que faire alors ? Poursuivre dans une voie sans issue, ou chercher un autre chemin ?
Au risque d’une redite, nous reprendrons les analyses que nous proposions mardi dernier. La violence dont ici on parle n’est qu’une des manifestations, à côté du décrochage, de la phobie, de l’absentéisme, du désintérêt, de ce grave phénomène récent, lié entre autres à la « démocratisation « de l’enseignement, qu’est le « refus scolaire ». Les origines de ce mal sont assurément complexes mais on peut sans grand risque d’erreur en repérer deux : l’école n’est plus désirée, et ce défaut d’attrait découle d’un défaut d’égalité réelle ; désir d’école, égalité de résultat : voici des pistes où chercher un nouveau projet, un nouveau paradigme pour l’école.
Réforme de l’entendement humain, selon Spinoza, Discours de la Méthode selon Descartes, Essai sur l’entendement humain selon John Locke, Réforme de la pensée selon Edgar Morin ; la « réforme » si chère au souverain et à sa cour, la vraie, elle concerne les « fondamentaux », non les épiphénomènes.
mercredi 7 avril 2010
Au jour le jour / Mercredi 7 février / Qui se sert de l'épée ...
Mercredi 7 avril : « Il faut que la peur change de camp » affirma Pierre Charon, le conseiller du souverain en matière de communication. Il parlait, penserez-vous logiquement, qu’il s’agit de la sécurité intérieure, de la lutte contre les violences, qui gangrènent notre vie civique, et pour quoi le souverain vient justement, dit la presse, de reprendre la main (comme s’il l’avait perdue, ou si Boutefeux avait pêché par indolence).
Non, non ; Charon parlait de la rumeur. Changer de camp, la peur ? Dans quel camp donc était-elle ? On avait donc peur à l’Elysée ? Peur de qui ? Peur de quoi ? Peur depuis quand ? Et quel serait cet autre camp ? Charon a d’abord désigné Rachida (Source Le Monde 8 avril), laquelle s’est à sa façon revêche rebiffée comme une harpie, rôle où, on le reconnaîtra elle ne manque pas de talent ; puis il a évoqué le complot, là aussi ça a fait « Pschitt ! » ; alors on a ordonné une enquête confiée au contre-espionnage (la DCRI) ; attendons, donc.
Mais voilà, ce soir sur Europe 1, Carla elle-même vient un peu plus brouiller les cartes ; mais non, mais non ; ne nous excitons pas, c’est une affaire sans importance ; Charon est un homme passionné que l’amitié a emporté ; Rachida est et reste notre amie ; il n’y a pas de complot ; et d’ailleurs cette information sur une enquête officielle est absolument infondée, il n’y a pas d’enquête.
Aussitôt les journalistes ont interrogé Le Monde qui en parle longuement (page 10 : « Le contre-espionnage a été saisi par l’Elysée …) dans son édition de demain ; lequel a confirmé ses dires et donc infirme ceux de Carla.
On va donc imaginer les scénarios pour ce soir ; soit il y a une explication de gravures chez les Sarko, et alors, comme on connaît le monsieur, ça peut flamber ; soit elle ment, mais pour cacher quelle vérité ? En tout cas il faudrait relire les Evangiles et méditer cet aphorisme de Jésus : « Qui se sert de l’épée périra par l’épée » ; on l’a compris, l’épée ici, c’est le people.
Non, non ; Charon parlait de la rumeur. Changer de camp, la peur ? Dans quel camp donc était-elle ? On avait donc peur à l’Elysée ? Peur de qui ? Peur de quoi ? Peur depuis quand ? Et quel serait cet autre camp ? Charon a d’abord désigné Rachida (Source Le Monde 8 avril), laquelle s’est à sa façon revêche rebiffée comme une harpie, rôle où, on le reconnaîtra elle ne manque pas de talent ; puis il a évoqué le complot, là aussi ça a fait « Pschitt ! » ; alors on a ordonné une enquête confiée au contre-espionnage (la DCRI) ; attendons, donc.
Mais voilà, ce soir sur Europe 1, Carla elle-même vient un peu plus brouiller les cartes ; mais non, mais non ; ne nous excitons pas, c’est une affaire sans importance ; Charon est un homme passionné que l’amitié a emporté ; Rachida est et reste notre amie ; il n’y a pas de complot ; et d’ailleurs cette information sur une enquête officielle est absolument infondée, il n’y a pas d’enquête.
Aussitôt les journalistes ont interrogé Le Monde qui en parle longuement (page 10 : « Le contre-espionnage a été saisi par l’Elysée …) dans son édition de demain ; lequel a confirmé ses dires et donc infirme ceux de Carla.
On va donc imaginer les scénarios pour ce soir ; soit il y a une explication de gravures chez les Sarko, et alors, comme on connaît le monsieur, ça peut flamber ; soit elle ment, mais pour cacher quelle vérité ? En tout cas il faudrait relire les Evangiles et méditer cet aphorisme de Jésus : « Qui se sert de l’épée périra par l’épée » ; on l’a compris, l’épée ici, c’est le people.
mardi 6 avril 2010
Au jour le jour / Mardi 6 avril / De quoi parle-t-on ?
Mardi 6 avril : il ne faudrait pas que la rumeur, dont les démentis en cascade enflent le cours, que ce soit celui de Rachida qui dit « Pas moi, pas moi ! » (Voir La Dépêche du Midi de ce jour), ou ceux des voisins soupçonnés, selon l’avocat du plaignant, de manigance financière afin d’affaiblir notre souverain lors des grandes messes à venir, et notamment du G20 ; il ne faudrait pas donc que toutes ces rumeurs sur la rumeur, où manifestement nombreux sont ceux qui s’y complaisent, viennent occulter quelques problèmes dont l’actualité est brûlante.
Il y a bien sûr la question de l’égalité (rappelons que Condorcet disserta longuement sur le sujet, notamment en distinguant l’égalité formelle et l’égalité réelle) dont les ramifications aujourd’hui se retrouvent dans la fiscalité et les retraites ; il y a aussi l’école, sujet auquel Le Monde de demain consacre un dossier ; l’école dont le développement est le symbole et le creuset de la République ; l’école en proie à des mouvements délétères, à des critiques sévères de la part de usagers, à des tensions internes, à un désamour des gouvernants.
Désamour manifeste puisque 2010/2011 sera en France l’année de l’augmentation du nombre d’élèves et de la diminution du nombre d’enseignants, alors même que le taux réel d’encadrement est inférieur à la moyenne dans l’OCDE. Et il y a fort à parier que deux thèmes vont polariser les débats : la réduction des effectifs, de la part des syndicats, la violence de la part du ministère. Soit !
Mais que dira-t-on de l’égalité ; non pas du thème éculé de l’égalité des chances, mais de l’égalité de résultat ? Que dira-t-on du désir d’école pour les élèves, quand les taux de refus scolaire et de décrochage flambent, et quand on persiste à punir les élèves difficiles en les excluant quand ils ne souhaitent pas autre chose ? Que dira-t-on, de la professionnalité des enseignants alors qu’on supprime leur formation professionnelle sous couvert de « mastérisation » ? En deux mots, qui osera réviser les deux notions clés du fonctionnement de l’école : métier de prof., métier d’élève ; quel est le travail de l’un, quel est le travail de l’autre ?
Non, il vaut mieux amuser le peuple avec la rumeur, puis avec la rumeur sur la rumeur, qui à l’infini s’autoalimente ; pendant ce temps la vie privée occulte la vie civique ; le people a toujours raison.
Il y a bien sûr la question de l’égalité (rappelons que Condorcet disserta longuement sur le sujet, notamment en distinguant l’égalité formelle et l’égalité réelle) dont les ramifications aujourd’hui se retrouvent dans la fiscalité et les retraites ; il y a aussi l’école, sujet auquel Le Monde de demain consacre un dossier ; l’école dont le développement est le symbole et le creuset de la République ; l’école en proie à des mouvements délétères, à des critiques sévères de la part de usagers, à des tensions internes, à un désamour des gouvernants.
Désamour manifeste puisque 2010/2011 sera en France l’année de l’augmentation du nombre d’élèves et de la diminution du nombre d’enseignants, alors même que le taux réel d’encadrement est inférieur à la moyenne dans l’OCDE. Et il y a fort à parier que deux thèmes vont polariser les débats : la réduction des effectifs, de la part des syndicats, la violence de la part du ministère. Soit !
Mais que dira-t-on de l’égalité ; non pas du thème éculé de l’égalité des chances, mais de l’égalité de résultat ? Que dira-t-on du désir d’école pour les élèves, quand les taux de refus scolaire et de décrochage flambent, et quand on persiste à punir les élèves difficiles en les excluant quand ils ne souhaitent pas autre chose ? Que dira-t-on, de la professionnalité des enseignants alors qu’on supprime leur formation professionnelle sous couvert de « mastérisation » ? En deux mots, qui osera réviser les deux notions clés du fonctionnement de l’école : métier de prof., métier d’élève ; quel est le travail de l’un, quel est le travail de l’autre ?
Non, il vaut mieux amuser le peuple avec la rumeur, puis avec la rumeur sur la rumeur, qui à l’infini s’autoalimente ; pendant ce temps la vie privée occulte la vie civique ; le people a toujours raison.
lundi 5 avril 2010
Au jour le jour/ Lundi 5 avril / Solidarité, que de crimes ...
Lundi 5 avril : on croyait la question définitivement réglée par le souverain : « Je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts » ; manifestement, son secrétaire d’Etat aux transports, Conseiller municipal de Saint Georges de Didonne, Président du Conseil général de Charente maritime, rival malheureux de Ségolène lors de l’épopée régionale, Dominique Bussereau, donc, ne l’entend pas de cette oreille : il augmentera de 6% les impôts départementaux pour cause de Xynthia et raison de solidarité.
On avait entendu la cohorte de ministres UMP, tous défaits aux régionales, agiter le chiffon rouge de la gauche dépensière toujours empressée d’augmenter les impôts ; mais dira-t-on c’était avant les élections, maintenant foin de la polémique et de l’idéologie, il faut réparer les dégâts ; Solidarité, voici un mot qui sonne clair ; on ne manque pas de le brandir comme un oriflamme. Et ça marche ; qui pourrait être contre ? Qui serait assez égoïste pour ne pas secourir son voisin ?
Et bien si, il y en a ; et qui ne manquent pas de logique. D’abord ceux qui estiment que comme pour les tempêtes des années précédentes, la solidarité devrait être avant une solidarité d’Etat et se développer dans le cadre des catastrophes naturelles ; et puis il y a ceux qui refusent la globalisation et font une analyse plus fine ; car qui sont – majoritairement - les victimes ? Des résidants secondaires, qui ont de surcroît souvent obtenu des passe-droits pour construire en zone non constructible.
Et alors ? Selon cette analyse, la grande majorité des résidants principaux serait taxée au bénéfice d’une minorité favorisée, dont l’essentiel du patrimoine immobilier, situé hors du département ne serait pas taxé. Finalement Dominique Bussereau l’entend bien de la même oreille que le souverain : faire payer les pauvres pour en dispenser les riches ; car comme disait Coluche, puisqu’ils sont plus nombreux, ça rapportera automatiquement davantage.
On savait qu’il existait le rat des villes et aussi le rat des champs ; on découvre maintenant, à côté du Robin des bois qui dépouille les riches pour donner aux pauvres, le Robin des villes qui prend aux pauvres pour donner aux riches.
On avait entendu la cohorte de ministres UMP, tous défaits aux régionales, agiter le chiffon rouge de la gauche dépensière toujours empressée d’augmenter les impôts ; mais dira-t-on c’était avant les élections, maintenant foin de la polémique et de l’idéologie, il faut réparer les dégâts ; Solidarité, voici un mot qui sonne clair ; on ne manque pas de le brandir comme un oriflamme. Et ça marche ; qui pourrait être contre ? Qui serait assez égoïste pour ne pas secourir son voisin ?
Et bien si, il y en a ; et qui ne manquent pas de logique. D’abord ceux qui estiment que comme pour les tempêtes des années précédentes, la solidarité devrait être avant une solidarité d’Etat et se développer dans le cadre des catastrophes naturelles ; et puis il y a ceux qui refusent la globalisation et font une analyse plus fine ; car qui sont – majoritairement - les victimes ? Des résidants secondaires, qui ont de surcroît souvent obtenu des passe-droits pour construire en zone non constructible.
Et alors ? Selon cette analyse, la grande majorité des résidants principaux serait taxée au bénéfice d’une minorité favorisée, dont l’essentiel du patrimoine immobilier, situé hors du département ne serait pas taxé. Finalement Dominique Bussereau l’entend bien de la même oreille que le souverain : faire payer les pauvres pour en dispenser les riches ; car comme disait Coluche, puisqu’ils sont plus nombreux, ça rapportera automatiquement davantage.
On savait qu’il existait le rat des villes et aussi le rat des champs ; on découvre maintenant, à côté du Robin des bois qui dépouille les riches pour donner aux pauvres, le Robin des villes qui prend aux pauvres pour donner aux riches.
dimanche 4 avril 2010
Au jour le jour/ Dimanche 4 avril / La nouvelle spiritualité
Dimanche 4 avril : Benoît XVI donc a donné sa bénédiction Urbi et Orbi ; il a appelé à une nouvelle spiritualité dans le monde ; jusque là personne ne saurait lui en faire reproche : que les forces de l’esprit l’emportent sur celles de la matière et la raison sur la passion, nous sommes nombreux à le souhaiter. Cependant de quoi vit et vibre le monde aujourd’hui ? De problèmes matériels. De quoi parlera-t-on en France en ce mois d’avril ? De la réforme des retraites, dont l’examen va débuter dans quelques jours. Sur quoi s’arc-boute le souverain et s’indigne le peuple ? Le bouclier fiscal. Quel est le sujet qui préoccupe jeunes et moins jeunes ? L’emploi. Et le microcosme politique ? L’année 2012, pour laquelle, après Ségolène, chacun se précipite pour déposer sa marque : Sarkosy2012, bien sûr, mais aussi Fillon2012, Juppé2012, Copé2012, et même Cohn-Bendit2012 !
Alors, même s’il l’a exprimé dans 66 langues, sur les quelque 7.000 parlées dans le monde (225 en Europe) le message papal et pascal semble bien passer au dessus de nos têtes, il frôle les voûtes célestes où personne ne souffre de faim, de misère, de guerre et de maltraitance, de discrimination et d’inégalités, de privation de liberté …
Sauf si … Sauf si les puissants de ce monde : chefs de guerre, chefs d’Etat, chefs de finances, et toutes les cours qui autour d’eux s’agitent, subitement mettaient au fronton de toutes leurs entreprises et en moteur premier de tout ce qu’ils font, décident et organisent, réellement, ces trois principes de l’esprit et de la culture : liberté, égalité, fraternité.
Alors ce serait une vraie révolution dans le monde ; mais il n’est pas sûr que la spiritualité dont parle le pape soit celle-là.
Alors, même s’il l’a exprimé dans 66 langues, sur les quelque 7.000 parlées dans le monde (225 en Europe) le message papal et pascal semble bien passer au dessus de nos têtes, il frôle les voûtes célestes où personne ne souffre de faim, de misère, de guerre et de maltraitance, de discrimination et d’inégalités, de privation de liberté …
Sauf si … Sauf si les puissants de ce monde : chefs de guerre, chefs d’Etat, chefs de finances, et toutes les cours qui autour d’eux s’agitent, subitement mettaient au fronton de toutes leurs entreprises et en moteur premier de tout ce qu’ils font, décident et organisent, réellement, ces trois principes de l’esprit et de la culture : liberté, égalité, fraternité.
Alors ce serait une vraie révolution dans le monde ; mais il n’est pas sûr que la spiritualité dont parle le pape soit celle-là.
samedi 3 avril 2010
Au jour le jour/ samedi 4 avril / Dieu a bien besoin des hommes ...
Samedi 3 avril : Pâques ; demain le pape, du balcon de Saint-Pierre, donnera sa bénédiction Urbi et Orbi [à la Ville (Rome) et au Monde]. Les cloches dans leur envolée seront de retour. On mangera (et donc on achètera) des chocolats, poules, cloches, lapins ou poissons. Un quart des écoliers de France seront en vacances et leurs parents sur les routes. Les catholiques iront communier (fête et rite d’obligation) et les bouchers vendront des gigots d’agneau, car Pâques c’est le jour de la résurrection de l’agneau de Dieu, celui qui efface les péchés du monde (Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis).
Un vrai patchwork, Pâques ; une fête aussi complexe que le calcul (le comput) qui en fixe la date ; fête lunatique puisque fixée, depuis le concile de Nicée en 325, d’après le calendrier lunaire (à la différence de Noël), le dimanche qui suit le 14° jour du premier mois du calendrier lunaire de printemps ; profane et sacrée, religieuse et laïque, elle s’inscrit, pour les pays occidentaux du moins, dans une tradition de paix, de joie et de béatitude, après les cagoules, les croix et les lamentations du vendredi saint.
Mais voilà, Pâques 2010, c’est pas tout à fait ça ; et le calendrier social vient se mêler au calendrier lunaire. Affaires d’abus sexuels commis par des prêtres, mise en cause indirecte du cardinal devenu souverain pontife, défense dudit par un prêcheur qui compare les attaques subies à l’holocauste, projets de béatification de Pie XII et de Jean-Paul II contestés en raison des silences dits coupables de l’un et de l’autre, faiblesse physique du chef de l’Eglise, due à l’âge (83 ans) ou aux affaires… Bref c’est pas la joie, et les cloches vont sonner d’un timbre qui ne sera pas celui de l’Alléluia …
Rendez à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César, aurait dit Jésus ; mais il semble bien que César rattrape Dieu ; et que les affaires profanes pénètrent dans le monde du sacré ; je ne sais pas si les hommes ont besoin de Dieu, mais manifestement Dieu a besoin des hommes, intègres et purs si possible.
Un vrai patchwork, Pâques ; une fête aussi complexe que le calcul (le comput) qui en fixe la date ; fête lunatique puisque fixée, depuis le concile de Nicée en 325, d’après le calendrier lunaire (à la différence de Noël), le dimanche qui suit le 14° jour du premier mois du calendrier lunaire de printemps ; profane et sacrée, religieuse et laïque, elle s’inscrit, pour les pays occidentaux du moins, dans une tradition de paix, de joie et de béatitude, après les cagoules, les croix et les lamentations du vendredi saint.
Mais voilà, Pâques 2010, c’est pas tout à fait ça ; et le calendrier social vient se mêler au calendrier lunaire. Affaires d’abus sexuels commis par des prêtres, mise en cause indirecte du cardinal devenu souverain pontife, défense dudit par un prêcheur qui compare les attaques subies à l’holocauste, projets de béatification de Pie XII et de Jean-Paul II contestés en raison des silences dits coupables de l’un et de l’autre, faiblesse physique du chef de l’Eglise, due à l’âge (83 ans) ou aux affaires… Bref c’est pas la joie, et les cloches vont sonner d’un timbre qui ne sera pas celui de l’Alléluia …
Rendez à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César, aurait dit Jésus ; mais il semble bien que César rattrape Dieu ; et que les affaires profanes pénètrent dans le monde du sacré ; je ne sais pas si les hommes ont besoin de Dieu, mais manifestement Dieu a besoin des hommes, intègres et purs si possible.
Au jour le jour/ sad$
Samedi 3 avril : Pâques ; demain le pape, du balcon de Saint-Pierre, donnera sa bénédiction Urbi et Orbi (à la Ville (Rome) et au Monde. Les cloches dans leur envolée seront de retour. On mangera (et donc on achètera) des chocolats, poules, cloches ou lapins. Un quart des écoliers de France seront en vacances et leurs parents sur les routes. Les catholiques iront communier (fête et rite d’obligation) et les bouchers vendront des gigots d’agneau, car Pâques c’est le jour de la résurrection de l’agneau de Dieu, celui qui efface les péchés du monde (Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis).
Un vrai patchwork, Pâques ; une fête aussi complexe que le calcul (le comput) qui en fixe la date ; fête lunatique puisque fixée, depuis le concile de Nicée en 325, d’après le calendrier lunaire (à la différence de Noël), le dimanche qui suit le 14° jour du premier mois du calendrier lunaire de printemps ; profane et sacrée, religieuse et laïque, elle s’inscrit, pour les pays occidentaux du moins, dans une tradition de paix, de joie et de béatitude, après les cagoules, les croix et les lamentations du vendredi saint.
Mais voilà, Pâques 2010, c’est pas tout à fait ça ; et le calendrier social ne colle plus avec le calendrier lunaire. Affaires d’abus sexuels commis par des prêtres, mise en cause indirecte du cardinal devenu souverain pontife, défense dudit par un prêcheur qui compare les attaques subies à l’holocauste, projets de béatification de Pie XII et de Jean-Paul II contestés en raison des silences dits coupables de l’un et de l’autre, faiblesse physique du chef de l’Eglise, due à l’âge (83 ans) ou aux affaires… Bref c’est pas la joie, et les cloches vont sonner d’un timbre qui ne sera pas celui de l’Alléluia …
Rendez à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César, aurait dit Jésus ; mais il semble bien que César rattrape Dieu ; et que les affaires profanes pénètrent dans le monde du sacré ; je ne sais pas si les hommes ont besoin de Dieu, mais manifestement Dieu a besoin des hommes, intègres et purs si possible.
Un vrai patchwork, Pâques ; une fête aussi complexe que le calcul (le comput) qui en fixe la date ; fête lunatique puisque fixée, depuis le concile de Nicée en 325, d’après le calendrier lunaire (à la différence de Noël), le dimanche qui suit le 14° jour du premier mois du calendrier lunaire de printemps ; profane et sacrée, religieuse et laïque, elle s’inscrit, pour les pays occidentaux du moins, dans une tradition de paix, de joie et de béatitude, après les cagoules, les croix et les lamentations du vendredi saint.
Mais voilà, Pâques 2010, c’est pas tout à fait ça ; et le calendrier social ne colle plus avec le calendrier lunaire. Affaires d’abus sexuels commis par des prêtres, mise en cause indirecte du cardinal devenu souverain pontife, défense dudit par un prêcheur qui compare les attaques subies à l’holocauste, projets de béatification de Pie XII et de Jean-Paul II contestés en raison des silences dits coupables de l’un et de l’autre, faiblesse physique du chef de l’Eglise, due à l’âge (83 ans) ou aux affaires… Bref c’est pas la joie, et les cloches vont sonner d’un timbre qui ne sera pas celui de l’Alléluia …
Rendez à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César, aurait dit Jésus ; mais il semble bien que César rattrape Dieu ; et que les affaires profanes pénètrent dans le monde du sacré ; je ne sais pas si les hommes ont besoin de Dieu, mais manifestement Dieu a besoin des hommes, intègres et purs si possible.
vendredi 2 avril 2010
Au jour le jour/ Vendredi 2 avril / Inégalitarisme souverain
Vendredi 2 avril : le souverain qui hier déjeunait avec son « copain » Barak Obama dans la salle à manger privée de la Maison blanche, à peine retourné en ses terres hexagonales, aussitôt prend les problèmes des Français à bras le corps ; dans un communiqué de l’Elysée, il demande à son fidèle Boutefeux « d’intensifier les opérations coup de poing dans les cités sensibles ».
Il serait, c’est vrai, malvenu qu’il se désintéressât des violences dont sont victimes policiers, chauffeurs de bus ou plus généralement citoyens lambda. Mais lui qui si prompt s’enflamme contre les violences physiques, se montre particulièrement silencieux sur les inégalités dont elles se nourrissent.
Cependant qu’il enjoint à son ministre de faire preuve de cette violence légitime dont l’Etat se réserve le monopole, il se tait sur les deux études de l’INSEE parues le même jour, concernant les revenus des Français ; où l’on apprend que 1% de la population cumule plus de 5% des revenus, qu’à côté des salaires faramineux de certains, 14% de nos concitoyens (soir 8 millions de personnes) vivent en deçà du seuil de pauvreté (908 € par mois), que les augmentations du patrimoine des plus nantis engendrent des revenus supplémentaires, non imposables évidemment en raison du bouclier fiscal.
Personne aujourd’hui parmi les élus, parmi les économistes, parmi les démocrates, ne nie que la politique fiscale en France est des plus inégalitaires, et que contrairement à ce que certains ont voulu nous faire croire, cette inégalité ne profite en rien au développement économique, mais à la fortune privée, elle-même allomorphique puisque elle s’autoengendre et s’autodéveloppe ; non seulement gagner de l’argent en dormant, mais gagner par le travail des autres.
Ces autres, comme ceux de SODIMATEX qui devant la surdité des dirigeants ont dû quitter la table des négociations, et eux aussi « désespérés » (mais autrement que Chantal qui continue à rouler avec chauffeur et gardes du corps) et ayant déjà tout perdu, menacent de faire sauter ce qui fut leur outil de travail ; ces autres dont l’Elysée vient de dire que leur attitude est inadmissible.
Comment ne voit-il pas, le souverain, que ça va péter ? Qu’on ne peut pas répéter comme une idée fixe (idée fisc dit Plantu dans Le Monde) qu’on ne touchera pas au bouclier fiscal ? Et il faudra bien aussi répondre à cette question : qui donc protège-t-il ? Et quelle justice pourra se saisir de cette question ? Car il faut enfin qu’il sache que le souverain, ce n’est pas lui, mais le peuple.
Il serait, c’est vrai, malvenu qu’il se désintéressât des violences dont sont victimes policiers, chauffeurs de bus ou plus généralement citoyens lambda. Mais lui qui si prompt s’enflamme contre les violences physiques, se montre particulièrement silencieux sur les inégalités dont elles se nourrissent.
Cependant qu’il enjoint à son ministre de faire preuve de cette violence légitime dont l’Etat se réserve le monopole, il se tait sur les deux études de l’INSEE parues le même jour, concernant les revenus des Français ; où l’on apprend que 1% de la population cumule plus de 5% des revenus, qu’à côté des salaires faramineux de certains, 14% de nos concitoyens (soir 8 millions de personnes) vivent en deçà du seuil de pauvreté (908 € par mois), que les augmentations du patrimoine des plus nantis engendrent des revenus supplémentaires, non imposables évidemment en raison du bouclier fiscal.
Personne aujourd’hui parmi les élus, parmi les économistes, parmi les démocrates, ne nie que la politique fiscale en France est des plus inégalitaires, et que contrairement à ce que certains ont voulu nous faire croire, cette inégalité ne profite en rien au développement économique, mais à la fortune privée, elle-même allomorphique puisque elle s’autoengendre et s’autodéveloppe ; non seulement gagner de l’argent en dormant, mais gagner par le travail des autres.
Ces autres, comme ceux de SODIMATEX qui devant la surdité des dirigeants ont dû quitter la table des négociations, et eux aussi « désespérés » (mais autrement que Chantal qui continue à rouler avec chauffeur et gardes du corps) et ayant déjà tout perdu, menacent de faire sauter ce qui fut leur outil de travail ; ces autres dont l’Elysée vient de dire que leur attitude est inadmissible.
Comment ne voit-il pas, le souverain, que ça va péter ? Qu’on ne peut pas répéter comme une idée fixe (idée fisc dit Plantu dans Le Monde) qu’on ne touchera pas au bouclier fiscal ? Et il faudra bien aussi répondre à cette question : qui donc protège-t-il ? Et quelle justice pourra se saisir de cette question ? Car il faut enfin qu’il sache que le souverain, ce n’est pas lui, mais le peuple.
jeudi 1 avril 2010
Au jour le jour/ Jeudi 1er avril / Appellation contrôlée
Jeudi 1er avril : non, ce n’est pas un poisson d’avril, ça c’est passé le 15 janvier, même si Le Figaro le révèle aujourd’hui : Ségolène a déposé à l’INPI (Institut national de la propriété industrielle, dépositaire des marques), pour le compte de Désirs d’avenir, des marques qui lui sont, pense-t-elle, propres : Ordre juste, Université populaire, Université populaire participative … et quelques autres.
Conséquence, personne ne peut utiliser à son bénéfice ces marques déposées ; si par exemple, vous dites « Ordre juste », ça passe, encore qu’il vaudrait mieux dire : " Ainsi que s’exprime Ségolène …" ; mais si vous intitulez un produit commercial (par exemple un livre ou un article de revue, on une savonnette …) « Ordre juste », vous êtes dans l’illégalité.
On rétorquera que ce sont les marques commerciales et non les idées qui sont déposables et conséquemment protégées, mais quand de telle ou telle idée ou expression on fait son fonds de commerce, alors on voit que la frontière est mince entre l’idée et le produit commercial. En somme ça dit bien ce que ça veut dire, en politique les idées ça se vend comme des savonnettes.
La preuve : déposée ou pas, la marque « Bouclier fiscal » est réputée appartenir au souverain, tout comme le slogan « Travailler plus … », ou encore ces mots si justes « Je vais nettoyer ça au karcher » ou « Casse-toi pov’ c. », ou si tendres « Carla et moi c’est du sérieux », ou si définitifs « Pas de burqa sur notre territoire ».
En fait, celles-là, point n’est besoin de les déposer, d’abord parce que ces marques de fabrique sont manifestement signées, ensuite et surtout parce que personne n’a envie de les lui dérober ; il peut dormir sur ses deux oreilles.
Conséquence, personne ne peut utiliser à son bénéfice ces marques déposées ; si par exemple, vous dites « Ordre juste », ça passe, encore qu’il vaudrait mieux dire : " Ainsi que s’exprime Ségolène …" ; mais si vous intitulez un produit commercial (par exemple un livre ou un article de revue, on une savonnette …) « Ordre juste », vous êtes dans l’illégalité.
On rétorquera que ce sont les marques commerciales et non les idées qui sont déposables et conséquemment protégées, mais quand de telle ou telle idée ou expression on fait son fonds de commerce, alors on voit que la frontière est mince entre l’idée et le produit commercial. En somme ça dit bien ce que ça veut dire, en politique les idées ça se vend comme des savonnettes.
La preuve : déposée ou pas, la marque « Bouclier fiscal » est réputée appartenir au souverain, tout comme le slogan « Travailler plus … », ou encore ces mots si justes « Je vais nettoyer ça au karcher » ou « Casse-toi pov’ c. », ou si tendres « Carla et moi c’est du sérieux », ou si définitifs « Pas de burqa sur notre territoire ».
En fait, celles-là, point n’est besoin de les déposer, d’abord parce que ces marques de fabrique sont manifestement signées, ensuite et surtout parce que personne n’a envie de les lui dérober ; il peut dormir sur ses deux oreilles.
mercredi 31 mars 2010
Au jour le jour/ Mercredi 31 mars / Le style c'est l'homme
Mercredi 31 mars : « le style c’est l’homme » et là tout est dans le geste ; le geste est ample, tour à tour menaçant, familier, didactique, étonné, compatissant, mais toujours immodeste et souverain ; ici on félicite Obama pour l’assurance santé aux States, non sans faire remarquer que nous, on l’a fait il y a 50 ans (en réalité c’est plus de 60, mais passons, on le mettra au compte, malgré tout d’un zeste de modestie) ; certes on ne montre plus ses Rolex, mais on passe la main dans le dos de l’ami Barak et on se fait complaisamment filmer, Carla caressant le dos de Chouchou ; puis on condamne vivement les attentats en Russie (les islamistes kamikazes caucasiens seront bien avisés désormais de faire profil bas ; merci Sarko, dira Poutine) ; on tance XD, XB, Chantal et Rachida ; l’essentiel, geste à l’appui, est d’occuper le devant de la scène.
Rachida, ai-je dit ? Mais oui, il vient de la punir ; elle aurait tenu des propos déplaisants au premier soir des régionales ; alors au premier tour de manivelle la machine à rancœur a démarré : on lui a aussitôt supprimé la 607 de fonction dont elle disposait avec chauffeur et quatre gardes du corps ; il faut dire qu’elle bénéficiait d’un régime de faveur, ces avantages sont accordés pendant 6 mois aux ministres déchus et 6 mois ça fait fin décembre 2009 ; la pauvre elle va devoir se contenter de la Laguna que mettra à sa disposition la mairie du VII°. (Sources : Le Canard, Libé, Europe 1)
Car dans le geste souverain, le moteur premier est le caprice ; le plus souvent il se fait retoquer, par le Conseil constitutionnel, le Conseil d’Etat, ou même par les siens ; comme pour la taxe carbone, la burqa, les heures sup, le bouclier fiscal, ou même semble-t-il la suppression du juge d’instruction…
Peu importe, seul compte l’avenir, car c’est là que réside le destin de la France ; je vous le promets et je m’y engage, l’avenir est devant nous. Mais, en politique, les promesses, on le sait, n’engagent que ceux qui les gobent.
Rachida, ai-je dit ? Mais oui, il vient de la punir ; elle aurait tenu des propos déplaisants au premier soir des régionales ; alors au premier tour de manivelle la machine à rancœur a démarré : on lui a aussitôt supprimé la 607 de fonction dont elle disposait avec chauffeur et quatre gardes du corps ; il faut dire qu’elle bénéficiait d’un régime de faveur, ces avantages sont accordés pendant 6 mois aux ministres déchus et 6 mois ça fait fin décembre 2009 ; la pauvre elle va devoir se contenter de la Laguna que mettra à sa disposition la mairie du VII°. (Sources : Le Canard, Libé, Europe 1)
Car dans le geste souverain, le moteur premier est le caprice ; le plus souvent il se fait retoquer, par le Conseil constitutionnel, le Conseil d’Etat, ou même par les siens ; comme pour la taxe carbone, la burqa, les heures sup, le bouclier fiscal, ou même semble-t-il la suppression du juge d’instruction…
Peu importe, seul compte l’avenir, car c’est là que réside le destin de la France ; je vous le promets et je m’y engage, l’avenir est devant nous. Mais, en politique, les promesses, on le sait, n’engagent que ceux qui les gobent.
mardi 30 mars 2010
Au jour le jour/ Mardi 30 mars / Une épine sur la chaise
Mardi 30 mars : en politique les amis d’hier (y compris ceux de trente ans) peuvent aujourd’hui devenir vos ennemis ; lorsque c’est le cas, il vaut mieux se souvenir de cet axiome de Machiavel : « Si tu as un ennemi, tu peux lui couper la tête, ne mets surtout pas une épine sur sa chaise » ; le principe des chaises musicales en est une application ; le souverain semblait l’avoir bien compris en offrant à XD, ancien premier-ministrable, limogé sans égards et mis au chômage, des postes de prestige.
Mais il n’a pas été assez vigilant, et le stylet est venu armer une autre main, celle d’un autre Xavier, XB, humilié après la défaite. Anodinement il a craché son venin devant les députés UMP : le candidat pour 2012 devra être désigné par les militants ; des primaires à droite, pas de « candidat naturel » donc. (Source : Europe 1) Surtout lorsque celui qui y pense est si bas dans les sondages.
Alors, on a vu ceux qui veulent apparaître comme les fidèles des fidèles (on ne sait jamais si le souverain abdiquait …), c’est Copé qui aussitôt crie « Absurde » ; il y a ceux qui revendiquent la paternité de cette bonne idée, c’est Juppé : « Je suis très heureux que Copé ait repris mon idée » (Source : France info) ; il y a ceux qui font comme l’anguille sous roche, et Fillon le premier.
Dès lors tout change ; s’il n’y a plus de candidat naturel, on peut improviser et jeter aux orties les dogmes qui ont précipité la majorité dans les abîmes du désespoir : la fiscalité inégalitaire, le goût ostentatoire du bling-bling. Déjà des voix s’élèvent pour critiquer le bouclier fiscal (« Il n’est pas normal qu’en période difficile, les riches soient exemptés de l’effort solidaire. » ; et on vient de voir Joyandet qui s’était offert le luxe d’un jet privé à plus de 116.000 € pour aller en Haïti, faire amende honorable et dire qu’il ne recommencerait plus
Dès lors, que restera-t-il du sarkosysme, si on découvre les vertus de l’égalité, de la solidarité et celles de la modestie ? Si, la gesticulation ; mais la chanson de geste pourrait bien se terminer à Roncevaux.
Mais il n’a pas été assez vigilant, et le stylet est venu armer une autre main, celle d’un autre Xavier, XB, humilié après la défaite. Anodinement il a craché son venin devant les députés UMP : le candidat pour 2012 devra être désigné par les militants ; des primaires à droite, pas de « candidat naturel » donc. (Source : Europe 1) Surtout lorsque celui qui y pense est si bas dans les sondages.
Alors, on a vu ceux qui veulent apparaître comme les fidèles des fidèles (on ne sait jamais si le souverain abdiquait …), c’est Copé qui aussitôt crie « Absurde » ; il y a ceux qui revendiquent la paternité de cette bonne idée, c’est Juppé : « Je suis très heureux que Copé ait repris mon idée » (Source : France info) ; il y a ceux qui font comme l’anguille sous roche, et Fillon le premier.
Dès lors tout change ; s’il n’y a plus de candidat naturel, on peut improviser et jeter aux orties les dogmes qui ont précipité la majorité dans les abîmes du désespoir : la fiscalité inégalitaire, le goût ostentatoire du bling-bling. Déjà des voix s’élèvent pour critiquer le bouclier fiscal (« Il n’est pas normal qu’en période difficile, les riches soient exemptés de l’effort solidaire. » ; et on vient de voir Joyandet qui s’était offert le luxe d’un jet privé à plus de 116.000 € pour aller en Haïti, faire amende honorable et dire qu’il ne recommencerait plus
Dès lors, que restera-t-il du sarkosysme, si on découvre les vertus de l’égalité, de la solidarité et celles de la modestie ? Si, la gesticulation ; mais la chanson de geste pourrait bien se terminer à Roncevaux.
lundi 29 mars 2010
Au jour le jour/ Lundi 29 mars / De la décadence à la déchéance
Lundi 29 mars : c’est la dégringolade, le souverain a atteint, selon un sondage paru aujourd’hui (Source : Le Point.fr) son taux le plus bas d’opinions favorables : 32 % soutiennent la conduite politique du Chef de l’Etat (7 points de moins qu’en février), 65 % émettent un avis négatif. Aussi bien certains estiment qu’une dissolution de l’Assemblée nationale s’impose ; si, en effet, les régionales ont une portée nationale, alors autant le confirmer (ou l’infirmer) par des législatives.
On a pu croire un moment que la majorité elle-même pouvait aller dans ce sens ; et c’est Copé qui en donna le signal avec son idée d’un « nouveau pacte majoritaire ». Raffarin embraya en réclamant un « débat de confiance ». On sait que cela déplut fortement et XB, qui avait vu sa gloire bien ternie, en profita pour jouer le bon élève et dégaina le premier : « Je ne sais pas ce que ça veut dire » ; Boutefeux, le fidèle, rappela que le véritable pacte est celui de 2007 ; et Besson, l’infidèle, tint le même discours. Alors Copé avala son chapeau et sortit la phrase d’apaisement : « Tous ensemble derrière Sarkosy ! »
Le Premier ministre quant à lui réunissait aujourd’hui les parlementaires à la Maison de la chimie pour haranguer les troupes, lesquelles vont être (re)prises en main mercredi par le souverain à son retour des States.
C’est qu’ils ont tous peur ; ils ont peur depuis ce lundi de mars où ils se sont réveillés hébétés par la défaite, attendue certes, mais maintenant réelle, ils ont peur de perdre. Tous ? Non ; certains, les Juppé, les Villepin, s’en frottent sournoisement les mains ; et on ne serait pas étonné que Copé lui-même … Car de la décadence à la déchéance, il n’y a pas, au milieu, la mer.
On a pu croire un moment que la majorité elle-même pouvait aller dans ce sens ; et c’est Copé qui en donna le signal avec son idée d’un « nouveau pacte majoritaire ». Raffarin embraya en réclamant un « débat de confiance ». On sait que cela déplut fortement et XB, qui avait vu sa gloire bien ternie, en profita pour jouer le bon élève et dégaina le premier : « Je ne sais pas ce que ça veut dire » ; Boutefeux, le fidèle, rappela que le véritable pacte est celui de 2007 ; et Besson, l’infidèle, tint le même discours. Alors Copé avala son chapeau et sortit la phrase d’apaisement : « Tous ensemble derrière Sarkosy ! »
Le Premier ministre quant à lui réunissait aujourd’hui les parlementaires à la Maison de la chimie pour haranguer les troupes, lesquelles vont être (re)prises en main mercredi par le souverain à son retour des States.
C’est qu’ils ont tous peur ; ils ont peur depuis ce lundi de mars où ils se sont réveillés hébétés par la défaite, attendue certes, mais maintenant réelle, ils ont peur de perdre. Tous ? Non ; certains, les Juppé, les Villepin, s’en frottent sournoisement les mains ; et on ne serait pas étonné que Copé lui-même … Car de la décadence à la déchéance, il n’y a pas, au milieu, la mer.
dimanche 28 mars 2010
Au jour le jour/ Dimanche 28 mars / "Faut que ce soit bandant"
Dimanche 28 mars : les régionales n’en finissent pas de faire des victimes collatérales ; certes le souverain a soufflé dans les bronches de ses troupiers et le fringant Copé, qui naguère ne dissimulait pas ses critiques, vient de déclarer sur Europe 1 : « Je suis à fond aux côtés de Nicolas Sarkosy pour sa réélection en 2012 », mais ça se fendille ailleurs ; et il n’y a pas que Villepin, un autre ex premier ministre, le maire de Bordeaux, vient de se positionner lui aussi pour 2012 : « Je n’exclus pas de me présenter à des primaires en vue des élections de 2012 » (Source BFMTV) . Mais enfin, là, tout ça était prévisible.
Prévisible aussi l’agonie du MODEM : défections, Bayrou contesté de l’intérieur, une tentative de raccommodage à huis clos qui ne réunit dans une annexe de l’Assemblée nationale, que la moitié des conseillers convoqués, leader devenu inaudible comme s’il se contentait de murmurer à l’oreille de ses chevaux ; bref, comme disait Raffarin, le pente est raide, sauf que là, elle ne monte pas, elle descend.
Mais là où on s’y attendait le moins, c’est chez les écolos. Une fois encore c’est Dany le rouge qui a mis le feu aux poudres ; il s’y entend en révolution ; et voici qu’il lance, après celui de 68, un nouvel appel du 22 mars, pour un mouvement de « coopération politique ». Les caciques y ont vu rouge, et Noël Mamère affirme aussitôt que « les verts ne sont pas biodégradables » ; Cécile, la nouvelle Jeanne d’Arc, qui se voyait déjà chasser Sarkosy de son trône, n’est pas du tout d’accord ; elle qui avait affirmé dans son vert langage, que « puisque nous sommes des féministes, faut que ce soit bandant », considère, sur I-Télé, que ce projet coopératif est plutôt mou et décadent.
Il faut dire que les verts restent les meilleurs spécialistes de la dissonance, ce qu’avait pressenti notre héraut franco-allemand de mai 68 ; on prétend d’ailleurs que, en a parte, reprenant son accent teuton, il aurait marmonné : « Ceux-là, ça commence à bien vaire… ».
Prévisible aussi l’agonie du MODEM : défections, Bayrou contesté de l’intérieur, une tentative de raccommodage à huis clos qui ne réunit dans une annexe de l’Assemblée nationale, que la moitié des conseillers convoqués, leader devenu inaudible comme s’il se contentait de murmurer à l’oreille de ses chevaux ; bref, comme disait Raffarin, le pente est raide, sauf que là, elle ne monte pas, elle descend.
Mais là où on s’y attendait le moins, c’est chez les écolos. Une fois encore c’est Dany le rouge qui a mis le feu aux poudres ; il s’y entend en révolution ; et voici qu’il lance, après celui de 68, un nouvel appel du 22 mars, pour un mouvement de « coopération politique ». Les caciques y ont vu rouge, et Noël Mamère affirme aussitôt que « les verts ne sont pas biodégradables » ; Cécile, la nouvelle Jeanne d’Arc, qui se voyait déjà chasser Sarkosy de son trône, n’est pas du tout d’accord ; elle qui avait affirmé dans son vert langage, que « puisque nous sommes des féministes, faut que ce soit bandant », considère, sur I-Télé, que ce projet coopératif est plutôt mou et décadent.
Il faut dire que les verts restent les meilleurs spécialistes de la dissonance, ce qu’avait pressenti notre héraut franco-allemand de mai 68 ; on prétend d’ailleurs que, en a parte, reprenant son accent teuton, il aurait marmonné : « Ceux-là, ça commence à bien vaire… ».
samedi 27 mars 2010
Au jour le jour / Samedi 27 mars / Tolérance Zéro
Samedi 27 mars : janvier 1991, en pleine guerre du Golfe, Jean-Pierre Chevènement : « Un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne » ; il ne l’a pas fermée, il a démissionné. Avril 2009, Nadine Morano la vertueuse à Rama Yade l’effrontée : « Quand on est ministre on se tait ou on s’en va . » ; elle s’est tue et elle est restée. Mars 2010, Chantal Jouanno est « désespérée » et le clame, à la suite de l’abandon de la taxe carbone ; elle reste avec son désespoir et met un mouchoir par dessus ; le souverain lui fait remarquer publiquement qu’une ministre n’a pas à être désespérée mais à faire son boulot, elle le fera. Jean-Louis Borloo, lui, ne dit rien, il est fidèle à son poste de deuxième du gouvernement. Rocard et Juppé s’indignent, mais eux on s’en fout ; on les avait convoqués pour amuser la galerie ; alors …
Jean-Jacques Matelly, chef d’escadron de gendarmerie et chercheur associé au CNRS, dans une interview à MétroFrance dit son désaccord au sujet du rapprochement Police (dépendant du ministère de l’intérieur) et Gendarmerie (dépendant des armées) ; il fait l’objet, par décret du Président de la République, d’une mesure de suspension, pour « manquement au devoir de réserve » ; il se retrouve donc subitement sans emploi ni salaire. (Source : Le Post)
Les états d’âme, les opinions personnelles, ça commence à bien faire ; qu’une ministre dise son désaccord avec le souverain, passe encore ; mais un chef d’escadron, en désaccord avec Boutefeux, alors là, « Tolérance Zéro ! » ; le souverain vient d’ailleurs opportunément de le rappeler.
Jean-Jacques Matelly, chef d’escadron de gendarmerie et chercheur associé au CNRS, dans une interview à MétroFrance dit son désaccord au sujet du rapprochement Police (dépendant du ministère de l’intérieur) et Gendarmerie (dépendant des armées) ; il fait l’objet, par décret du Président de la République, d’une mesure de suspension, pour « manquement au devoir de réserve » ; il se retrouve donc subitement sans emploi ni salaire. (Source : Le Post)
Les états d’âme, les opinions personnelles, ça commence à bien faire ; qu’une ministre dise son désaccord avec le souverain, passe encore ; mais un chef d’escadron, en désaccord avec Boutefeux, alors là, « Tolérance Zéro ! » ; le souverain vient d’ailleurs opportunément de le rappeler.
vendredi 26 mars 2010
Au jour le jour/Vendredi 26 mars / Retraite des riches ; retraites des pauvres
Vendredi 26 mars : c’est promis, un texte sur les retraites sera adopté avant six mois ; godillots, garde à vous, vous voterez ! Espérons que ce ne sera pas comme la taxe carbone pour laquelle on avait remué ciel et terre et qui avait été présentée comme une réforme aussi importante que l’abolition de la peine de mort.
Surtout que déjà François Chérèque rue dans les brancards ; il ne signerait pas le rapport du Conseil d’orientation des retraites sous la raison que l’un des scénarios proposés se fonde sur la retraite à 70 ans, quel que soit le nombre d’annuités de cotisation. Ce n’est qu’un cas de figure théorique lui répond-on ; et lui, il rétorque que ce scénario aurait été « suggéré » par l’Elysée pour faire peur et faire passer le scénario à 65 ans. Donc ça commence mal.
Tout cependant ne va pas mal pour tout le monde et il y en a qui n’ont pas à se faire de soucis. Tenez, Antoine Zaccharias, ex PDG de Vinci, il s’est débrouillé pour toucher plusieurs dizaines de millions d’€ avant son départ en 2006. D’accord, on l’a soupçonné et accusé d’abus de biens sociaux ; à ce titre il risquait une amende de 375.000 € ; ah, non ! Pas question ! Vous vous rendez compte, la somme que c’est ! Si bien que le tribunal correctionnel de Nanterre vient de le relaxer ; ouf ! Il a eu chaud. (Source Le Monde.fr)
Moi ça me donne une idée pour les retraites ; avec toutes ces dizaines de millions dont on voit qu’ici et là ils sont généreusement distribués (et il ne faut que 100 personnes à 10 millions pour faire un milliard) il y a de quoi largement renflouer les caisses de retraites. Comme ça les riches paieraient les retraites des pauvres, sans pour autant devenir pauvres, et tout le monde y gagnerait, les uns le paradis sur terre et les autres au ciel. Pourquoi diable le souverain n’y a-t-il pas pensé ?
Surtout que déjà François Chérèque rue dans les brancards ; il ne signerait pas le rapport du Conseil d’orientation des retraites sous la raison que l’un des scénarios proposés se fonde sur la retraite à 70 ans, quel que soit le nombre d’annuités de cotisation. Ce n’est qu’un cas de figure théorique lui répond-on ; et lui, il rétorque que ce scénario aurait été « suggéré » par l’Elysée pour faire peur et faire passer le scénario à 65 ans. Donc ça commence mal.
Tout cependant ne va pas mal pour tout le monde et il y en a qui n’ont pas à se faire de soucis. Tenez, Antoine Zaccharias, ex PDG de Vinci, il s’est débrouillé pour toucher plusieurs dizaines de millions d’€ avant son départ en 2006. D’accord, on l’a soupçonné et accusé d’abus de biens sociaux ; à ce titre il risquait une amende de 375.000 € ; ah, non ! Pas question ! Vous vous rendez compte, la somme que c’est ! Si bien que le tribunal correctionnel de Nanterre vient de le relaxer ; ouf ! Il a eu chaud. (Source Le Monde.fr)
Moi ça me donne une idée pour les retraites ; avec toutes ces dizaines de millions dont on voit qu’ici et là ils sont généreusement distribués (et il ne faut que 100 personnes à 10 millions pour faire un milliard) il y a de quoi largement renflouer les caisses de retraites. Comme ça les riches paieraient les retraites des pauvres, sans pour autant devenir pauvres, et tout le monde y gagnerait, les uns le paradis sur terre et les autres au ciel. Pourquoi diable le souverain n’y a-t-il pas pensé ?
jeudi 25 mars 2010
Au jour le jour/ Jeudi 25 mars / Les chants désespérés ...
Jeudi 25 mars : XD, le pauvre, condamné à prendre sa retraite, alors qu’il n’a que 63 ans ; ses retraites faudrait-il dire : retraite d’inspecteur général de l’éducation nationale, retraite d’élu local, retraite de député, retraite de ministre ; ça fait combien tout ça ? ¨Pas assez dit l’ex" ; et puis, mes secrétaires, mes voitures de fonction, la considération qu’on me porte, les invitations et les cadeaux, et tout le toutim, comment m’en passer ?
Alors la plainte d’XD est montée jusqu’au souverain ; preuve que Carla parle encore à son oreille ; on lui a proposé le poste d’ambassadeur à Rome. Ambassadeur ? On pense à cette réplique de Figaro dans Le mariage : « Il fallait un calculateur, ce fut un danseur qui l’obtint ». Et bien non, notre périgourdin fait la fine bouche ; après la rue de Grenelle, c’est Versailles qu’il lui faut ; et le plus époustouflant c’est qu’on la lui donne, cette prestigieuse et glorieuse présidence du Château de Versailles, où il pourra, somptueusement logé, recevoir les grands de ce monde, comme Kadhafi par exemple.
C’est que quand la soupe est bonne on a envie de s’en resservir ; tenez par exemple, Chantal la championne, hier elle se disait désespérée à cause du virage en épingle à cheveu sur la taxe carbone, et bien aujourd’hui, bouche cousue, elle ne s’en va plus, elle reste ; le souverain a dû lui redonner l’espérance ; quant à Borloo, lui, motus, il ne pipe pas mot ; le meilleur c’est Fillon, il avale toutes les couleuvres et affirme souverainement devant le Sénat que c’est très bon.
Ah, qu’il est bon le désespoir, celui que l’on chante dans les ministères ; ce désespoir qui inspira à Musset ces vers immortels : « Les chants désespérés sont les chants les plus beaux, j’en connais d’immortels qui sont de purs sanglots » ; et cependant qu’en haut on se console, le désespoir, le vrai, s’installe dans les chaumières.
Alors la plainte d’XD est montée jusqu’au souverain ; preuve que Carla parle encore à son oreille ; on lui a proposé le poste d’ambassadeur à Rome. Ambassadeur ? On pense à cette réplique de Figaro dans Le mariage : « Il fallait un calculateur, ce fut un danseur qui l’obtint ». Et bien non, notre périgourdin fait la fine bouche ; après la rue de Grenelle, c’est Versailles qu’il lui faut ; et le plus époustouflant c’est qu’on la lui donne, cette prestigieuse et glorieuse présidence du Château de Versailles, où il pourra, somptueusement logé, recevoir les grands de ce monde, comme Kadhafi par exemple.
C’est que quand la soupe est bonne on a envie de s’en resservir ; tenez par exemple, Chantal la championne, hier elle se disait désespérée à cause du virage en épingle à cheveu sur la taxe carbone, et bien aujourd’hui, bouche cousue, elle ne s’en va plus, elle reste ; le souverain a dû lui redonner l’espérance ; quant à Borloo, lui, motus, il ne pipe pas mot ; le meilleur c’est Fillon, il avale toutes les couleuvres et affirme souverainement devant le Sénat que c’est très bon.
Ah, qu’il est bon le désespoir, celui que l’on chante dans les ministères ; ce désespoir qui inspira à Musset ces vers immortels : « Les chants désespérés sont les chants les plus beaux, j’en connais d’immortels qui sont de purs sanglots » ; et cependant qu’en haut on se console, le désespoir, le vrai, s’installe dans les chaumières.
mercredi 24 mars 2010
Au jour le jour/ Mercredi 24 mars / "Je vous ai compris"
Mercredi 24 mars : vous avez voté à gauche, vous avez fait le pari écolo, vous avez entendu des voix dans la « majorité » dénoncer le pouvoir absolu, l’injustice fiscale, le déni de partage des pouvoirs ; vous avez gagné les élections très largement ; les Fillon, Copé et Bertrand ont reconnu votre victoire, le souverain aussi ; vous avez donc cru que l’Elysée vous aurait écoutés ; vous aviez raison : le souverain vient de faire une déclaration solennelle, à l’issue du Conseil des ministres, il tire la leçon de ces élections, locales, certes, mais dit-il, significatives au plan national.
D’accord, il n’a pas fait la même lecture que vous et moi, de ce scrutin ; et son analyse n’est pas fausse, loin de là, à première vue du moins : s’il a perdu les élections, c’est que les électeurs de droite l’ont boudé parce qu’il avait viré à gauche : ouverture, RSA, environnement, Europe … Alors, retour aux fondamentaux : Europe, oui mais d’abord la nation ; environnement, oui mais pas avant les autres ; RSA, ça suffit, exeat Martin ; ouverture, toujours, mais vers la droite.
Le plus fort c’est que les godillots se mettent aussitôt au garde à vous, après avoir fait mine d’une salutaire bronca ; et Fillon, qui avait reçu de vifs applaudissements, et dont la côte éclipse celle de son maître, est prié de ne pas faire entendre sa voix, « Il n’y a que moi qui parle ! » ; selon LeFigaro.fr, il aurait été interdit de se rendre au RV pris ce soir à TF1 ; après tout Peillon avait déjà fait le coup à Arlette, il y a donc un précédent et la gauche n’aura rien à redire.
Mauvaise humeur donc ; levé du mauvais pied ; mais la colère est mauvaise conseillère. Les abstentionnistes n’ont voté ni droite ni gauche et à trop mépriser ceux qui ont exprimé leurs suffrages, il fait en réalité le jeu de ses adversaires. La gauche disait-il avait besoin d’un DRH (lui) ; la droite aujourd’hui a besoin d’un vrai pilote : pastor et nauta disaient les latins.
D’accord, il n’a pas fait la même lecture que vous et moi, de ce scrutin ; et son analyse n’est pas fausse, loin de là, à première vue du moins : s’il a perdu les élections, c’est que les électeurs de droite l’ont boudé parce qu’il avait viré à gauche : ouverture, RSA, environnement, Europe … Alors, retour aux fondamentaux : Europe, oui mais d’abord la nation ; environnement, oui mais pas avant les autres ; RSA, ça suffit, exeat Martin ; ouverture, toujours, mais vers la droite.
Le plus fort c’est que les godillots se mettent aussitôt au garde à vous, après avoir fait mine d’une salutaire bronca ; et Fillon, qui avait reçu de vifs applaudissements, et dont la côte éclipse celle de son maître, est prié de ne pas faire entendre sa voix, « Il n’y a que moi qui parle ! » ; selon LeFigaro.fr, il aurait été interdit de se rendre au RV pris ce soir à TF1 ; après tout Peillon avait déjà fait le coup à Arlette, il y a donc un précédent et la gauche n’aura rien à redire.
Mauvaise humeur donc ; levé du mauvais pied ; mais la colère est mauvaise conseillère. Les abstentionnistes n’ont voté ni droite ni gauche et à trop mépriser ceux qui ont exprimé leurs suffrages, il fait en réalité le jeu de ses adversaires. La gauche disait-il avait besoin d’un DRH (lui) ; la droite aujourd’hui a besoin d’un vrai pilote : pastor et nauta disaient les latins.
mardi 23 mars 2010
Au jour le jour/ Mardi 24 mars / Fragments d'un discours amoureux (Roland Barthes)
Mardi 23 mars : silence ! On détricote ; et croyez-moi, ça tourne. Les cendres de l’ancien credo encore chaudes, on déconstruit sans plus attendre ; exit la taxe carbone et la réforme de feu XD sur l’organisation de la semaine à l’école primaire, retoquée par Luc de l’Oréal. On attend la suite.
Pour l’école, l’ancien champion n’est plus au gouvernement, donc, comme les absents ont toujours tort, aucune voix n’exprimera la discorde : ce n’est pas toutefois le même scénario pour la taxe carbone, qui avait, à son de trompe, mobilisé deux anciens premiers ministres. D’abord la championne de karaté, pour l’instant reste auprès du souverain ; elle a cependant dit son dépit, et que de cette décision elle n’était pas solidaire (Tiens, tiens, Carla aurait-elle repris le dessus ? Ou bien : « Tu vires Darcos ? OK ! Mais alors, Chantal, fuori dei piedi ! Dehors !)
Car on ne va pas nous faire accroire tous les arguments mis en avant : qu’il faut, après la victoire de la gauche, donner des gages à la droite ; qu’il faut attendre une harmonisation européenne ; qu’il faut écouter le peuple. Après s’être préoccupé de tout cela comme d’une guigne, comment penser que ce sont là les motivations du souverain ?
Sur la taxe carbone, il faut cependant reconnaître qu’il nous y avait déjà préparés ; « ça commence à bien faire ! » avait-il dit au sujet de l’environnement, lors de sa visite au salon de l’agriculture. Le désamour d’avec le développement durable avait donc dès alors instillé son venin.
En réalité la politique qu’il conduit, c’est au saut du lit qu’elle se définit ; chaque matin il a une idée ; car la nuit, et l’oreiller, toujours portent conseil ; et la politique n’est qu’un « fragment d’un discours amoureux ». De l’amour du peuple, of course.
Pour l’école, l’ancien champion n’est plus au gouvernement, donc, comme les absents ont toujours tort, aucune voix n’exprimera la discorde : ce n’est pas toutefois le même scénario pour la taxe carbone, qui avait, à son de trompe, mobilisé deux anciens premiers ministres. D’abord la championne de karaté, pour l’instant reste auprès du souverain ; elle a cependant dit son dépit, et que de cette décision elle n’était pas solidaire (Tiens, tiens, Carla aurait-elle repris le dessus ? Ou bien : « Tu vires Darcos ? OK ! Mais alors, Chantal, fuori dei piedi ! Dehors !)
Car on ne va pas nous faire accroire tous les arguments mis en avant : qu’il faut, après la victoire de la gauche, donner des gages à la droite ; qu’il faut attendre une harmonisation européenne ; qu’il faut écouter le peuple. Après s’être préoccupé de tout cela comme d’une guigne, comment penser que ce sont là les motivations du souverain ?
Sur la taxe carbone, il faut cependant reconnaître qu’il nous y avait déjà préparés ; « ça commence à bien faire ! » avait-il dit au sujet de l’environnement, lors de sa visite au salon de l’agriculture. Le désamour d’avec le développement durable avait donc dès alors instillé son venin.
En réalité la politique qu’il conduit, c’est au saut du lit qu’elle se définit ; chaque matin il a une idée ; car la nuit, et l’oreiller, toujours portent conseil ; et la politique n’est qu’un « fragment d’un discours amoureux ». De l’amour du peuple, of course.
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